Le militant écologiste Thomas Brail, figure de la lutte contre l’autoroute A69, a été arrêté par les forces de l’ordre lundi 21 septembre vers 10h30 sur le chantier de l’autoroute A412, dans la commune de Perrignier en Haute-Savoie. L’information, révélée par le média Vakita, a été confirmée à franceinfo par Arnaud, patron d’une escargotière et membre de la Confédération paysanne, présent sur les lieux au moment de l’interpellation.
Selon ce témoin direct, Thomas Brail a ensuite été conduit à la gendarmerie de Bons-en-Chablais, où il se trouvait toujours en garde à vue lundi après-midi.
Une interpellation qui interroge
Fait notable : Thomas Brail était le seul membre du groupe de militants présents lundi matin à être visé par cette interpellation. Selon Arnaud, l’activiste ne s’était pourtant pas particulièrement mis en avant au cours de l’action.
Le témoin assure également que Thomas Brail ne s’était pas rendu sur le chantier dans le but de se faire arrêter ou d’apporter une visibilité médiatique aux événements en cours. Une précision qui contraste avec l’image d’un militant chevronné, habitué des actions médiatisées, mais qui souligne le caractère apparemment isolé de cette arrestation.
Des actions pacifiques menées depuis plusieurs semaines
Depuis « environ deux semaines et demie », des militants mènent des actions pour ralentir l’avancée des travaux de l’A412, explique Arnaud à franceinfo. Ces actions sont décrites comme « pacifiques » : les activistes se positionnent face aux machines de l’entreprise Eiffage pour les empêcher d’abattre des arbres.
Selon le dispositif en place, les engins doivent normalement s’arrêter à dix mètres des personnes présentes. Un cadre qui n’a pas empêché l’interpellation de Thomas Brail lundi matin.
Un projet d’autoroute vivement contesté
Les travaux de ce tronçon autoroutier, censé faciliter les déplacements entre Thonon-les-Bains et Machilly, ont démarré début septembre. Ce lancement est intervenu peu après la nomination d’un nouveau préfet, le 21 août, dans un contexte marqué par une forte opposition de collectifs locaux.
Longue de 16,5 kilomètres, l’autoroute A412 suit le tracé de la D903. Pour ses opposants, le projet soulève des inquiétudes environnementales majeures, notamment en raison de l’abattage d’arbres et de l’artificialisation des sols qu’il implique.
Dans un communiqué, France Nature Environnement n’a pas tardé à réagir : « Le scénario de l’A412 rappelle dangereusement celui de l’A69 », écrit l’organisation. Avec 21 autres ONG et 40 riverains, elle a annoncé, le 16 septembre, avoir déposé plusieurs recours devant la justice contre ce qu’elle qualifie de « projet contre nature ».
Un précédent lourd de symboles
L’arrestation de Thomas Brail sur le chantier de l’A412 ravive le souvenir de la mobilisation contre l’A69, dans le Tarn, où le militant s’était illustré par une grève de la faim et une grève de la soif de plusieurs semaines. Cette lutte avait contribué à faire de lui l’une des figures les plus connues de la défense des arbres en France.
Le parallèle entre les deux projets est d’autant plus sensible que les méthodes d’action semblent similaires : occupation des chantiers, blocages pacifiques face aux engins, recours juridiques multiples. Une stratégie qui, dans le cas de l’A69, avait conduit à une suspension temporaire des travaux ordonnée par la justice, avant que le chantier ne reprenne.
Quelles suites pour le militant ?
Au moment de la rédaction de cet article, Thomas Brail se trouvait toujours en garde à vue à la gendarmerie de Bons-en-Chablais. Les raisons exactes de son interpellation n’ont pas été précisées par les autorités.
Reste à savoir si cette arrestation aura pour effet de galvaniser l’opposition au projet A412 ou, au contraire, de dissuader les militants de poursuivre leurs actions sur le terrain. Dans les deux cas, elle illustre la tension croissante autour des grands projets d’infrastructure autoroutière en France, à l’heure où les enjeux climatiques et de biodiversité occupent une place grandissante dans le débat public.
L’interpellation de Thomas Brail sur le chantier de l’A412 en Haute-Savoie marque un nouvel épisode dans la confrontation entre militants écologistes et forces de l’ordre autour des projets autoroutiers. Si les circonstances exactes de son arrestation restent à préciser, cet événement rappelle que la contestation des infrastructures routières demeure vive en France, portée par des collectifs locaux et des organisations environnementales déterminées à peser sur les décisions publiques.




