Des manifestations lycéennes se sont déroulées partout en France, mardi 6 octobre 2026, notamment à Marseille et à Lyon, où les défilés se sont globalement déroulés sans incident majeur. À Marseille, ils étaient 4 800 selon la police et 30 000 selon la CGT à manifester dans les rues. Un cortège dense a descendu la Canebière avant de se diriger vers les bureaux du Directeur académique de l’Éducation nationale, des locaux très bien gardés par les CRS qui ont bloqué la rue, contraignant les manifestants à stopper leur marche.
Des conditions d’études dénoncées par les élèves
Dans la foule, Maho, élève de terminale, dénonce l’état de délabrement de son lycée. « Dans mon lycée, pendant les périodes de fortes pluies, il y a vraiment de l’eau qui sort des lampes, il y a des inondations. Le plafond s’écroule. Dans la plupart des salles de classe, on peut passer dans le plafond si on veut. Il n’y a pas assez de matériel pour tout le monde. Il n’y a pas assez de professeurs. Le nombre d’heures de trou que j’ai dans la journée, c’est atroce. Le lundi, j’ai 4 heures de trou parce que mon prof n’est jamais là, il n’est jamais remplacé. On a envie d’aller en cours, on ne peut juste pas », témoigne-t-elle.
Un constat partagé par Anna, élève de seconde au lycée Montgrand, venue accompagnée de sa maman. Elle raconte la chaleur dans les classes surchargées. « L’année dernière, j’ai passé mon brevet dans des conditions vraiment atroces. Il faisait vraiment très chaud à Marseille. Il y a des classes qui n’ont même pas de ventilateurs. C’est plutôt un vieil établissement. On a des toutes petites classes. On est 32 par classe, il n’y a presque plus de chaises. On a vraiment besoin d’argent pour ça », explique la lycéenne.
Des parents solidaires et inquiets
Sa mère trouve tout à fait « normal » d’être aux côtés de sa fille. « On est derrière les lycéens, on trouve leurs revendications tout à fait légitimes », affirme-t-elle. Mais si elle est là, c’est aussi parce qu’elle « se rend compte que la répression est de plus en plus violente ». « Donc on est là aussi pour les encadrer », souligne-t-elle. Dans le cortège, beaucoup de pancartes dénoncent la répression du mouvement lycéen et les violences policières. « Respectez nos enfants », pouvait-on lire sur un carton brandi par une autre maman, alors que la manifestation s’est déroulée sans accroc.
À Lyon, une mobilisation massive et diverse
À Lyon, plus de 20 000 manifestants ont défilé dans les rues, avec beaucoup d’étudiants, d’actifs et de retraités, sans trop de heurts, comme le confirme Violette, lycéenne. « Je craignais surtout les violences policières. Là, ça s’est plutôt bien passé. On a vu énormément de professeurs venir, de gens de l’administration, des gens de tous les métiers. Donc je suis contente de voir qu’il reste un peu de solidarité. Ça fait plaisir de voir qu’il y a énormément de monde », se réjouit-elle.
En retrait mais bien visibles, les syndicats comme la CGT étaient présents en soutien moral et logistique. Vieille habituée des manifestations, Ibrahim félicite les plus jeunes : « Les jeunes étaient super disciplinés. La police a été quand même beaucoup dans la retenue. C’est plutôt réjouissant de voir des jeunes se mobiliser pour leurs droits. » À Lyon, la préfecture fait état de onze blessés, dont neuf policiers.
Une mobilisation nationale sous tension
Cette journée de mobilisation intervient dans un contexte de tensions croissantes autour des conditions d’enseignement dans les lycées français. Les revendications portent principalement sur le manque d’enseignants et leur non-remplacement lors des absences, la vétusté des bâtiments scolaires, la surcharge des classes et le manque de matériel pédagogique. Ces problèmes affectent particulièrement les établissements des quartiers populaires et des grandes villes comme Marseille et Lyon.
La question de la répression policière a également été au cœur des préoccupations, plusieurs parents ayant tenu à encadrer les défilés pour protéger les jeunes manifestants. Des enquêtes ont par ailleurs été ouvertes concernant des incidents survenus lors de précédentes mobilisations.
La mobilisation des lycéens s’inscrit dans un mouvement plus large qui touche l’ensemble du territoire français, avec des centaines de milliers de manifestants recensés à travers le pays. Les réseaux sociaux ont joué un rôle central dans l’organisation de ces rassemblements, permettant aux élèves de coordonner les blocages et les défilés.
Une prise de conscience collective
Au-delà des revendications matérielles, cette mobilisation témoigne d’une prise de conscience collective chez les jeunes lycéens, soutenus par leurs parents et par une partie du corps enseignant. La solidarité intergénérationnelle observée dans les cortèges, notamment à Lyon, montre que la question de l’éducation dépasse le seul cadre scolaire pour devenir un enjeu sociétal majeur.
Les autorités ont pris la mesure de la situation, le président de la République ayant réuni à l’Élysée le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur et le ministre de l’Éducation nationale pour aborder la question. Les syndicats et les collectifs lycéens entendent maintenir la pression tant que des solutions concrètes ne seront pas apportées à leurs revendications.
Cette mobilisation du 6 octobre 2026 restera marquée par l’ampleur de la participation et par la détermination des lycéens à faire entendre leur voix sur des conditions d’études qu’ils jugent indignes. Entre bâtiments délabrés, pénurie d’enseignants et classes surchargées, les élèves ont clairement exprimé leur refus d’une situation qui compromet leur réussite scolaire et leur avenir.




