Dans le sillage de Squeezie, Theodora ou Lena Situations, une partie du casting du film Les Misérables de Fred Cavayé, en salle le 14 octobre, a apporté son soutien aux lycéens qui dénoncent, entre autres, l’insalubrité de certains établissements scolaires, le manque de professeurs remplaçants et les failles de la plateforme Parcoursup.
La mobilisation a été violemment réprimée par les forces de l’ordre. Depuis le début du mouvement, le 21 septembre, plus de 6 800 personnes ont été interpellées, plusieurs adolescents ont été grièvement blessés et 18 enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN.
Tahar Rahim : « Je suis de tout cœur avec eux »
Tahar Rahim, qui incarne l’inspecteur Javert, a été le premier à prendre la parole. Invité de Quotidien mercredi 7 octobre, l’acteur n’a pas mâché ses mots. « Quand je vois ça, j’ai de l’espoir et je les comprends », a-t-il commencé, expliquant avoir lui aussi connu la précarité lorsqu’il était étudiant.
« Si on paie des impôts c’est pour que nos écoles aillent mieux. Et aussi, ils le font pour nos enfants, pour tout le corps éducatif, pour les profs, pour tout le monde, pour l’avenir. Donc oui, je suis de tout cœur avec eux », a-t-il ajouté.
Camille Cottin : « À trop vouloir l’ordre, on finit par créer le chaos »
Le lendemain, c’est Camille Cottin, qui prête ses traits à la Thénardier, qui a exprimé tout son soutien aux lycéens. « Avant, c’étaient souvent les profs qui étaient en grève et les directeurs ; maintenant, ce sont les enfants, comme dans le film », a-t-elle confié au micro d’Allociné. Dans le livre de Victor Hugo, Gavroche est un enfant de la rue qui rejoint les barricades et l’insurrection républicaine du 6 juin 1832.
« Je suis passée par la manifestation tout à l’heure un petit peu. Ils criaient « solidarité avec les lycées des quartiers » ; « la jeunesse emmerde le Rassemblement national ». J’étais très émue. Nous sommes de tout cœur avec eux et on espère que ça va aboutir », a-t-elle ajouté.
Vincent Lindon : « C’est très hugolien, c’est très émouvant »
Même émotion du côté de Vincent Lindon au micro de France Inter jeudi 8 octobre. L’acteur, qui interprète Jean Valjean, s’est dit très touché par le mouvement. « Je ne voudrais pas que ça soit pris comme une façon de faire de la promotion, mais il se trouve que ça tombe en ce moment. C’est très hugolien. C’est très émouvant », a-t-il admis face au journaliste Benjamin Duhamel.
« Ce sont des jeunes gens qui veulent des chaises pour s’asseoir, pour travailler mieux, des sanitaires décents, fonctionnels. Ils ont face à eux un gouvernement qui n’a pas les caisses pour s’acheter une paix sociale », a ajouté l’acteur connu pour ses rôles engagés. « Comme le dit Jean Valjean : « À trop vouloir l’ordre, on finit par créer le chaos. » »
Un mouvement qui divise
Après une semaine de violences entre lycéens, casseurs et policiers, la gestion du maintien de l’ordre est remise en cause. Le président américain Donald Trump s’est également immiscé dans la colère lycéenne française, en ayant tout faux selon plusieurs observateurs.
Cette prise de position du casting des Miserables intervient dans un contexte où de plus en plus de personnalités publiques choisissent de s’exprimer sur les mouvements sociaux qui agitent la France. Une tendance qui n’est pas sans rappeler la mobilisation lycéenne des années 1990, marquée par un « même sentiment de malaise » selon certains observateurs.
L’engagement des artistes, une tradition française
L’engagement des acteurs et artistes dans les débats sociaux n’est pas nouveau en France. De nombreux comédiens ont, par le passé, pris position sur des sujets de société, allant de la réforme des retraites aux questions environnementales.
- Tahar Rahim a évoqué sa propre expérience de la précarité étudiante
- Camille Cottin a participé à une manifestation avant de s’exprimer
- Vincent Lindon a cité Victor Hugo pour appuyer son propos
Le film Les Misérables, adaptation du célèbre roman de Victor Hugo, sort en salles le 14 octobre. Une sortie qui coïncide avec un mouvement social d’ampleur, donnant aux propos des acteurs une résonance particulière.
Cette mobilisation des lycéens, qui dénoncent des conditions d’études dégradées et un système éducatif à bout de souffle, trouve ainsi un écho inattendu dans l’œuvre de Victor Hugo, où les jeunes insurgés de 1832 se battaient déjà pour un avenir meilleur. Une coïncidence que les acteurs eux-mêmes n’ont pas manqué de souligner, rappelant que les combats pour l’éducation et la justice sociale traversent les époques.


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