Violences du 17 octobre : Marine Le Pen accuse le gouvernement d’avoir « perdu la maîtrise de tout »

Le Pen Accuses Government of Losing Control After Violence

« Nous sommes confrontés à un État qui s’effondre. » La cheffe du Rassemblement national et candidate à l’élection présidentielle Marine Le Pen a vivement attaqué l’exécutif sur franceinfo, mercredi 21 octobre, au lendemain d’un week-end de violences en marge des manifestations du 17 octobre. « Le gouvernement a perdu la maîtrise de tout », a-t-elle lancé, jugeant la situation « prévisible » : « cela fait plusieurs années que l’on voit des casseurs d’ultragauche et des pilleurs de banlieue », a-t-elle ajouté.

Ces déclarations interviennent alors que l’exécutif, déterminé d’abord à rétablir l’ordre, cherche toujours une issue à la crise. Le Premier ministre Sébastien Lecornu reçoit ce mercredi les organisations syndicales pour évoquer la sécurisation des cortèges et les réponses à apporter aux lycéens — ces derniers n’ayant toutefois pas été conviés à la réunion.

Un mouvement étudiant qui s’étend

La contestation ne faiblit pas. Près de « 90 % des universités sont touchées » par le mouvement étudiant, a affirmé mercredi sur France Inter Hélène Boulanger, vice-présidente de France Universités et présidente de l’université de Lorraine. Certains établissements subissent « des blocages », tandis que d’autres sont fermés préventivement par l’administration.

La mobilisation pourrait encore s’amplifier ce week-end. La coordination des gilets jaunes a annoncé avoir déposé une déclaration pour manifester à Paris samedi. « Je viens d’envoyer avec quelques collègues une déclaration en préfecture pour un parcours qui part de Bastille et qui va à Opéra. La CGT Paris annonce qu’ils vont aller à Bastille, l’Union étudiante également », a précisé Benjamin Ball, éditeur du site cartographiant les actions prévues, sur France 2.

Les couvre-feux reconduits dans plusieurs villes

Pour prévenir de nouveaux débordements, les autorités multiplient les restrictions. Marseille a instauré une interdiction de circuler pour les mineurs dans une partie du centre-ville et plusieurs zones commerciales à partir de 22 heures. Le dispositif est maintenu dans les villes qui l’avaient mis en place pour la nuit de lundi à mardi, comme Paris et Lyon. À Toulouse, un couvre-feu nocturne est prévu de jeudi à dimanche autour du Capitole et des rues commerçantes du centre-ville.

Marine Le Pen doute toutefois de l’efficacité de ces mesures : « Je ne suis pas du tout sûre que le couvre-feu soit à l’origine de cette accalmie », a-t-elle estimé. Elle s’en est également prise à la CGT, dont la secrétaire générale Sophie Binet doit participer à un contre-rassemblement lors du congrès du RN à Orléans samedi : « On ne va pas arrêter de respirer parce que des gauchistes ont décidé de foutre à terre notre démocratie ! »

« On ne répond pas à une mobilisation sociale par de la répression »

De son côté, Sophie Binet a appelé le gouvernement à changer d’approche. « On ne répond pas à une mobilisation sociale par de la répression, on répond à une mobilisation sociale par des réponses politiques aux revendications », a déclaré la secrétaire générale de la CGT à son arrivée à Matignon, où les syndicats étaient reçus. « La situation est extrêmement grave dans le pays », a-t-elle alerté, disant être présente pour « faire entendre les revendications » des retraités et des fonctionnaires.

L’ancien président François Hollande a lui aussi critiqué la gestion de la crise sur France Inter, décrivant une « crise d’autorité » et « un président de la République absent ». Il a pointé « un gouvernement faible » et « un manque d’expérience par rapport à ce qu’est une grande manifestation ». Il a néanmoins appelé à ne pas « faire une fixation » sur le rôle de La France insoumise, tout en reprochant au parti de n’avoir pas « dénoncé clairement la violence ».

Le ministre du Commerce, Serge Papin, a pour sa part assuré que les commerçants « peuvent avoir confiance dans le rétablissement de l’ordre » pour la nouvelle journée de mobilisation de samedi. Plusieurs rencontres sportives ont d’ores et déjà été reportées à la demande des préfectures, dont le match de Ligue 1 entre Toulouse et Troyes, initialement prévu samedi et décalé à dimanche.

Ce qu’il faut retenir

À trois jours d’une nouvelle journée de mobilisation, l’exécutif tente de reprendre la main en recevant les syndicats et en maintenant les couvre-feux locaux, sans convaincre l’opposition. Marine Le Pen dénonce un État « qui s’effondre » et un gouvernement ayant « perdu la maîtrise de tout », tandis que la CGT réclame des « réponses politiques » plutôt que de la répression. Entre contestation étudiante, appel à manifester des gilets jaunes et tensions politiques, la crise ouverte par les violences du 17 octobre est loin d’être refermée.

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