Carcassonne : un policier filmé jetant violemment un SDF au sol, l’IGPN saisie pour violences volontaires

Carcassonne: Officer Investigated for Throwing Homeless Man

L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie d’une enquête judiciaire pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » après la diffusion d’une vidéo montrant un policier jetant violemment au sol un homme sans domicile fixe, le 21 juin dernier à Carcassonne (Aude). Les faits, révélés par une vidéo publiée sur le réseau social X ce samedi par le député La France insoumise de Seine-Saint-Denis Thomas Portes, ont été confirmés par le parquet de Carcassonne dans un communiqué de presse.

Une interpellation qui dérape en marge de la Fête de la musique

Selon les informations de BFMTV, corroborées par le parquet, la scène s’est déroulée en marge de la Fête de la musique, le 21 juin 2026. Les policiers intervenaient alors pour interpeller « un tiers pour nuisances sonores réitérées ». Mais l’homme projeté au sol, un sans-domicile fixe âgé de 29 ans, « ne faisait pour sa part l’objet d’aucune interpellation », précise le parquet. Ce dernier indique également que l’intéressé n’a pas déposé plainte « suite aux faits ».

Sur les images diffusées, l’homme apparaît entouré de plusieurs fonctionnaires de police. L’un d’eux le saisit par les épaules avant de le projeter brutalement au sol. « Il lui éclate la gueule par terre, ça ne se fait pas », lance la personne qui filme la scène, visiblement choquée par la violence du geste.

Le décès de l’homme sans lien avec les faits filmés

L’homme filmé est décédé le 3 juillet 2026 sur son campement, soit une douzaine de jours après les faits. Toutefois, les conclusions de l’autopsie, réalisée le 9 juillet, ont formellement écarté tout lien de causalité entre l’intervention policière et le décès. « Les conclusions médico-légales de l’autopsie réalisée le 9 juillet 2026 excluaient toute lésion traumatique suspecte en faveur de l’intervention d’un tiers et privilégient la cause toxique au regard de ses antécédents connus de polytoxicomanie », détaille le parquet. « Il n’existe donc aucun lien de causalité entre les faits filmés et le décès », conclut le ministère public.

Une enquête confiée à l’antenne marseillaise de l’IGPN

Le parquet de Carcassonne précise que le fonctionnaire mis en cause exerce au sein de la brigade de nuit du commissariat de police de la ville. « Par conséquent et dès qu’il a eu connaissance de cette vidéo, le parquet de Carcassonne a saisi le dimanche 13 septembre 2026 l’antenne de Marseille de l’IGPN d’une enquête judiciaire du chef de violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique », indique le communiqué.

Cette nouvelle affaire intervient moins d’une semaine après une autre polémique qui secoue déjà le commissariat et la municipalité de Carcassonne. Quatre policiers municipaux avaient été suspendus après la diffusion d’une vidéo les mettant en cause pour des propos racistes, sexistes et complotistes. Parmi eux figurait un membre du service d’ordre du Rassemblement national, parti qui l’a depuis exclu. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait ordonné, mercredi 9 septembre, un « contrôle de la police municipale de Carcassonne par l’inspection générale de l’administration ».

Un climat de défiance persistante autour des forces de l’ordre locales

La publication de cette vidéo par le député Thomas Portes s’inscrit dans un contexte de vives tensions autour des pratiques policières dans la préfecture audoise. Dans son message accompagnant la diffusion des images, l’élu insoumis n’a pas mâché ses mots : « Après les propos racistes, les violences policières. À Carcassonne la police est hors de contrôle ! »

Ces révélations successives, en l’espace de quelques jours seulement, alimentent une défiance croissante à l’égard des forces de l’ordre locales. Elles posent également la question du contrôle et de l’encadrement des interventions policières, en particulier à l’encontre de personnes en situation de grande précarité. Le parquet a tenu à rappeler que l’enquête confiée à l’IGPN devra établir les circonstances exactes de l’intervention et déterminer si le geste du fonctionnaire était proportionné à la situation.

Ce qu’il faut retenir

Une vidéo montrant un policier de la brigade de nuit de Carcassonne jetant violemment au sol un homme sans domicile fixe, le 21 juin 2026, a conduit le parquet à saisir l’IGPN pour violences volontaires. Si l’homme est décédé quelques jours plus tard, l’autopsie a formellement exclu tout lien entre l’intervention policière et le décès, attribué à une cause toxique. Cette affaire survient dans un contexte déjà tendu pour les forces de l’ordre locales, confrontées moins d’une semaine plus tôt à une polémique de propos racistes impliquant des policiers municipaux, dont l’un était lié au Rassemblement national.

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