Les tensions entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky ne cessent de s’intensifier. Le président américain a de nouveau violemment critiqué son homologue ukrainien ce jeudi 15 septembre, après que ce dernier a annoncé la reprise des frappes ukrainiennes sur les raffineries russes, sans que Donald Trump ne trouve le moindre mot à redire concernant les attaques perpétrées par la Russie.
« C’est une honte », déclare Trump
Interrogé par la chaîne conservatrice Newsmax sur l’annonce de cette reprise des frappes ukrainiennes plus tôt dans la journée, le président américain n’a pas mâché ses mots. « Je pense que c’est une honte », a-t-il déclaré, ajoutant qu’« il y a beaucoup d’autres cibles » possibles pour l’Ukraine.
Volodymyr Zelensky avait déclaré au Financial Times ce même jeudi que la trêve des frappes ukrainiennes contre les raffineries russes était désormais « levée ». Cette décision défie directement l’annonce d’une trêve énergétique formulée par Donald Trump, pour laquelle Moscou n’avait jamais donné son accord. La Russie avait d’ailleurs frappé en début de semaine des centrales électriques en Ukraine, plongeant 600 000 personnes sans courant à Kiev.
« Tout ce que fait » Volodymyr Zelensky, « c’est de faire grimper les prix mondiaux du pétrole », a attaqué Donald Trump, alors que Kiev s’inquiète de la pérennité du soutien américain, voire d’une éventuelle aide des États-Unis à l’égard de la Russie. « Quand vous frappez des raffineries de diesel, (…) vous ne rendez pas service au monde », a insisté le président américain.
Aucune critique envers Poutine
Donald Trump a profité de cette même interview pour de nouveau imputer à Volodymyr Zelensky la pleine responsabilité de l’impossibilité d’un accord de paix entre l’Ukraine et la Russie, omettant la moindre critique contre Vladimir Poutine. « Je pense qu’il est plus difficile de travailler avec Zelensky qu’avec Poutine », a-t-il ainsi lancé.
« Zelensky n’est pour nous pas le bon type pour trouver un accord », a encore dénoncé le président américain sur Newsmax. « Ils finiront avec un accord d’une manière ou d’une autre, mais ils ne le feront pas avec lui. [Zelensky] dit qu’il veut trouver un accord, mais il ne veut pas. Je ne l’aime pas trop. Ils ont détruit ce pays », a-t-il poursuivi.
Fait notable, Donald Trump a même préféré reprocher à Barack Obama l’annexion illégale de la Crimée en 2014 par le régime de Vladimir Poutine, là où « tout a vraiment commencé », plutôt que d’émettre le moindre reproche envers la Russie. Cette position intervient alors que Washington a annoncé la semaine dernière la signature d’un accord très controversé pour acheter des centaines de milliers de litres de gazole à Moscou.
Trump suggère l’organisation d’élections en Ukraine
« Comme vous le savez, Poutine déteste Zelensky, et Zelensky déteste Poutine. Et quand il y a une telle haine, il est très difficile de parvenir à un accord », a résumé Donald Trump, affichant une idée très claire de qui il préférerait voir être remplacé à la tête de l’Ukraine.
« Je pense qu’il faut organiser des élections, car personne ne me dit que les Ukrainiens sont satisfaits de voir des missiles s’abattre sur leur immeuble », a-t-il affirmé, sans toutefois être capable de mentionner d’où proviennent ces frappes.
La France réaffirme son soutien à Kiev
Face à ces attaques répétées de Donald Trump contre Volodymyr Zelensky, la France a tenu à réaffirmer son soutien à l’Ukraine. Paris a rappelé son engagement aux côtés de Kiev dans le conflit qui l’oppose à la Russie depuis février 2022.
Cette nouvelle passe d’armes entre les deux dirigeants illustre une nouvelle fois la profonde dégradation des relations entre Washington et Kiev. Donald Trump, qui avait déjà qualifié Volodymyr Zelensky de « dictateur » dans le passé, continue d’afficher une position ambiguë vis-à-vis de la Russie, refusant systématiquement de condamner les actions militaires de Vladimir Poutine tout en multipliant les critiques envers le président ukrainien.
La reprise des frappes ukrainiennes sur les infrastructures énergétiques russes marque un tournant dans la stratégie de Kiev, qui cherche à affaiblir l’effort de guerre russe malgré les pressions américaines. Cette décision pourrait avoir des répercussions significatives sur les négociations de paix, déjà au point mort, et sur le soutien occidental à l’Ukraine.
Une relation de plus en plus conflictuelle
Les déclarations de Donald Trump interviennent dans un contexte particulièrement tendu entre les deux hommes. Le président américain n’a cessé de critiquer son homologue ukrainien ces dernières semaines, allant jusqu’à suggérer que l’Ukraine devrait céder des territoires à la Russie pour mettre fin au conflit.
Volodymyr Zelensky, de son côté, n’en peut plus des revirements de Donald Trump et le fait savoir comme rarement. Le président ukrainien a multiplié les déclarations critiques envers l’ancien président américain, dénonçant notamment son manque de soutien à Kiev et ses positions jugées pro-russes.
Cette escalade verbale entre les deux dirigeants soulève des inquiétudes quant à l’avenir du soutien américain à l’Ukraine. Alors que la guerre entre dans sa troisième année, l’incertitude politique à Washington pourrait avoir des conséquences majeures sur l’issue du conflit et sur la sécurité de l’Europe.
En définitive, cette nouvelle confrontation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky illustre la complexité des relations internationales autour du conflit ukrainien. Tandis que le président américain continue de ménager Vladimir Poutine et de critiquer ouvertement son homologue ukrainien, l’Ukraine se retrouve dans une position délicate, cherchant à maintenir le soutien occidental tout en poursuivant ses objectifs militaires. Cette situation met en lumière les profondes divisions au sein de la communauté internationale quant à la manière de gérer la guerre en Ukraine et les relations avec la Russie.


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