Manifestation du 5 novembre : les syndicats dénoncent les restrictions de parcours à Paris

French Unions Clash With Paris Prefecture Over Protest Route

Le parcours de la manifestation parisienne du jeudi 5 novembre n’est toujours pas connu, et un nouveau bras de fer se dessine entre les organisations syndicales et la préfecture de police. Ce lundi matin sur France 2, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a révélé que les syndicats avaient demandé dès la semaine dernière à défiler entre Bastille et Concorde, un trajet qu’elle qualifie de « parcours simple ». « Nous attendons encore la réponse de la préfecture. On ne peut pas travailler comme ça », a-t-elle déploré.

La journée du 5 novembre s’annonce comme une mobilisation d’ampleur. Les principaux syndicats, à l’exception de la CFE-CGC, appellent les salariés du public et du privé à manifester pour les salaires, l’emploi et les services publics. Les syndicats de l’enseignement privé sous contrat ont également appelé à la grève, et lycéens comme Gilets jaunes sont attendus dans la rue.

Un bras de fer avec la préfecture de police

La responsable syndicale fait écho aux retours tardifs de l’autorité préfectorale lors des précédentes mobilisations, ainsi qu’aux atermoiements et refus concernant les trajets. La justice a même été saisie la semaine dernière, avec une décision rendue le matin même de la manifestation prévue le samedi précédent. « On a besoin d’avoir les parcours à l’avance pour pouvoir les sécuriser, notamment avec la mairie de Paris », a insisté Sophie Binet.

Dans Le Parisien, Patrice Faure, préfet de Paris, avait déclaré la semaine dernière que, « pour un temps », il s’opposerait aux trajets entre Bastille, Nation et République. Une position que la cheffe de la CGT conteste fermement : « C’est inédit qu’on interdise les manifestations dans les centres-villes. On doit pouvoir être vu. On ne va pas se cacher en allant manifester sur le périphérique quand même », s’est-elle agacée.

« Tous les indicateurs sont au vert »

Sur le front des revendications, Sophie Binet se montre optimiste quant à l’ampleur de la mobilisation. « Tous les indicateurs sont au vert », estime-t-elle, anticipant « une grande journée de convergence ». Les syndicats portent deux exigences principales : des augmentations de salaires partout, avec une hausse du Smic de 10 % et une revalorisation du point d’indice des fonctionnaires, ainsi qu’une révision du projet de budget.

La secrétaire générale de la CGT met en cause la politique de l’offre menée selon elle par le président de la République, Emmanuel Macron, qu’elle considère comme ayant « appauvri les salariés ». « Les Français ne peuvent plus consommer et s’offrir des loisirs », affirme-t-elle. Elle fait également référence à une déclaration du chef de l’État au début de son premier mandat, selon laquelle « on met un pognon de dingue dans des minima sociaux et les gens sont quand même pauvres ». Pour Sophie Binet, « il faut arrêter cette politique de l’offre qui coûte un pognon de dingue. Il faut une politique de la demande ».

Une mobilisation sous tension

Cette journée d’action intervient dans un contexte de vives tensions autour de l’exercice du droit de manifester. La semaine dernière, la CFDT et la CGT ont dénoncé une atteinte à ce droit fondamental dans le cadre du projet de loi « casseurs-payeurs ». L’incertitude persistante sur le parcours parisien, à quelques jours du rassemblement, illustre la difficulté croissante pour les organisateurs de préparer sereinement les défilés dans la capitale.

Les syndicats espèrent néanmoins faire du 5 novembre une démonstration de force unitaire, portée par des revendications salariales et budgétaires clairement affichées. Reste à savoir si la préfecture de police accédera à leur demande de défilé entre Bastille et Concorde, ou si les organisations devront composer avec un itinéraire alternatif contesté.

Ce qu’il faut retenir

À trois jours de la mobilisation interprofessionnelle du 5 novembre, les syndicats attendent toujours l’autorisation préfectorale pour défiler entre Bastille et Concorde à Paris. Sophie Binet dénonce un manque d’anticipation et une restriction inédite des parcours en centre-ville, alors que le préfet de Paris a annoncé son opposition temporaire à certains trajets. Portée par des revendications de hausses salariales et une révision du budget, cette journée s’annonce comme un test majeur pour l’unité syndicale et pour l’exercice du droit de manifester dans la capitale.

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