Data centers et IA : après les midterms, les géants de la tech dans le viseur du Congrès

US Midterms: Tech Giants Face Data Center Probes

La victoire des démocrates aux élections de mi-mandat aux États-Unis pourrait bien faire frissonner les géants de la tech. « Préparez vos avocats », a lancé le député démocrate Robert Garcia, quelques minutes après que les républicains ont perdu le contrôle du Congrès. Un avertissement à prendre au sérieux, car l’élu s’apprête à prendre la tête du puissant comité de surveillance de la Chambre des représentants, une instance dotée de larges pouvoirs d’enquête.

Un comité aux pouvoirs étendus

Ce comité peut notamment convoquer des témoins, réclamer des documents gouvernementaux et émettre des assignations à comparaître. Et les démocrates ont déjà une longue liste de sujets en tête : les soupçons de corruption au sein de l’administration Trump, les pratiques de l’ICE, la police de l’immigration, l’affaire Epstein… Mais un autre dossier devrait occuper une place de choix dans leurs investigations : l’essor des data centers et de l’intelligence artificielle.

Chaque géant américain de l’IA risque désormais d’être convoqué par ce comité, ou par une commission parlementaire : OpenAI, Meta, Google, Nvidia, Anthropic, Amazon… « Le préjudice réputationnel peut être important », souligne l’avocat Michael Bopp, qui a préparé plusieurs patrons à ce type d’auditions. Les conséquences pourraient dépasser le simple embarras médiatique : certains projets de centres de données pourraient tout bonnement être suspendus.

Dans les urnes, la victoire des opposants aux data centers

Plusieurs candidats démocrates ayant placé la thématique des data centers et de l’IA au cœur de leur campagne sont sortis victorieux. L’exemple le plus marquant est sans doute celui du Texas, où le candidat au Sénat James Talarico s’est imposé après avoir promis de mieux réglementer le développement des data centers. Cet État traditionnellement républicain a aussi basculé en élisant une gouverneure démocrate, Gina Hinojosa, qui milite ni plus ni moins pour « un moratoire immédiat sur les centres de données ».

D’autres candidats opposés aux centres de données ont remporté des victoires en Ohio, en Caroline du Sud ou en Géorgie. Leur objectif commun : freiner la construction de ces infrastructures pour mieux en mesurer les conséquences sur les ressources en eau et sur le réseau électrique.

Une réalité très concrète pour les populations locales

Car derrière la course à l’intelligence artificielle se cache une réalité très concrète pour les populations locales. Les data centers sont particulièrement gourmands en électricité et peuvent nécessiter d’importantes quantités d’eau pour refroidir leurs équipements. Leur implantation suscite donc de plus en plus de tensions avec les habitants, qui redoutent une hausse des coûts et une pression supplémentaire sur les ressources.

Dans l’Ohio, le Maine ou encore le Kansas, plusieurs villes ont profité des midterms pour organiser des référendums visant à interdire la construction des data centers. Selon le Washington Post, elles ont rencontré un succès dans au moins 29 juridictions à travers le pays.

Un blocage qui menace les projets des géants de la tech

Or sans développement des data centers, les géants de la tech se retrouvent bloqués dans leurs projets. Impossible en effet d’élaborer un outil d’IA et encore moins de le mettre sur le marché sans construire ces gigantesques centres de calcul. « Les centres de données dans l’espace semblent désormais particulièrement attrayants », a conclu Elon Musk en découvrant les résultats des midterms.

Une déclaration qui prête à sourire, mais que le patron de SpaceX semble prendre très au sérieux. Avec son projet « Starmind », dont il parle déjà depuis des mois, Elon Musk compte envoyer dans l’espace une galaxie de petits satellites dédiés à l’IA. Un projet encore largement expérimental, dont la faisabilité technique et économique reste à démontrer. Mais qui illustre déjà jusqu’où les géants de la tech seraient prêts à aller pour ne pas freiner leur course à l’intelligence artificielle.

Ce qu’il faut retenir

La victoire démocrate aux midterms rebat les cartes pour les géants de la tech. Entre les enquêtes annoncées par le comité de surveillance de la Chambre des représentants et les référendums locaux qui freinent la construction de data centers, l’industrie de l’IA se retrouve sous pression comme jamais. Une chose est sûre : la course à l’intelligence artificielle devra désormais composer avec une nouvelle donne politique et citoyenne.

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