Des élèves ont été confinés à l’intérieur du lycée Vauquelin, dans le 13e arrondissement de Paris, pendant près de deux heures, lundi 5 octobre 2026 au matin, après des tirs de mortiers et des départs de feu devant l’établissement. Selon les premiers éléments recueillis sur place, aucun blessé n’est à déplorer. Les faits se sont produits en marge de la mobilisation nationale des lycéens contre les réformes éducatives.
Une attaque coordonnée aux abords de l’établissement
Il était un peu moins de 8 heures lorsque les premiers incidents ont éclaté. Alors que les élèves franchissaient les portes du lycée pour rejoindre leurs salles de classe, des tirs de mortiers ont retenti aux abords immédiats de l’établissement. Des départs de feu ont rapidement suivi devant la porte métallique de l’entrée principale.
Face à la gravité de la situation, la direction a immédiatement ordonné le confinement de tous les élèves à l’intérieur des bâtiments. Une décision qui a permis de mettre une centaine de jeunes à l’abri, alors que les violences se poursuivaient à l’extérieur.
Peu après le premier assaut, une deuxième puis une troisième vague de tirs ont été entendues, selon un journaliste de franceinfo présent sur les lieux. Cette fois, des objets lourds ont été projetés contre les vitres de l’établissement, qui ont été « complètement fêlées ». Le bilan matériel est visible dès les abords du lycée : plusieurs vélos en libre-service à moitié calcinés, un canapé brûlé et des poubelles fondues jonchent le trottoir devant l’entrée.
Des individus cagoulés qui ne seraient pas des élèves
Selon les premiers éléments communiqués par la proviseure de l’établissement, Carole Zerbib, plusieurs jeunes cagoulés ont attaqué le lycée. Un point essentiel : ces individus ne seraient pas des élèves de l’établissement, une affirmation corroborée par plusieurs témoignages d’élèves recueillis sur place.
« Cela fait 20 ans que je suis cheffe d’établissement, j’ai vécu des épisodes de violences, des mouvements lycéens, mais là on a l’impression que tous les verrous ont sauté », a déclaré Carole Zerbib, également membre du SNPDEN, le syndicat des proviseurs. « On a vu les provocations des jeunes en direction des forces de l’ordre, cette défiance vis-à-vis de l’institution et des représentants de l’État qui est quand même très forte. À ce point-là, je ne l’avais jamais vécu. »
La proviseure a précisé avoir assisté à la scène depuis l’intérieur de l’établissement, où elle avait la responsabilité d’une centaine d’élèves. Un appel à bloquer le lycée Vauquelin avait été lancé en amont, constituant le premier mouvement de ce type dans cet établissement depuis le début de la mobilisation lycéenne.
Une évacuation sous escorte policière
Les élèves sont restés confinés jusqu’à l’arrivée des forces de l’ordre et des pompiers. Vers 10 heures, la situation a pu être maîtrisée, permettant l’évacuation des lieux et le retour des jeunes chez eux. Les opérations de sécurisation ont mobilisé policiers et sapeurs-pompiers, qui ont également éteint les incendies déclarés aux abords du bâtiment.
Cet épisode s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes autour des blocages de lycées à travers la France. Selon le ministère de l’Éducation nationale, 413 établissements « ont fait ou font l’objet d’actions ou de perturbations » sur l’ensemble du territoire. Les incidents du lycée Vauquelin illustrent une escalade préoccupante, où des individus extérieurs au milieu scolaire s’invitent dans un mouvement initialement porté par des revendications lycéennes.
Un climat de défiance inédit
Pour les autorités et le personnel encadrant, la participation d’éléments extérieurs cagoulés constitue un facteur aggravant. La proviseure du lycée Vauquelin a insisté sur le caractère inédit de la situation : « On a vu les provocations des jeunes en direction des forces de l’ordre, cette défiance vis-à-vis de l’institution et des représentants de l’État qui est quand même très forte. À ce point-là, je ne l’avais jamais vécu. »
Si aucun blessé n’est à signaler, le retentissement psychologique sur les élèves et le personnel demeure important. Des témoignages d’élèves confirment que les assaillants n’appartenaient pas à l’établissement, renforçant l’hypothèse d’une intrusion organisée de personnes extérieures venue profiter de la mobilisation pour semer le trouble.
Les autorités n’ont pas encore communiqué d’informations sur d’éventuelles interpellations. L’enquête devra déterminer l’origine exacte des tirs et identifier les responsables de ces violences qui ont semé la panique aux abords d’un établissement scolaire en plein cœur de Paris.
Ce qu’il faut retenir
Le lycée Vauquelin, situé dans le 13e arrondissement de Paris, a été le théâtre d’une attaque aux mortiers et d’incendies lundi 5 octobre au matin. Une centaine d’élèves ont été confinés pendant deux heures avant d’être évacués vers 10 heures. Aucun blessé n’est à déplorer. Les individus cagoulés à l’origine des violences ne seraient pas des élèves de l’établissement, selon la proviseure et plusieurs témoignages concordants. Cet épisode intervient alors que 413 établissements sont perturbés dans toute la France par le mouvement de blocage des lycées, un contexte de tension qui inquiète profondément le personnel éducatif.




