« Merci, mais non merci. » C’est en substance la réponse que Sylvester Stallone a d’abord adressée à Donald Trump lorsque ce dernier lui a proposé de devenir l’un des « ambassadeurs » du président des États-Unis à Hollywood. Une fonction que la star de Rocky n’a jamais officiellement assumée, et dont il révèle aujourd’hui les coulisses dans une interview accordée au Sunday Times Magazine.
L’acteur américain de 80 ans raconte avoir immédiatement signifié au président que cette nomination n’était pas une bonne idée. « Je lui ai dit que ça n’allait pas marcher. Et j’ai dit, merci, mais au revoir, c’est impossible. Hollywood fonctionne et va continuer à évoluer. C’est un milieu très clos, où personne n’acceptera que je vienne leur parler de financement », rapporte-t-il.
Une nomination découverte à la télévision
Contre toute attente, Sylvester Stallone a découvert sa désignation en regardant le journal télévisé, alors que Donald Trump avait publiquement annoncé son nom en janvier 2025. « J’ai sursauté : “Pardon ? Excusez-moi ? Vraiment ?” », se souvient l’acteur.
Un an et demi après cette annonce surprise, l’interprète de Rambo maintient ses réserves sur l’utilité réelle de ce rôle. « Hollywood fonctionne un peu comme un État féodal. Chacun a son royaume, et personne ne vient dire aux directions de six gros studios comment faire les choses », estime-t-il.
Une admiration intacte pour Donald Trump
Si Sylvester Stallone a expliqué son refus de cette nomination, il n’a pas pour autant changé de bord politique. Il réaffirme dans cet entretien toute l’admiration qu’il éprouve pour le président américain. « Je suis bouche bée. Personne au monde n’aurait pu faire ce qu’il a réussi à faire », déclare la star.
Il a d’ailleurs accepté de recevoir des mains de Donald Trump la médaille d’honneur du Kennedy Center en novembre 2025, un signe de proximité qui tranche avec sa mise en retrait du rôle d’ambassadeur.
Trois ambassadeurs pour redorer Hollywood
En janvier 2025, Donald Trump avait annoncé sur son réseau social Truth la nomination de trois ambassadeurs de poids à Hollywood, avec l’ambition affichée que l’industrie du cinéma retrouve « son âge d’or ». « J’ai l’honneur d’annoncer que Jon Voight, Mel Gibson et Sylvester Stallone seront des ambassadeurs particuliers dans cet endroit majeur, mais très agité, qu’est Hollywood, en Californie », écrivait le président deux jours avant son retour à la Maison Blanche.
Ces émissaires devaient, selon lui, « refaire de Hollywood — qui a perdu beaucoup en quatre ans au profit de pays étrangers — un endroit PLUS GRAND, MEILLEUR ET PLUS FORT QU’IL NE L’A JAMAIS ÉTÉ ». Le choix de ces trois figures n’était pas anodin : multirécompensés par l’industrie du cinéma, ils cumulent à eux seuls dix nominations aux Oscars et trois statuettes. Tous trois sont également des soutiens de longue date du milliardaire.
- Jon Voight, 87 ans, avait été décoré de la médaille nationale des Arts lors du premier mandat de Donald Trump.
- Mel Gibson, 71 ans, est un ultraconservateur assumé depuis des décennies.
- Sylvester Stallone avait inauguré un gala du président dans son fief de Mar-a-Lago, en Floride.
Jon Voight, seul ambassadeur réellement actif
Si Sylvester Stallone n’a jamais assumé ce rôle, et que Mel Gibson ne l’a pas davantage investi, Jon Voight l’a en revanche pleinement adopté. Depuis dix-huit mois, il guide l’administration Trump sur les questions de financement et de droits de douane. Dans une récente interview accordée au Hollywood Reporter, le comédien et père d’Angelina Jolie explique avoir largement contribué à la décision de Donald Trump de subventionner Hollywood, en validant la mise en place d’un système de crédits fiscaux pour l’industrie cinématographique début septembre.
« Ils sont très occupés, Sly a sa série et Mel a son film Résurrection sur le Christ. Ils sont vraiment très occupés », a-t-il avancé au sujet de ses deux co-ambassadeurs, manière élégante de justifier leur absence sur le terrain.
Un rôle resté largement symbolique
L’épisode illustre l’écart entre l’annonce politique et sa mise en œuvre concrète. Nommé à grand renfort de communication, Sylvester Stallone n’a jamais endossé la fonction, préférant se concentrer sur ses projets personnels. Le rôle d’ambassadeur de Trump à Hollywood, présenté comme un levier de reconquête de l’industrie cinématographique américaine, demeure donc, pour l’essentiel, symbolique. Seul Jon Voight en a fait un véritable mandat, tandis que deux des trois émissaires annoncés brillent par leur distance avec la mission qui leur avait été assignée.


Laisser un commentaire