Trump menace d’anéantir l’Iran à l’ONU, puis annonce la reprise du dialogue avec Téhéran

Trump Threatens Iran Then Announces Talks at UN

Quelques minutes auront suffi. Ce mardi 22 septembre, devant l’Assemblée générale des Nations unies à New York, Donald Trump est passé de la menace d’anéantir la République islamique à l’annonce d’une reprise des discussions avec Téhéran, rompant avec des mois de silence diplomatique.

Un ultimatum lancé à la tribune de l’ONU

« J’ai une grande décision à prendre : un accord sera-t-il conclu avec l’Iran ? », a déclaré le président américain devant les dirigeants du monde réunis au siège des Nations unies. « Ou est-ce que j’anéantis la République islamique (…) ? Est-ce que je les envoie en enfer ? »

« J’espère qu’ils prendront les bonnes décisions avant qu’il ne soit trop tard », a-t-il ajouté peu après, lors d’une réunion avec des dirigeants de pays du Moyen-Orient. Un ton martial qui contraste avec la suite de son intervention.

Une rencontre de trois heures relance le dialogue

Donald Trump a ensuite estimé qu’un accord était possible après les élections législatives de mi-mandat de novembre aux États-Unis, lors desquelles le Parti républicain risque de perdre le contrôle du Congrès, notamment en raison du prix élevé des carburants lié à la guerre.

Puis il a annoncé la reprise du dialogue entre Washington et Téhéran, interrompu depuis juin. « C’est une rencontre qui a duré trois heures », a-t-il précisé, qualifiant la réunion de « très bonne » et assurant qu’une nouvelle discussion était prévue « dans un futur très proche ».

« Nous avons mené de longues discussions avec la délégation iranienne par l’intermédiaire des médiateurs » en marge de l’Assemblée générale, a confirmé dans la soirée sur X l’émissaire américain Steve Witkoff. Ces médiateurs, qui « ont fait la navette entre les deux parties tout au long de la journée », « ont mené à bien un cycle de discussions qui, nous l’espérons, s’avérera constructif et prometteur », a-t-il ajouté.

Plus tôt dans la journée, Steve Witkoff s’était dit « très bien » disposé à propos de ces échanges, menés conjointement avec le gendre du président, Jared Kushner.

Les conditions iraniennes pour rouvrir le détroit d’Ormuz

Côté iranien, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi a participé à la réunion, selon la télévision d’État Irib. Le ministre iranien a déclaré à Steve Witkoff que les conditions de Téhéran pour rouvrir le stratégique détroit d’Ormuz comprenaient « la levée immédiate du blocus naval » américain, « le versement rapide de l’ensemble des avoirs iraniens gelés, ainsi que la fin de la guerre sur tous les fronts ».

L’intervention attendue ce mercredi à la tribune de l’ONU du président iranien Massoud Pezeshkian sera particulièrement scrutée par la communauté internationale. Ce dernier a d’ores et déjà promis de « défendre fermement » les positions de son pays.

Entre promesses de paix et déclarations martiales

Les autres thématiques abordées par Donald Trump devant l’ONU ont également oscillé entre promesses de paix et rhétorique guerrière. « Quand d’autres parlent de paix, je fais la paix », a assuré le dirigeant républicain, à qui les électeurs reprochent au contraire de n’avoir pas tenu sa promesse de tenir l’Amérique à l’écart des conflits mondiaux.

Il a notamment vanté l’opération militaire ayant conduit à la capture début janvier du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro, et l’accès obtenu par les États-Unis aux réserves pétrolières du pays. « C’est le vainqueur qui s’empare du butin », a-t-il commenté.

Dans l’ensemble, l’argumentaire nationaliste de Donald Trump, belliqueux par moments, n’a pas provoqué à New York la même commotion que l’année précédente. Enlisé dans son conflit avec Téhéran, le président américain a, de manière inhabituelle, suivi son prompteur et adopté un ton plus mesuré que lors de son précédent passage dans la même enceinte.

Ce qu’il faut retenir

En l’espace de quelques minutes à la tribune de l’ONU, Donald Trump a tour à tour brandi la menace d’anéantir l’Iran et annoncé la reprise du dialogue avec Téhéran, après une interruption de plusieurs mois. Si les conditions posées par l’Iran pour rouvrir le détroit d’Ormuz — levée du blocus naval, dégel des avoirs et fin des hostilités — demeurent exigeantes, la reprise des discussions constitue un premier pas vers une possible désescalade. La prise de parole du président iranien Massoud Pezeshkian, attendue ce mercredi, devrait permettre de mesurer la solidité de cette ouverture diplomatique.

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