Le ministère américain de la Défense a reconnu, dans un rapport publié ce lundi 14 septembre, une « pénurie » de munitions liée à la guerre en Iran, un constat que l’administration Trump avait pourtant largement refusé de confirmer ces derniers mois. Un aveu embarrassant pour un président qui avait fait campagne en 2024 sur la promesse de ne plus enliser les États-Unis dans des conflits sans fin.
Un coût astronomique pour l’opération « Fureur épique »
Le rapport de l’Inspecteur général du Pentagone estime qu’entre le 28 février et le 30 juin, l’opération « Fureur épique » contre l’Iran a coûté environ 33,4 milliards de dollars, dont 22,3 milliards uniquement en munitions tirées. Un montant vertigineux qui explique en grande partie la situation actuelle.
« Les dépenses en munitions lors de l’opération Fureur épique ont provoqué une pénurie sur les inventaires stratégiques et révélé des goulots d’étranglement au sein des industries pour le renouvellement des munitions », relève le document. Le rapport salue toutefois des mesures prises par le ministère pour accélérer la production.
Un démenti répété de la Maison-Blanche
Quand, en juin, des informations publiées par la presse évoquaient le fait que les États-Unis rationnaient l’utilisation de leurs missiles, notamment ceux de type intercepteurs, le gouvernement avait démenti. Donald Trump avait même affirmé que le pays disposait « de quantités énormes de munitions ». Début septembre, le président persistait et écrivait que les États-Unis disposaient de « quantités pratiquement illimitées de munitions ».
Selon la presse, ce manque de munitions a pourtant poussé le président à ne pas renouveler les attaques à grande échelle contre Téhéran durant l’été. Une décision stratégique lourde de conséquences, alors que le conflit semblait loin d’être terminé.
Des dégâts considérables sur les bases américaines
Le document, qui couvre la période d’avril à juin 2026, dresse aussi un état des lieux des dégâts causés par la guerre. Malgré le recours massif aux intercepteurs, « les frappes iraniennes ont endommagé et détruit des centaines de bâtiments et d’installations sur des bases américaines au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, en Irak, à Oman et en Jordanie », note le rapport du Pentagone.
La flotte d’avions n’a pas été épargnée : quatre F-15 détruits, un F-35 endommagé, sept ravitailleurs KC-135 endommagés ou détruits, et « jusqu’à 30 » drones d’attaque MQ-9 Reaper détruits, entre autres. Le rapport estime à « plus de 50 000 » le nombre de militaires américains impliqués dans cette guerre dans le Golfe, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines contre l’Iran.
Les ripostes de Téhéran et de ses alliés ont endommagé les bâtiments diplomatiques dans quatre pays (Irak, Koweït, Arabie saoudite, Émirats arabes unis), précise le rapport. Un bilan qui témoigne de l’intensité des combats et de la vulnérabilité des installations américaines dans la région.
Une guerre aux conséquences durables
Ce rapport intervient dans un contexte de tensions persistantes entre Washington et Téhéran. La question de l’aide chinoise à l’Iran a également alimenté les débats, Donald Trump préférant minimiser : « Ils font ce que nous faisons ». Par ailleurs, après des fuites sur la guerre en Iran, le Pentagone a décidé de passer ses hauts responsables au détecteur de mensonges, signe d’une volonté de verrouiller l’information autour du conflit.
La reconnaissance officielle de cette pénurie de munitions marque un tournant dans la communication de l’administration Trump. Elle met en lumière les limites matérielles d’une puissance militaire pourtant présentée comme la plus forte du monde, et soulève des questions sur la capacité des États-Unis à soutenir un conflit de haute intensité sur la durée.
Ce qu’il faut retenir
Le Pentagone a finalement admis une pénurie de munitions consécutive à l’opération « Fureur épique » contre l’Iran, dont le coût s’élève à plus de 33 milliards de dollars. Ce constat, longtemps démenti par Donald Trump, révèle des faiblesses logistiques et industrielles préoccupantes, alors que les frappes iraniennes ont causé des dégâts considérables sur les bases américaines dans le Golfe. Une reconnaissance qui pourrait peser sur la stratégie militaire américaine et sur le débat politique intérieur.


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