Incendie du lycée Nelson Mandela à Nantes : « On était tous en train de pleurer »

Nantes school fire: boarders recall their terror

L’image a fait le tour des médias : la verrière du lycée Nelson Mandela, sur l’île de Nantes, entièrement enflammée jusqu’au toit de l’établissement. Le feu s’est déclaré pendant un blocus, jeudi 1er octobre au matin, et le rectorat parle d’un « incendie volontaire ». L’établissement devra rester fermé au moins un mois, jusqu’à la fin des vacances de la Toussaint. Quelque 1 700 élèves se retrouvent à faire cours à la maison, tandis que des internes présents à l’intérieur au moment du départ des flammes ont dû rentrer chez eux en urgence, encore sous le choc.

« On voyait les flammes et les pompiers en haut »

Devant la verrière brûlée de son lycée, barrée d’un ruban de police, Neyla contemple les dégâts. « J’étais dans cette salle à 8h, celle qui a brûlé, raconte-t-elle. On nous a fait évacuer rapidement. On voyait les flammes et les pompiers en haut. On était juste tous en train de pleurer », dit-elle en montrant du doigt le premier étage. La lycéenne se montre catégorique sur les responsabilités : les responsables sont « tout sauf nous. C’est des gens qui sont venus et qui se sont dit qu’ils allaient tout casser », regrette-t-elle.

Les internes ont été rassemblés au conservatoire, juste à côté de l’établissement, pour attendre des nouvelles sur leur téléphone. « Je suis en train de lire justement. Ils disent que le lycée ne devrait pas rouvrir d’ici les vacances de la Toussaint », apprend Neyla.

Gabin, 16 ans, n’a que son t-shirt sur le dos. « En fait, j’ai rien. Je suis sorti comme ça. J’espère qu’on va pouvoir récupérer au plus vite nos affaires », souhaite-t-il. Le jeune homme fait du handball en sport-études, comme le fils de Mathieu. Ce père de famille arrive en catastrophe du Mans. Il a quitté son travail pour ramener plusieurs enfants chez eux dans la Sarthe.

« Faire du hand à distance, c’est pas possible »

« C’est catastrophique pour les enfants qui font du hand. L’école à distance, je pense que ça peut se gérer. Mais là, faire du hand à distance, c’est pas possible », rappelle-t-il. Et d’ajouter : « Le groupe de personnes qui a fait ça, je pense qu’ils ne se rendent pas compte des conséquences pour tout le monde. »

Les expertises devront déterminer si la structure du lycée a été touchée. Le bâtiment a été construit il y a à peine douze ans et avait coûté 64 millions d’euros.

Onze lycées restés portes closes

Vendredi, onze lycées sont restés fermés, soit la quasi-totalité des établissements publics de la métropole nantaise. Au-delà de l’incendie spectaculaire de Nelson Mandela, plusieurs autres lycées ont subi des dégradations. À chaque fois, ou presque, c’est l’œuvre de petits groupes masqués, capuches sur la tête et mortiers d’artifice à la main.

Jeudi soir, le recteur d’académie, Raphaël Müller, a fini par se résigner à laisser les établissements fermés, pour la sécurité des élèves. « Je condamne absolument ces dégradations dans ce lycée et dans d’autres lycées. Je condamne absolument les violences. On est face à des phénomènes de casseurs, de violences débridées. Aujourd’hui, on en est à s’inquiéter pour la sécurité des lycéens. Je me tourne vers les familles pour les inviter à la vigilance, dire à leurs enfants de ne pas se mettre en danger », a-t-il déclaré.

Le recteur a indiqué ignorer comment allait se dérouler la journée de vendredi. Des appels à se rassembler circulent sur les réseaux sociaux. La police doit patrouiller autour des établissements, et même les tramways et les bus de Nantes seront déviés en prévision d’éventuels blocages.

Ce qu’il faut retenir

L’incendie du lycée Nelson Mandela, survenu en marge d’un blocus à Nantes, a contraint l’établissement à fermer ses portes pour au moins un mois, jusqu’à la fin des vacances de la Toussaint. Si tous les élèves ont pu être évacués, les internes présents sur place gardent un souvenir marquant de cette matinée, entre larmes, perte de leurs affaires et inquiétude pour la suite de leur scolarité et de leurs activités sportives. Alors que onze lycées de la métropole nantaise sont restés fermés vendredi, la question de la sécurité des élèves et des personnels s’impose désormais comme la priorité affichée par les autorités académiques.

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