Lundi, un technicien de 35 ans est resté coincé près de trois heures sous une presse hydraulique de 8 tonnes à l’usine Stellantis de Poissy. Il a dû être amputé d’une jambe. Le syndicat Sud dénonce une sous-traitance en cascade, la direction assure qu’elle l’ignorait.
Trois heures sous une presse de 8 tonnes
L’accident s’est produit vers 7h30, dans l’atelier d’emboutissage de l’usine des Yvelines. Le technicien, salarié d’une entreprise sous-traitante, intervenait sur le démantèlement d’une ancienne ligne de presse lorsqu’il s’est retrouvé bloqué sous un vérin hydraulique.
Il a fallu environ trois heures aux secours pour parvenir à le dégager. L’homme a ensuite été évacué en urgence absolue vers l’hôpital européen Georges-Pompidou, à Paris.
Une amputation pratiquée le 22 septembre
Le technicien a dû être amputé d’une jambe, lors d’une opération pratiquée le 22 septembre. Son état de santé actuel n’a pas été communiqué publiquement.
L’accident a suscité une vive émotion chez les salariés de l’atelier concerné. Dès le jour même, la direction de Stellantis a mis en place une cellule de soutien psychologique à destination des employés présents sur le site.
Sud dénonce une sous-traitance en cascade
Le technicien accidenté travaillait pour une entreprise sous-traitante. Selon les éléments recueillis, la mission de démantèlement avait été confiée par Stellantis à un premier prestataire, qui l’a lui-même sous-traitée à d’autres intervenants : au total, quatre niveaux se seraient succédé entre le donneur d’ordre et le technicien accidenté.
Le syndicat Sud Stellantis Poissy dénonce cette chaîne de sous-traitants, qu’il juge responsable d’une dilution des responsabilités en matière de sécurité sur le site.
La direction de Stellantis affirme qu’elle l’ignorait
Sollicitée par la rédaction, la direction de Stellantis confirme l’existence de cette chaîne de sous-traitants successifs, mais affirme qu’elle en ignorait l’ampleur.
Selon le groupe, les prestataires avec lesquels Stellantis avait directement contracté, des entreprises spécialisées dans le démantèlement d’installations industrielles, auraient recontractualisé avec d’autres sous-traitants sans en informer le groupe.
La direction indique que cette pratique serait contraire aux obligations contractuelles de ses prestataires directs, renvoyant ainsi vers eux la responsabilité de la cascade constatée.
Deux enquêtes ouvertes
Le parquet de Versailles a ouvert une enquête, afin d’établir les circonstances précises de l’accident ainsi que les responsabilités de chacun. Cette enquête a été confiée à la police.
En parallèle, la commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) de l’entreprise mène sa propre enquête interne, avec la participation de l’inspection du travail.
Le poids syndical de Sud à Poissy
Sud Stellantis Poissy existe depuis décembre 2022. Lors de sa première élection professionnelle, en avril 2023, le syndicat avait obtenu 21 % des suffrages dans le collège ouvrier, devenant le deuxième syndicat chez les ouvriers du site. Force Ouvrière reste toutefois très largement majoritaire à Poissy, avec environ 34 à 35 % des voix, en tête dans les deux collèges électoraux.
Ce qu’il faut retenir
Cet accident dramatique met en lumière les dérives potentielles de la sous-traitance en cascade dans les grands sites industriels. Alors que deux enquêtes sont en cours, la question de la responsabilité — entre donneur d’ordre, prestataires directs et sous-traitants successifs — reste au cœur d’une polémique qui pourrait avoir des conséquences bien au-delà de l’usine de Poissy.


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