Un train express régional (TER) reliant Rouen à Caen a déraillé vendredi 11 septembre 2026 en début de soirée, faisant 44 blessés dont une jeune femme de 18 ans en urgence absolue. Selon les premiers éléments de l’enquête, un acte malveillant serait à l’origine de l’accident : un morceau de rail aurait été volontairement déposé sur la voie.
Les faits : un déraillement à grande vitesse
Le déraillement s’est produit vers 19h45 entre les communes de Tourville et Elbeuf-Saint-Aubin, sur le territoire de Cléon, en Seine-Maritime. Selon une source policière citée par Le Parisien, le train circulait à environ 140 km/h lorsqu’il a percuté un objet métallique posé sur les rails. La préfecture a confirmé à BFMTV que deux rames du convoi avaient déraillé.
Les témoignages des passagers décrivent une scène de panique. « D’un seul coup sont venues quelques secousses, puis au bout de trois secondes, c’est devenu de plus en plus fort », a raconté Louis, 24 ans, à ICI Normandie. « Je ne tenais plus sur mon siège. Les vitres ont partiellement explosé, les cailloux de la voie sont rentrés dans le wagon. C’était vraiment choquant, j’en tremble encore. »
Un autre passager, Vincent, a confié à BFMTV : « On a tous été surpris, on ne s’attendait pas à ça, le train qui se met à trembler… Les valises qui se mettent à voler. »
Une enquête pour acte malveillant
Le parquet de Rouen a ouvert une enquête pour recherche des causes de blessures graves, confiée à la police judiciaire de Rouen. La piste de l’acte malveillant est privilégiée par les enquêteurs, qui s’appuient sur la découverte d’un fragment de rail sur la voie. La SNCF a également annoncé l’ouverture d’une enquête interne afin d’apporter « tout son concours en toute transparence ».
Les dépistages d’alcool et de stupéfiants réalisés sur le conducteur du train se sont tous révélés négatifs, a précisé le procureur de Rouen, Sébastien Gallois.
Un dispositif de secours important déployé
D’importants moyens ont été mobilisés sur les lieux de l’accident : 130 pompiers, cinq équipes médicales et 80 véhicules ont été dépêchés. Le préfet de Seine-Maritime, Jean-Benoît Albertini, a déclenché le plan Orsec nombreuses victimes (NOVI) et s’est rendu sur place.
Une passagère de 18 ans a été évacuée en urgence absolue par hélicoptère vers le CHU de Rouen. Quarante-trois autres personnes ont été prises en charge en urgence relative. Les passagers indemnes ont été conduits dans une salle mise à disposition par la mairie de Cléon.
Un photographe de l’AFP a rapporté avoir vu de nombreuses ambulances sur place, ainsi qu’un autocar escorté par la police quittant les lieux avec des passagers munis de couvertures de survie.
Un trafic ferroviaire fortement perturbé
L’accident a provoqué de « fortes perturbations » sur les lignes reliant Rouen à Caen et Caen au Havre, dans les deux sens. SNCF Voyageurs a annoncé la mise en place d’un service de bus de substitution et indiqué que ses agents étaient sur place pour déterminer les circonstances de l’incident.
En gare Saint-Lazare à Paris, quatre trains en provenance du Havre et de Rouen étaient annoncés avec des retards allant de 2h40 à 3 heures. La compagnie ferroviaire a exprimé « toute sa solidarité envers les voyageurs blessés et leurs proches, ainsi qu’envers l’ensemble du personnel SNCF mobilisé sur place ».
Ce qu’il faut retenir
Le déraillement d’un TER entre Rouen et Caen a fait 44 blessés, dont une jeune femme de 18 ans dans un état critique. Si l’enquête se poursuit, la piste d’un acte malveillant — un morceau de rail déposé sur la voie — est aujourd’hui privilégiée par les autorités. Le trafic reste fortement perturbé en Normandie, avec des retards importants à prévoir sur les lignes concernées.


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