Un avion de chasse Mirage 2000D de l’armée de l’Air et de l’Espace s’est écrasé dans la soirée du mardi 20 octobre près de Nancy, au cours d’un vol d’entraînement, causant la mort d’au moins un membre de l’équipage, a annoncé l’armée de l’Air et de l’Espace, confirmant une information du média Ici Lorraine. Les recherches se poursuivaient dans la nuit pour retrouver le second occupant de l’appareil.
Un accident survenu en pleine nuit dans des conditions météorologiques difficiles
L’appareil, basé sur la base aérienne 133 de Nancy-Ochey, s’est écrasé aux alentours de 22h40 à proximité de Rogéville, selon l’armée de l’Air et de l’Espace. Selon le président de la communauté de communes de Pont-à-Mousson, Henry Lemoine, l’accident a eu lieu dans le triangle formé par les communes de Rogéville, Domevre et Tremblecourt.
« Les débris ont été repérés par un drone, mais il n’est pas possible d’en dire davantage à cette heure, les secours étant sur place et l’enquête ne faisant que commencer », a-t-il précisé sur son compte Facebook, ajoutant que « d’importants moyens de gendarmerie et de pompiers ont été mobilisés ».
Lors d’une conférence de presse, le préfet de Meurthe-et-Moselle, Yves Séguy, a indiqué que les autorités avaient déclenché « toutes les opérations de secours » possibles dans « des conditions météorologiques difficiles ». « On ne pouvait pas demander et obtenir le survol de la zone par un hélicoptère : nuit, brouillard, temps extrêmement mauvais », a-t-il expliqué, précisant que les recherches pour retrouver le deuxième membre d’équipage se faisaient avec « des acteurs à pied, accompagnés de drones ».
Un pilote en instruction et un officier expérimenté à bord
À bord de l’appareil se trouvaient un « jeune pilote en instruction » et un officier systèmes d’armes, « particulièrement expérimenté avec de nombreuses heures de vol », a précisé le colonel David Pappalardo, porte-parole de l’armée de l’Air et de l’Espace, sur Franceinfo.
Au cours de la même conférence de presse, le colonel Ludovic Humbert, commandant de la base aérienne 133 Nancy-Ochey, a indiqué que le Mirage 2000D qui s’est écrasé avait été « rénové récemment ». Selon lui, l’appareil n’avait « pas de problème de fiabilité » et avait été « remis au goût du jour ».
Un avion de combat engagé sur de nombreux théâtres d’opérations
Le Mirage 2000D est un avion de combat biplace d’attaque au sol entré en service en 1993. Il a été engagé dans la plupart des conflits auxquels la France a participé depuis, notamment au Kosovo en 1999, en Libye en 2011, en Afghanistan, en Irak et en Syrie ou encore au Sahel.
Sa carrière a été ponctuée de plusieurs accidents. En janvier 2019, un appareil s’était écrasé dans le Jura au cours d’un vol de nuit à basse altitude, tuant le pilote et son navigateur. En juillet 2021, lors d’un autre accident survenu dans la région de Nancy, l’équipage était parvenu à s’éjecter.
D’autres accidents ont marqué ces dernières années l’armée de l’Air et de l’Espace. Le 15 août 2024, deux avions de combat Rafale étaient entrés en collision lors d’un vol d’entraînement dans le ciel de Lorraine, faisant deux morts parmi l’un des équipages. En mars 2025, deux Alphajet de la patrouille de France s’étaient également percutés près de la base aérienne de Saint-Dizier (Haute-Marne), les équipages parvenant à s’éjecter.
Une rénovation à mi-vie pour voler jusqu’aux années 2030
Afin de rester en service jusqu’aux années 2030, le modèle 2000D a bénéficié d’une rénovation dite à « mi-vie », dont le cinquantième et dernier exemplaire a été livré à l’armée de l’Air et de l’Espace en juin dernier. Cette modernisation visait notamment à mettre à niveau les systèmes d’armes et l’électronique embarquée de l’appareil.
L’accident survenu mardi soir relance les questions sur la sécurité des vols d’entraînement de nuit, alors que l’enquête ne fait que commencer pour déterminer les causes exactes du drame. Les autorités n’ont pas encore communiqué l’identité des victimes.
Ce qu’il faut retenir
Un Mirage 2000D de la base aérienne 133 de Nancy-Ochey s’est écrasé dans la nuit du mardi 20 octobre près de Rogéville, lors d’un vol d’entraînement, faisant au moins un mort. Les recherches se poursuivaient pour retrouver le second membre d’équipage, un officier systèmes d’armes expérimenté, dans des conditions météorologiques rendant impossible le survol de la zone par hélicoptère. L’appareil, récemment rénové et sans problème de fiabilité connu selon l’armée, participait à un exercice de routine. Cet accident s’ajoute à une série de drames aériens survenus ces dernières années au sein de l’armée de l’Air et de l’Espace, alors que l’enquête débute à peine pour établir les circonstances exactes du crash.




