Le retour en cours ou la poursuite du blocus ? La rentrée des vacances de la Toussaint s’est déroulée sous tension ce lundi 2 novembre, avec un nouvel appel des organisations étudiantes et lycéennes à bloquer les établissements, malgré les concessions annoncées par l’exécutif. Le nombre de blocages reste toutefois en baisse, a estimé le ministre de l’Éducation en début de matinée.
Une situation « résiduelle » selon le ministre de l’Éducation
« À ce stade et avec beaucoup de prudence, on était ce matin sur quelques lycées perturbés », a déclaré Édouard Geffray sur France Inter. « C’est, a priori, assez résiduel, quelques-uns en Île-de-France, quelques-uns dans le Nord, un ou deux à Toulouse, on est sur des choses qui sont pour l’instant très résiduelles et de l’ordre de quelques unités. »
À Paris, des lycéens ont tenté de bloquer le lycée Condorcet dans le 9e arrondissement mais ont été empêchés par les forces de l’ordre. Sur les 75 établissements scolaires que compte Marseille, environ sept étaient bloqués lundi matin d’après des lycéens militants. À Toulouse, devant le lycée Berthelot, les élèves ont remonté « les installations de blocage » pour empêcher l’accès à l’établissement, a constaté un journaliste de l’AFP. Devant le lycée des Arènes, les lycéens commençaient à affluer pour bloquer l’entrée.
« Je soutiens le mouvement et les revendications mais là c’est chaud, ça fait un mois qu’on n’a pas eu cours », a témoigné un élève de seconde âgé de 14 ans.
Selon les chiffres de l’Éducation nationale transmis au HuffPost, « à 9 h 30 ce matin, dans les trois quarts des départements, aucune perturbation n’est relevée. En outre, sur l’ensemble du territoire, 1 % des lycées sont bloqués ».
Des élèves sans cours depuis « quatre à cinq semaines »
« La priorité absolue… c’est que les élèves puissent aller en cours. Moi, j’ai des élèves qui passent le baccalauréat à la fin de l’année, qui pour plusieurs centaines de milliers d’entre eux n’ont pas eu cours depuis quatre ou cinq semaines et pour lesquels, par conséquent, l’année scolaire est maintenant en risque », a prévenu Édouard Geffray.
« Le temps d’un retour en classe est venu », a aussi estimé auprès de la presse dimanche l’entourage d’Emmanuel Macron, tout en reconnaissant que « ce genre de mouvement ne se termine jamais de manière absolument nette ».
Des mesures annoncées la semaine dernière
Lundi dernier, une série de mesures avait été annoncée pour tenter de mettre fin au mouvement : évolution puis remplacement progressif de Parcoursup d’ici 2028, annulation des suppressions de postes prévues dans l’Éducation nationale, création de 500 postes supplémentaires, plafonnement à 28 élèves par classe de seconde et 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur.
Selon Matignon, le Premier ministre a également demandé au ministre de l’Éducation nationale, dans le prolongement de la réunion interministérielle organisée jeudi dernier avec les régions et les lycéens, de veiller à ce qu’une réponse soit apportée aux 200 lycées les plus en difficulté recensés sur la plateforme de concertation. Un « premier pas » pour les organisations de jeunesse, mais insuffisant.
« La colère continue »
« La colère continue. On ne sent pas du tout un essoufflement », renchérit Coppélia Moreau, membre d’Interfac Île-de-France, qui regroupe des étudiants d’assemblées générales d’universités. Le collectif a prévu une nouvelle manifestation parisienne mardi, entre le Panthéon et le siège du Medef.
L’intersyndicale regroupant l’USL, l’Unef, la Fage et l’Union étudiante réclame notamment un investissement de 10 milliards d’euros dans l’éducation et l’enseignement supérieur ainsi que l’abrogation de Parcoursup.
Ce qu’il faut retenir
La rentrée des vacances de la Toussaint s’est donc déroulée dans un climat tendu, avec des blocages sporadiques mais bien réels dans plusieurs villes de France. Si le gouvernement se félicite d’une situation « résiduelle » — 1 % des lycées bloqués selon l’Éducation nationale —, les organisations de jeunesse entendent maintenir la pression et réclament des moyens supplémentaires pour l’éducation. Entre l’appel au retour en classe du ministre et la détermination des collectifs étudiants, la sortie de crise reste incertaine, alors que des centaines de milliers d’élèves n’ont toujours pas retrouvé le chemin des cours depuis plusieurs semaines.




