La mégafusée Starship d’Elon Musk a atteint l’orbite terrestre ce lundi 28 septembre 2026 lors d’un vol test, un succès déterminant pour le développement de ce gigantesque lanceur conçu pour envoyer des datacenters dans l’espace et effectuer des voyages vers la Lune et Mars.
Environ 25 minutes après son décollage matinal depuis le Texas, la fusée la plus grande et la plus puissante jamais construite a commencé à orbiter autour de la Terre et à déployer des satellites opérationnels pour la première fois.
Un déploiement de satellites inédit
Accompagnées des applaudissements nourris des ingénieurs, ces étapes constituent une véritable avancée pour l’entreprise américaine SpaceX, qui a réalisé en juin une entrée en Bourse retentissante.
Prévu pour durer environ dix heures, ce test a également vu l’étage supérieur de la fusée déployer 26 satellites Starlink de nouvelle génération, destinés à enrichir la constellation d’internet satellitaire déjà gigantesque de l’entreprise. Si tout se déroule comme prévu, Starship terminera ensuite sa course dans le Pacifique, après avoir effectué six fois le tour de la Terre.
Trois ans d’essais avant le franchissement décisif
Après environ dix ans de développement et trois ans de vols d’essai de la fusée dans sa configuration complète, ce 14e vol test constituait la première tentative d’atteinte de l’orbite.
Jusque-là, l’entreprise avait volontairement suivi des trajectoires suborbitales, plus sûres et moins exigeantes, afin d’évaluer la fusée et d’y apporter des modifications au fil des succès et des échecs. « Nous n’irons en orbite que si tout semble en ordre sur tous les plans », avait prévenu juste avant le décollage Jake Berkowitz, un ingénieur de SpaceX.
La décision des équipes de pousser le test jusqu’au vol orbital s’est d’ailleurs avérée plus complexe que prévu, l’un des moteurs de l’étage supérieur de la fusée, le vaisseau, s’étant prématurément arrêté dans la montée.
De précédents tests de Starship, tous conduits sur des trajectoires suborbitales, s’étaient soldés par de spectaculaires explosions, notamment au-dessus des Caraïbes. Atteindre l’orbite est particulièrement difficile, car cette étape requiert une force et une résistance exceptionnelles.
L’entrée dans une nouvelle phase de test
Ce vol d’essai marque l’entrée de Starship dans une nouvelle phase de test, qui devrait notamment comporter des tentatives de ravitaillement en carburant en orbite.
Autant de défis techniques qui restent à relever avant que la mégafusée, qu’Elon Musk souhaite rendre totalement réutilisable, ne puisse mener des vols commerciaux, déployer des datacenters en orbite ou encore rejoindre la Lune ou la planète rouge.
D’un point de vue d’ingénierie, rien qu’un décollage sans encombre lundi aurait constitué « une réussite », avait indiqué Kathleen Curlee, analyste spatiale à l’université Georgetown, en amont du lancement. Mais pour le public et les nouveaux investisseurs de SpaceX, les attentes sont toutes autres.
Qu’il soit couronné ou non de succès, ce quatorzième vol test sera suivi la même semaine par trois autres lancements de fusées de SpaceX, dont une qui transportera un équipage d’astronautes vers la Station spatiale internationale (ISS).
Ce qu’il faut retenir
L’atteinte de l’orbite par Starship représente une étape charnière dans le programme spatial de SpaceX. Après trois ans de vols d’essai sur des trajectoires suborbitales, la mégafusée franchit un cap technique décisif qui la rapproche de ses objectifs ambitieux : vols commerciaux, déploiement d’infrastructures en orbite et missions habitées vers la Lune et Mars. Le chemin reste toutefois long, avec de nombreux défis techniques à surmonter avant que la fusée ne soit pleinement opérationnelle.


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