La victoire du Paris Saint-Germain face au Mans (3-1), samedi en Ligue 1, n’a pas été la seule animation de la soirée au Parc des Princes. Très actif, le Collectif Ultras Paris a multiplié les banderoles, entre avenir du stade, chambrage et soutien au mouvement lycéen, jusqu’à quitter momentanément le Virage Auteuil après le retrait de l’un de ses messages.
Sur le terrain, le club de la capitale a assuré l’essentiel pour son retour à la compétition après trois semaines de trêve. En tribunes, le CUP avait visiblement mis à profit cette pause pour préparer plusieurs messages, dont certains concernaient directement l’actualité du club et d’autres beaucoup moins. Au milieu de la première période, un désaccord avec la sécurité du Parc a brutalement changé l’ambiance de la rencontre.
Du Parc des Princes aux lycéens, Auteuil déroule ses messages
Avant même le coup d’envoi, les ultras ont rappelé leur position sur l’un des dossiers brûlants du PSG. Une banderole « Le PSG, c’est au Parc » a été déployée alors que le club étudie toujours plusieurs pistes pour son futur stade, notamment à Poissy et Massy. Le CUP n’a pas changé d’avis et souhaite rester dans l’enceinte historique de la Porte de Saint-Cloud.
Le football a ensuite repris ses droits avec un échange plus léger face aux visiteurs. En réponse à un tifo manceau représentant un serpent autour de la Tour Eiffel, Auteuil a répliqué avec un chambrage resté dans les annales : « Comme votre serpent, vous rampez toujours au pied de Paris. »
Une banderole de soutien aux lycéens retirée par les stadiers
Le ton a radicalement changé quelques minutes plus tard. En soutien aux lycéens mobilisés ces dernières semaines, le CUP a déployé une longue banderole portant le message : « Vos milices répriment, notre jeunesse résiste ». Un texte directement lié aux tensions ayant accompagné plusieurs manifestations et blocages d’établissements scolaires.
Mais celui-ci n’est resté visible que quelques instants. Les stadiers sont rapidement intervenus pour le faire retirer, conformément au règlement intérieur du Parc des Princes qui interdit notamment les messages à caractère politique. Cette décision a immédiatement provoqué la colère des supporters.
Le virage se vide, puis revendique sa liberté
La réponse des ultras ne s’est pas fait attendre. Aux alentours de la 35e minute, une grande partie du Virage Auteuil a quitté les gradins pour rejoindre les coursives en signe de protestation, laissant soudainement un grand vide derrière le but parisien. Les supporters situés côté Boulogne ont également participé au mouvement par solidarité, plongeant le Parc des Princes dans une ambiance inhabituelle jusqu’à la pause.
Auteuil a finalement retrouvé sa place pour la seconde période, mais pas son silence revendicatif. Dès les premières minutes du second acte, un chant « Liberté pour les ultras » est descendu de la tribune, dans le prolongement direct de l’incident. Un message clair adressé à la direction du club et aux autorités.
Une soirée chargée en messages pour le CUP
Entre défense du Parc des Princes, chambrage avec Le Mans et prise de position sur l’actualité sociale, le Collectif Ultras Paris aura donc utilisé PSG-Le Mans pour parler de football, mais pas seulement. Cette soirée illustre une nouvelle fois la volonté des ultras parisiens de s’exprimer sur des sujets dépassant le cadre strict du terrain.
Le retrait de la banderole politique et la réaction immédiate du virage posent également la question récurrente de la place des messages à caractère social ou politique dans les enceintes sportives françaises. Le règlement intérieur du Parc des Princes, comme celui de la plupart des stades de Ligue 1, prohibe ce type d’affichage, ce qui place régulièrement les groupes de supporters en conflit avec les autorités du football.
Cette soirée rappelle que le Parc des Princes reste un lieu où le sport et les débats de société continuent de se croiser, parfois de manière frontale. Pour le CUP, l’essentiel était ailleurs : faire entendre sa voix, sur le terrain comme en tribune.


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