Le pape Léon XIV a quitté la France lundi 28 septembre au soir, après une ultime journée passée à Metz (Moselle), marquée par un discours politique fort sur l’Europe, une rencontre interreligieuse inédite et une dernière messe célébrée dans la cathédrale de la ville. Le souverain pontife américain a décollé de l’aéroport de Metz-Nancy-Lorraine vers 19h30, en direction de Rome, mettant fin à une visite de quatre jours en France.
Une journée éminemment politique en Lorraine
Pour son dernier jour en France, Léon XIV s’est rendu en Lorraine, où il a enchaîné les temps forts. La matinée a débuté par une rencontre interreligieuse au centre des congrès Robert-Schuman de Metz, en présence des responsables des principaux cultes en France : le cardinal Jean-Marc Aveline pour les catholiques, le pasteur Christian Krieger pour les protestants, le grand rabbin Haïm Korsia pour la communauté juive, le recteur de la Grande Mosquée de Paris Chems-Eddine Hafiz pour les musulmans, le métropolite de France Dimitrios Ploumis pour les orthodoxes et Antony Boussemart pour les bouddhistes. Une déclaration commune a été signée à l’issue de cet échange.
Le pape a ensuite prononcé un discours sur l’Europe et la paix, en présence de plusieurs chefs d’État, dont Emmanuel Macron. Devant un parterre de responsables politiques, Léon XIV a déploré le retour de la guerre sur le sol européen et appelé les dirigeants à « faire preuve de courage dans la négociation ». Il a également exhorté l’Europe à combattre « le mensonge et la tromperie » dans les relations internationales.
Emmanuel Macron appelle à retrouver le « courage des fondateurs »
Prenant la parole lors de cette même rencontre consacrée à la construction européenne et à la paix, le président de la République a lancé un appel solennel. Emmanuel Macron a invité l’Europe à retrouver le « courage de ses pères fondateurs » et à ne pas céder au « repli » ni au « retour des nationalismes ». Un discours qui résonne comme un écho aux préoccupations exprimées par le souverain pontife tout au long de son séjour.
À l’issue de cette séquence, le pape a été salué par une longue ovation, signe de l’importance accordée à ce moment de dialogue entre les autorités religieuses et politiques.
Une messe dans la cathédrale de Metz et un hommage à Chagall
En début d’après-midi, Léon XIV a déambulé dans les rues de Metz à bord de sa papamobile, salué par une foule nombreuse. Selon le Vatican, 35 000 fidèles étaient rassemblés dans la cathédrale et à ses abords, tandis que plus de 60 000 personnes au total étaient attendues dans la ville mosellane, beaucoup venant des pays voisins.
À 16 heures, le pape a célébré sa dernière messe en France dans la cathédrale de Metz, qu’il a lui-même qualifiée de « magnifique ». Au cours de l’office, il a rendu un hommage appuyé aux vitraux signés du « génie » Marc Chagall. « Les œuvres de ce grand peintre juif, enchâssées dans les murs de la cathédrale, transforment la lanterne du bon Dieu en un symbole œcuménique et de dialogue interreligieux extraordinaire », a-t-il déclaré, dans une allusion directe à la dimension interconfessionnelle de sa visite.
Emmanuel Macron a finalement assisté à cette ultime messe, avant de raccompagner le pape à son avion vers 19 heures, lors de la cérémonie officielle de départ, appelée « congedo ». Le président de la République et son épouse Brigitte Macron ont accompagné le souverain pontife sur le tarmac de l’aéroport.
Un message de gratitude présidentiel
Après le départ du pape, Emmanuel Macron a tenu à remercier le souverain pontife dans un message publié sur le réseau social X. « Vous n’avez pas seulement parcouru la France : vous êtes allé à sa rencontre », a écrit le chef de l’État. « La France vous salue avec gratitude et gardera longtemps en elle l’écho de votre passage, cette espérance que vous êtes venu partager », a-t-il ajouté.
Cette visite de quatre jours aura été marquée par une forte dimension politique et spirituelle, entre appels à la paix, dialogue interreligieux et rencontres avec les fidèles. Le pape Léon XIV, premier souverain pontife américain, aura ainsi laissé une empreinte profonde sur son passage en France, concluant son voyage apostolique par un message d’unité et d’espérance à Metz.
Une visite placée sous le signe du dialogue
De l’interreligiousité à la célébration eucharistique, en passant par les échanges avec les autorités politiques, cette dernière journée en France a résumé les ambitions de ce voyage apostolique. En choisissant Metz, ville frontalière au cœur de l’Europe, le pape a voulu adresser un message symbolique fort : celui d’une Europe appelée à dépasser ses divisions et à renouer avec ses valeurs fondatrices de paix et de solidarité.
Le souverain pontife a quitté le sol français avec, en toile de fond, les défis qui traversent le continent : guerres, montée des nationalismes et tentations de repli. Son appel à « faire preuve de courage dans la négociation » et à combattre « le mensonge et la tromperie » dans les relations internationales résonnera sans doute encore longtemps dans les chancelleries européennes.
En définitive, cette visite de Léon XIV en France restera comme un moment d’intense dialogue entre les religions, les peuples et les responsables politiques. Entre l’émotion des fidèles rassemblés à Metz et la portée politique des discours prononcés, le pape a su conjuguer spiritualité et engagement pour la paix, laissant derrière lui un message d’espérance que le président Macron a tenu à saluer avec gratitude au nom de la France.




