L’ambassadeur des États-Unis en Chine a affirmé, dimanche 27 septembre, que Donald Trump avait proposé à Pékin d’acheter des armements américains. Une déclaration spectaculaire, aussitôt démentie par la Maison-Blanche et le Département d’État, qui vient jeter le trouble sur un dossier déjà ultra-sensible entre Washington et Pékin.
Une offre évoquée sur Fox News
Invité de la chaîne Fox News, l’ambassadeur David Perdue a expliqué que le président américain avait suggéré à Xi Jinping d’envisager des achats d’armes américaines, en réponse aux inquiétudes chinoises concernant les livraisons d’équipements militaires à Taïwan.
« Le président Trump continue à dire : « Eh bien, nous vendons des armes à d’autres pays dans le monde » », a déclaré le diplomate. « Il a même demandé au président Xi s’il voulait en acheter, à un moment donné », a-t-il poursuivi, sans préciser la date de cette conversation entre les deux dirigeants.
Selon David Perdue, ces discussions ne sont pas isolées : « Il y a des discussions continues au sujet d’autres ventes, (Trump) et le président Xi en parlent chaque fois qu’ils se rencontrent. » Il a toutefois assuré que la position américaine n’avait pas changé.
Un démenti immédiat de Washington
La sortie de l’ambassadeur a provoqué une onde de choc outre-Atlantique. Interrogée par le New York Times, la Maison-Blanche a tenu à réaffirmer que les États-Unis n’avaient aucune intention de vendre des armes à la Chine, contredisant ainsi son propre représentant à Pékin.
Le Département d’État, l’équivalent du ministère des Affaires étrangères, a publié un communiqué sans ambiguïté : « La législation américaine interdit la vente d’armes à la Chine et il n’existe aucune offre ni aucun projet en ce sens. »
Depuis le massacre de la place Tian’anmen en 1989, les États-Unis et l’Union européenne observent en effet un embargo strict sur les ventes d’armements à Pékin. Aucune administration américaine n’a remis en cause ce cadre juridique depuis plus de trois décennies.
Un contexte diplomatique tendu
La déclaration de David Perdue surprend d’autant plus que la Chine est unanimement considérée à Washington comme le principal rival économique, militaire et diplomatique des États-Unis. La rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping à la Maison-Blanche la semaine précédente n’avait d’ailleurs débouché sur aucune avancée majeure.
Le dossier taïwanais reste l’un des principaux points de friction entre les deux puissances. En vertu du « Taiwan Relations Act », les États-Unis sont légalement tenus de fournir à l’île les moyens de se défendre. En décembre dernier, Washington a approuvé des ventes d’armes d’un montant de 11,1 milliards de dollars à Taïwan, provoquant la colère de Pékin. En juin, la Chine avait averti Taipei que « rechercher l’indépendance en s’appuyant sur les États-Unis ou par la force militaire constitue une impasse ».
Taïwan au cœur des inquiétudes
C’est précisément à Taïwan que cette révélation risque de susciter le plus d’inquiétude. L’île pourrait s’interroger sur la solidité du soutien américain, alors que Donald Trump a reporté l’adoption d’une enveloppe de 14 milliards de dollars destinée à sa sécurité.
Quatre sénateurs républicains avaient d’ailleurs adressé une lettre à l’administration avant le sommet avec Xi Jinping pour appeler à faire avancer ce dossier au plus vite. Cette missive est restée sans réponse.
David Perdue a néanmoins souligné que l’administration Trump avait vendu « plus d’armes à Taïwan que tout autre président depuis 1979 », cherchant à rassurer sur l’engagement américain envers l’île.
Une déclaration aux conséquences incertaines
Reste à savoir quel sera l’impact réel de cette bourde diplomatique. Entre le démenti officiel de Washington et les propos de son ambassadeur, la contradiction est frontale. Pour Pékin, comme pour Taipei, l’épisode illustre surtout l’imprévisibilité de la politique étrangère de Donald Trump, capable d’évoquer une vente d’armes à son principal rival tout en maintenant l’embargo en vigueur.
Cette séquence intervient dans un climat déjà délétère entre les deux premières puissances mondiales, où chaque déclaration peut être interprétée comme un signal stratégique. En l’espèce, le message envoyé reste ambigu : si aucune vente d’armes à la Chine n’est juridiquement possible, l’évocation publique d’une telle hypothèse par un haut responsable américain suffit à alimenter les spéculations et les tensions.


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