Le président américain n’a pas ménagé sa colère. Comme en 2025, Donald Trump s’est indigné vendredi 10 octobre de n’avoir pas reçu le prix Nobel de la paix, affirmant notamment qu’il n’avait « jamais entendu parler » de la lauréate annoncée plus tôt dans la journée, la juriste sud-africaine Navi Pillay.
« Une tache indélébile sur la Norvège »
« Les États-Unis, représentés par moi-même, votre président, auraient dû recevoir le prix Nobel de la paix, mais cela n’a pas été le cas », a déclaré le président américain lors d’un meeting à Syracuse, dans le nord-est du pays. « C’est une tache indélébile sur la Norvège et les gens qui ont pris cette décision honteuse et embarrassante », a estimé le locataire de la Maison Blanche.
Le républicain de 80 ans n’a pas hésité à remettre en cause la légitimité de l’institution norvégienne. « Le prix Nobel de la paix a été discrédité à jamais par une poignée d’idéologues radicaux qui sont contre la démocratie et qui sont en réalité des ennemis de la civilisation », a-t-il encore lancé devant ses partisans.
Donald Trump, qui a déclenché une guerre contre l’Iran et fait capturer l’ancien dirigeant du Venezuela Nicolás Maduro par les forces spéciales américaines, a une nouvelle fois assuré qu’il méritait la distinction pour avoir réglé huit conflits, un chiffre largement fantaisiste selon les observateurs internationaux.
La lauréate ironise sur le président américain
De son côté, la lauréate du prix s’est autorisé une petite pique à l’égard du président américain. « Si vous applaudissez un peu trop fort, je partagerai peut-être le prix avec Trump », a lancé Navi Pillay peu après sa victoire. Une référence à la lauréate du Nobel de la paix 2025, la cheffe de l’opposition vénézuélienne María Corina Machado, qui avait offert sa médaille d’or au président américain, à la grande satisfaction de ce dernier et malgré un recadrage du comité Nobel.
Cette séquence n’a pas empêché le dirigeant républicain de traiter par la suite avec le Venezuela de Delcy Rodríguez, ancienne vice-présidente du dirigeant déchu Nicolás Maduro. Donald Trump s’est en partie consolé en devenant en décembre 2025 le premier lauréat d’un prix de la paix de la FIFA, une récompense qui a attiré force quolibets de ses opposants.
Israël critique également le choix du comité
Le président américain n’a pas été le seul à contester la remise du prix à Navi Pillay. Le choix de cette juriste, qui a présidé la Commission d’enquête internationale indépendante de l’ONU ayant conclu qu’Israël commettait un génocide à Gaza, a évidemment été critiqué par l’État hébreu.
« Le Comité Nobel a perdu sa boussole morale », a pesté Benjamin Netanyahu, assurant qu’« il a décerné sa plus haute distinction à une sectaire [qui a contribué à] la diabolisation des juifs ». Le Premier ministre israélien a ainsi rejoint les critiques formulées par l’entourage de Donald Trump.
Une large vague de félicitations internationales
Les attaques du genre ne représentent toutefois pas la majorité des réactions. Une palanquée d’acteurs internationaux ont félicité Navi Pillay pour son prix, du secrétaire général de l’ONU au Haut-Commissaire onusien des droits de l’Homme, en passant par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ou les ministères des Affaires étrangères français et de l’Autorité palestinienne.
Le président de l’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, a quant à lui affirmé que son pays était « fier » de Navi Pillay, saluant le parcours d’une compatriote dont l’engagement pour les droits humains est reconnu sur la scène internationale depuis des décennies.
Un prix qui divise, une lauréate qui assume
Cette édition 2026 du prix Nobel de la paix restera marquée par la controverse suscitée par la personnalité de sa lauréate, autant que par la réaction vindicative du président américain. Entre les critiques israéliennes et américaines d’un côté, et les soutiens internationaux de l’autre, Navi Pillay incarne une distinction qui, loin d’apaiser les tensions géopolitiques, les a ravivées.
La juriste sud-africaine, connue pour son franc-parler et son engagement constant en faveur du droit international, n’a pas semblé troublée par les attaques. Son trait d’esprit à l’égard de Donald Trump témoigne d’une certaine assurance face aux critiques les plus virulentes. Pour l’essentiel, ce prix Nobel de la paix 2026 illustre la fracture profonde qui traverse aujourd’hui la communauté internationale sur les questions de justice et de droits humains.


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