À Gaza, l’espoir fragile d’un cessez-le-feu après les élections israéliennes

Gaza Residents Hope Israeli Elections Bring Ceasefire

Le sort de la bande de Gaza pourrait bien dépendre des résultats des élections législatives israéliennes. Alors que les négociations en vue de la formation d’une coalition se poursuivent, les habitants de l’enclave palestinienne scrutent avec une attention particulière les tractations politiques en cours. Deux ans de guerre, plus de 74 000 morts et un cessez-le-feu qui n’en porte que le nom : la population gazouie, déplacée en quasi-totalité, attend du prochain gouvernement israélien qu’il applique enfin l’accord de trêve signé il y a plus d’un an.

Un conflit qui pèse sur la formation de la coalition

Le destin de Gaza s’invite directement dans les discussions de coalition en Israël. Une alliance entre l’opposition menée par Gadi Eizenkot et les partis arabes pourrait voir le jour, mais les divergences restent profondes. Si les partis arabes réclament la fin des opérations militaires, Benyamin Netanyahou s’est engagé à désarmer le Hamas avant tout retrait éventuel de ses troupes, conformément au plan Trump. Son rival Gadi Eizenkot se donne, lui, dix-huit mois pour mettre fin au contrôle militaire de l’organisation islamiste sur l’enclave.

Quel que soit le camp qui dirigera le prochain gouvernement, les habitants de Gaza n’attendent qu’une chose : que les promesses de trêve se traduisent enfin dans les faits. Car sur le terrain, la situation humanitaire demeure catastrophique. Selon les Nations unies, 80 % des bâtiments de l’enclave sont endommagés ou détruits, et Israël empêche toujours l’entrée du matériel de reconstruction.

« Nous nous sentons en permanence sous la menace »

Sami, un déplacé du camp d’Al-Maghazi, résume l’attente de toute une population. Il n’espère qu’une seule mesure du prochain gouvernement israélien : l’application du cessez-le-feu signé il y a plus d’un an. « Nous sommes bombardés presque tous les jours, raconte-t-il. Des civils sont visés, la ligne jaune à l’est est de plus en plus proche. Nous nous sentons en permanence sous la menace. C’est pour ça que nous espérons que le prochain gouvernement israélien va mettre en œuvre l’accord de trêve. »

Pour Jihad Malaka, chercheur en sciences politiques lui aussi déplacé sous une tente au sein de l’enclave, une seule option permettrait à Gaza de sortir de l’impasse. « Avec un nouveau gouvernement dirigé par Gadi Eizenkot et soutenu par les partis arabes, nous pourrions commencer à espérer que les choses changent et qu’on puisse commencer à reconstruire », estime-t-il. Un espoir mesuré, tant les obstacles politiques restent nombreux et les positions des deux camps, sur le fond, peu éloignées.

Une reconstruction toujours bloquée

Au-delà des questions de sécurité, c’est bien la reconstruction qui préoccupe les habitants. Depuis un an, l’essentiel du matériel nécessaire demeure bloqué aux frontières, laissant des quartiers entiers en ruines. Les Gazaouis espèrent que la nouvelle donne politique israélienne permettra de desserrer l’étau et d’engager enfin les travaux. Mais les deux principaux prétendants au pouvoir affichent un même objectif : poursuivre les opérations militaires jusqu’à l’éradication du Hamas, ce qui laisse peu de place à l’optimisme.

Dans ce contexte, la désignation de l’un ou de l’autre à la tête du prochain gouvernement ne risque d’avoir que peu de différence aux yeux des habitants de l’enclave. Seule compte pour eux l’application concrète de l’accord de trêve, condition première à toute perspective de reconstruction et de retour à une vie normale.

Ce qu’il faut retenir

Les élections israéliennes pourraient peser sur l’avenir de Gaza, mais les deux principaux candidats partagent la même volonté de poursuivre les opérations jusqu’à l’éradication du Hamas. Pour les Gazaouis, déplacés en quasi-totalité et confrontés à une destruction massive, l’essentiel réside dans l’application effective du cessez-le-feu signé il y a plus d’un an. Sans cette étape préalable, ni la reconstruction ni l’espoir d’un changement ne pourront se concrétiser.

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