Un train TER reliant Caen à Rouen a déraillé vendredi 11 septembre en soirée, près de la commune de Cléon en Seine-Maritime, faisant 44 blessés dont une jeune femme de 18 ans évacuée en urgence absolue. Au lendemain du drame, les 186 passagers qui se trouvaient à bord livrent des témoignages poignants dans les médias régionaux et nationaux, décrivant des scènes de panique et de chaos.
Un vacarme assourdissant, puis la terreur
Il était environ 19h45 lorsque le drame s’est produit. Les témoins interrogés ce samedi matin décrivent tous un scénario similaire : un bruit assourdissant, suivi de tremblements violents et de vitres qui explosent.
« On a entendu un énorme bruit, suivi de tremblements, puis nous avons vu la première voiture du train décoller et les vitres se briser », raconte Luis Branco à TF1. Ce jeune homme, qui se trouvait dans la deuxième rame, a été blessé au visage. « Ça n’a duré que quelques secondes, la première voiture s’est renversée et je n’avais plus de train devant moi », poursuit-il, décrivant s’être « retrouvé face aux rails et rien pour [l’en] protéger ».
Des passagers confient au Journal d’Elbeuf que « du verre » et « des cailloux » ont été projetés « partout à l’intérieur du train », touchant plusieurs personnes. « Ça a volé dans tous les sens », témoigne un homme auprès du média local. « Sur le coup, on voyait bien que personne ne comprenait ce qu’il s’était passé. »
« Je me suis dit : aujourd’hui, je vais mourir »
Ce n’est qu’en sortant du train que certains passagers ont pris la pleine mesure de l’accident. Baptiste, interrogé par ICI Normandie, décrit une scène apocalyptique : « On a vu des essieux directement posés sur les voies, tous les grillages étaient défoncés sur 200 à 300 mètres après le passage à niveau. »
« Au fur et à mesure, on a compris que c’était le wagon de tête qui avait pivoté au moment de l’impact et qui avait emmené tout le reste du train », retrace-t-il, encore sous le choc.
La peur et la panique dominent les récits. Nils, interrogé par RTL, s’est retrouvé piégé dans le deuxième wagon après que celui-ci s’est couché sur les rails. « Je me suis dit : mais purée, ça m’arrive à moi aujourd’hui, je vais mourir », confie-t-il. « On allait plutôt vite, donc pendant le déraillement, on essaie de s’accrocher à ce qu’on peut. » Il ajoute avoir vu « un blessé qui saignait, le visage ensanglanté, même le bras. Ça fait très peur. »
Xavier, un autre passager dont le fils est venu le chercher, partage son émotion avec franceinfo : « Comme tout le monde, je pensais que j’allais mourir. On a parlé pas mal au téléphone, mais au début je n’arrivais pas à lui parler parce que je me mettais à pleurer tout le temps. »
Un dispositif de secours exceptionnel
Face à l’ampleur de l’accident, un dispositif de secours important a été déployé sur les lieux du drame : 130 pompiers, cinq équipes médicales et 80 véhicules ont été mobilisés pour venir en aide aux blessés, tandis que d’autres passagers étaient évacués en bus ou en ambulance.
Le bilan provisoire fait état de 44 blessés, dont une passagère de 18 ans « évacuée en urgence absolue » selon le procureur de Rouen. Les autorités n’ont pas communiqué sur l’état de santé actuel de la jeune femme.
L’hypothèse d’un acte malveillant privilégiée
Une enquête a été ouverte par le parquet de Rouen, ainsi que par la SNCF, pour déterminer les causes exactes de ce déraillement. Selon une source policière citée par plusieurs médias, la piste de l’acte malveillant est privilégiée par les enquêteurs.
Cette hypothèse, si elle se confirme, soulèverait de graves questions sur la sécurité du réseau ferroviaire français et la protection des infrastructures contre d’éventuelles actions intentionnelles. Les investigations devront établir avec précision les circonstances qui ont conduit au déraillement de la motrice et à l’enchaînement catastrophique qui a suivi.
Une nuit de cauchemar dont les passagers garderont les cicatrices
Au-delà des blessures physiques, le traumatisme psychologique est profond pour les survivants de ce voyage qui devait les mener de Caen à Rouen. Les récits recueillis témoignent d’une expérience d’une violence inouïe, où chacun a cru sa dernière heure arrivée.
Si l’enquête doit encore faire la lumière sur les causes exactes de l’accident, une certitude demeure : pour les 186 passagers de ce TER, la soirée du 11 septembre restera à jamais gravée comme celle où ils ont frôlé la mort. Les autorités sont désormais attendues sur les conclusions de l’enquête, alors que la question de la sécurité des usagers du rail se pose avec une acuité renouvelée.


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