Il a perdu l’élection, quitté précipitamment son pays, mais continue de revendiquer sa victoire. Ce mercredi 28 octobre, Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro, a affirmé être le « véritable président » du Brésil, trois jours après sa défaite face au président sortant Lula.
Cette déclaration a été publiée dans un communiqué adressé « au peuple brésilien et à la communauté internationale » sur ses réseaux sociaux, quelques heures à peine après son arrivée aux États-Unis.
Un texte rapidement modifié
Le sénateur conservateur de 45 ans a toutefois rapidement modifié son texte. Dans une nouvelle version publiée quelques minutes plus tard, il ne se présente plus comme le « véritable président » mais comme le « leader » du Brésil. Sans pour autant revenir sur ses accusations contre le résultat du scrutin.
« Je suis le leader et les criminels qui ont volé l’élection du Brésil font partie d’une organisation criminelle qui a instauré une tyrannie », affirme-t-il.
« Fraude électorale »
Cette sortie intervient après une défaite inattendue pour le candidat conservateur. Arrivé en tête du premier tour de la présidentielle, Flavio Bolsonaro a trouvé refuge après un départ mouvementé du Brésil. Le candidat perdant est visé par plusieurs enquêtes judiciaires au Brésil, notamment pour des soupçons de corruption et de blanchiment d’argent.
Le sénateur a rejoint la Floride mercredi, après un périple passant par l’Argentine et l’Équateur. Accompagné de sa famille, il a atterri en début d’après-midi près de Miami.
Selon le ministère américain de la Sécurité intérieure, les membres de la famille ont été contrôlés à leur arrivée, puis admis sur le territoire américain « conformément aux lois et procédures d’immigration en vigueur ». Ils avaient obtenu des visas délivrés par l’administration Trump.
Une opposition menée depuis les États-Unis
Malgré cet exil, Flavio Bolsonaro assure qu’il n’abandonne pas la vie politique brésilienne. « J’ai quitté le Brésil, mais je n’ai pas abandonné les Brésiliens », affirme-t-il tout en promettant de « diriger l’opposition » depuis les États-Unis.
Pour justifier sa stratégie, le fils de Jair Bolsonaro n’a pas hésité à convoquer l’histoire. Il se compare même au Général de Gaulle, qui a « dirigé la France libre depuis Londres » pendant la Seconde Guerre mondiale.
« C’est seulement le début de notre lutte pour la démocratie, les droits humains et la liberté au Brésil », promet-il.
Donald Trump ne se « mêlera pas » de cette affaire
Dans son communiqué, Flavio Bolsonaro a tenu à remercier deux dirigeants étrangers : le président argentin Javier Milei et son homologue américain Donald Trump, sans préciser la nature de leur éventuelle aide à son départ du Brésil.
Interrogé mercredi sur les déclarations du sénateur brésilien, le président américain a pris ses distances avec ses revendications présidentielles. « Je ne m’en mêlerai pas », avant de nuancer qu’il s’agit d’une « élection étrange, c’est certain ».
Trump, allié politique de longue date du père de Flavio Bolsonaro, n’a pas pour autant caché sa sympathie pour la famille de l’ancien président brésilien. « Je pense que lui et sa famille ont été traités très injustement ».
Ce qu’il faut retenir
La revendication de Flavio Bolsonaro, rapidement édulcorée en simple titre de « leader », illustre la stratégie d’un candidat défait qui refuse de reconnaître sa défaite électorale tout en échappant aux enquêtes judiciaires qui le visent au Brésil. Entre références historiques au général de Gaulle et remerciements appuyés à Javier Milei et Donald Trump, l’ancien candidat tente de maintenir son influence politique depuis la Floride. Mais la prudence affichée par le président américain, qui refuse de s’immiscer dans le dossier, montre les limites de ce pari : l’exil ne garantit ni reconnaissance internationale ni retour politique durable.




