La victoire de Luiz Inácio Lula da Silva à l’élection présidentielle brésilienne a été accueillie avec un enthousiasme manifeste par les partis de gauche en Espagne. L’un des premiers à réagir sur les réseaux sociaux a été le Premier ministre Pedro Sánchez, qui a établi un parallèle direct entre le scrutin brésilien et les élections espagnoles à venir, prévues le 29 novembre.
« Ce qui s’est passé au Brésil se passera en Espagne. Le renouveau du progressisme mondial vient de commencer », a écrit Pedro Sánchez sur le réseau social X, célébrant la victoire de Lula da Silva face au candidat de droite Flavio Bolsonaro. Cette déclaration, lourde de sens à quelques semaines d’un scrutin national, traduit l’espoir suscité au sein de la gauche espagnole par le résultat de l’élection brésilienne.
Un enthousiasme partagé au sein du gouvernement
Plusieurs ministres du gouvernement espagnol ont exprimé des sentiments similaires. Le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a félicité Lula lors d’une interview accordée à l’émission Las Mañanas de RNE. « Félicitations pour une victoire brillante. Ce que cette élection démontre, c’est que le seul sondage qui compte est celui du jour des élections. C’est vrai pour le Brésil et pour l’Espagne », a-t-il souligné, rappelant que les pronostics peuvent être démentis dans les urnes.
Le ministre des Transports, Óscar Puente, voit dans la victoire brésilienne « un souffle d’espoir et un signal que le cycle commence à changer ». Il espère qu’à partir du 29 novembre, l’Espagne suivra le même chemin. Le ministre de la Politique territoriale et de la Mémoire démocratique, Ángel Víctor Torres, fait lui aussi référence à un « renouveau » de la gauche en Espagne. « Je le ressens, je le remarque, je le sens dans les rues, dans la façon dont les gens s’approchent de nous et nous encouragent », a-t-il déclaré.
Une victoire « contre toute la machinerie réactionnaire »
La deuxième vice-présidente et ministre du Travail, Yolanda Díaz, a également félicité Lula da Silva. « Il l’a encore fait. Contre vents et marées et contre toute la machinerie réactionnaire, Lula remporte la présidence du Brésil. C’est une victoire pour les travailleurs du Brésil et du monde entier », s’est-elle réjouie. Le ministre des Droits sociaux, Pablo Bustinduy, a salué la victoire de Lula comme « un exemple pour le monde ». « Un peuple conscient et organisé sait comment vaincre les adversaires les plus puissants, les oligarques et l’extrême droite qui leur sert de prête-nom », a-t-il souligné.
La candidate aux élections Irene Montero, issue du parti de gauche Podemos, a ajouté que Lula avait gagné « contre les propriétaires du monde ». Ces réactions témoignent de la volonté de la gauche espagnole de capitaliser sur le succès brésilien pour mobiliser son électorat à l’approche d’un scrutin déterminant.
Un contexte politique espagnol sous tension
Cette vague de réactions intervient dans un contexte politique particulièrement tendu en Espagne, où le gouvernement de coalition dirigé par Pedro Sánchez doit faire face à une opposition de droite déterminée. Les élections du 29 novembre sont présentées par les responsables socialistes comme un moment charnière, susceptible de confirmer ou d’infirmer la dynamique progressiste à l’échelle internationale. La référence répétée au « renouveau » du progressisme mondial traduit la conviction, chez les dirigeants espagnols, que la victoire de Lula pourrait marquer le début d’un cycle favorable aux forces de gauche sur la scène internationale.
Le parallèle établi entre le Brésil et l’Espagne n’est pas anodin. Il s’inscrit dans une stratégie de communication visant à présenter le scrutin espagnol comme un enjeu dépassant les frontières nationales, dans un contexte où les forces progressistes cherchent à contrer la montée de la droite et de l’extrême droite dans de nombreux pays. Les ministres espagnols, en multipliant les déclarations enthousiastes, entendent ainsi transformer le succès de Lula en argument politique mobilisateur.
Une dynamique à confirmer dans les urnes
Reste à savoir si cet élan suffira à peser sur le résultat des élections espagnoles. Les responsables de gauche espagnols en sont convaincus : la victoire de Lula, obtenue contre un candidat de droite, constitue un signal fort pour les électeurs progressistes. Le ministre des Affaires étrangères a d’ailleurs insisté sur le fait que « le seul sondage qui compte est celui du jour des élections », une manière de rappeler que les pronostics peuvent être bouleversés par la mobilisation des électeurs.
La gauche espagnole, galvanisée par le résultat brésilien, entend bien capitaliser sur cet élan pour aborder le scrutin du 29 novembre avec confiance. Les prochaines semaines seront déterminantes pour vérifier si le « renouveau du progressisme mondial » annoncé par Pedro Sánchez se confirme également en Espagne.
En définitive, la victoire de Lula da Silva au Brésil a insufflé un nouvel élan à la gauche espagnole, qui y voit la promesse d’un cycle politique favorable. Les responsables socialistes et leurs alliés multiplient les déclarations optimistes, convaincus que le succès brésilien préfigure un résultat similaire en Espagne. Si les urnes diront si cette dynamique se concrétise, une chose est certaine : le scrutin du 29 novembre se déroulera dans un climat où l’espoir suscité par la victoire de Lula constituera un argument central du camp progressiste.




