« Essayons d’appeler le président ! » La journaliste politique Dasha Burns de Politico n’aurait sans doute pas pu faire plus plaisir à Donald Trump ce mercredi 4 novembre. Le président a pu, en direct, donner les raisons de la déroute de son parti aux élections de mi-mandat. Et rejeter la faute sur les autres.
« Je n’étais pas sur le bulletin de vote et les gens ne sont pas allés voter. Si j’avais été sur le bulletin, nous aurions gagné facilement », a ainsi affirmé Donald Trump lors du live de Politico. Une affirmation qu’il a aussi partagée sur son réseau Truth Social dès que la victoire démocrate au Congrès s’est avérée inévitable.
Une explication qui ne convainc pas
Comme lui fait néanmoins remarquer la journaliste Dasha Burns, le milliardaire avait répété à ses électeurs au cours de la campagne qu’il fallait faire comme si son nom était bien présent sur le bulletin. Sans succès, donc. L’explication selon lui ? « Ils n’étaient pas d’accord et n’aimaient pas les candidats dans la plupart des cas », a-t-il taclé.
Le président américain a également été interrogé sur sa future cohabitation avec les démocrates – le nouveau Congrès siégera à partir de janvier. Donald Trump a adopté un ton particulièrement conciliant : « Je vais travailler avec les démocrates, pour faire en sorte que les choses aillent bien pour notre pays. Je ne veux pas m’asseoir pendant deux ans et mettre mon veto partout ».
Un revirement de ton surprenant
Un message qui contredit ses précédentes déclarations. Deux jours avant les midterms, le républicain avait déclaré au New York Post : « Je suppose que je vais devenir Monsieur Veto ». Une ambition renouvelée sur Truth Social ce mercredi puisqu’il a posté la photo d’une casquette rouge MAGA avec l’inscription « veto », laissant peu de place à l’interprétation.
Mais Donald Trump n’est pas intervenu uniquement sur Politico. Il a en réalité donné son avis un peu partout, notamment au New York Times. Alors que la victoire démocrate était en train de se dessiner, le président s’est dit « tout à fait disposé à accepter les résultats ». Un discours pour le moins surprenant, lui qui n’a toujours pas reconnu sa défaite à la présidentielle 2020 face à Joe Biden et qui n’a cessé de parler de fraude électorale ces derniers mois.
« Je n’ai pas à me sentir coupable »
Malgré sa colère contre Fox News, le président a aussi donné son avis à chaud sur les midterms sur la chaîne conservatrice. « Et bien, je suis un peu surpris (des résultats). Je pensais qu’ils feraient mieux. Nous avons fait des rallies géniaux », a-t-il notamment déclaré, affirmant que ses meetings étaient remplis de monde… ce que ne montrent pas les images diffusées par la presse ces dernières semaines.
Et toujours pas question de reconnaître qu’il est en tort. « Je ne considère pas que c’était dirigé contre moi », a-t-il dit sur Fox News. « Je n’aime pas le voir comme une défaite pour moi. » « Il y avait quelque chose dans l’air et si vous regardez bien, je n’ai pas à me sentir coupable », a-t-il ajouté.
De manière surprenante, il a également « félicité » plusieurs fois ses opposants qui se sont « bien battus ». Et même reconnu que la guerre en Iran, très impopulaire notamment au vu des conséquences sur la hausse des prix, avait pesé « en partie » sur les résultats. Ce qui ne l’a pas empêché de frapper l’île de Qeshm à la veille des élections.
Les résultats des midterms en bref
Les élections de mi-mandat ont été marquées par plusieurs victoires historiques pour les démocrates. En Géorgie, Keisha Lance Bottoms est devenue la première gouverneure noire de l’histoire de l’État. Au Texas, le démocrate James Talarico a remporté un siège au Sénat, créant la surprise dans un État traditionnellement républicain.
Ces résultats confirment une tendance nationale : les électeurs ont sanctionné la majorité présidentielle, notamment en raison de la guerre en Iran et de son impact sur l’économie. Le Congrès, qui siégera à partir de janvier, sera donc contrôlé par les démocrates, obligeant Donald Trump à composer avec une opposition renforcée.
Une présidence sous contrainte
La cohabitation qui s’annonce s’annonce complexe pour Donald Trump, qui devra désormais composer avec un Congrès démocrate. Ses déclarations conciliantes de ce mercredi contrastent avec son tempérament habituel et pourraient augurer d’une nouvelle stratégie politique. Reste à savoir si elle durera.
Pour l’heure, le président américain semble avoir choisi la carte de l’apaisement, du moins en apparence. Mais ses partisans, eux, attendent toujours des explications convaincantes sur cette défaite électorale. Et les déclarations du président, entre déni et promesses de coopération, risquent de laisser certains sur leur faim.




