Grève du 29 septembre : ce qui vous attend secteur par secteur

France Braces for Nationwide Public Sector Strike

Les syndicats avaient annoncé la date depuis plusieurs semaines : le 29 septembre sera jour de mobilisation nationale. L’ambition de cette journée de grève est claire : mettre la pression sur le gouvernement à quelques jours de la présentation du budget 2027 par le gouvernement de Sébastien Lecornu, qui prévoit notamment de geler le point d’indice des fonctionnaires l’année prochaine.

« Lorsqu’on interroge les agents, tous, sans une exception, parlent de leur pouvoir d’achat, de leur salaire, d’un besoin de reconnaissance », a détaillé Luc Farré, de l’Union nationale des syndicats autonomes (Unsa), lors d’une conférence de presse commune jeudi 24 septembre.

CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP demandent de meilleures conditions de rémunération pour les agents publics après un mois de septembre marqué par une inflation liée notamment aux prix du carburant. Plus de 170 manifestations sont prévues à travers la France. Les cortèges d’Arras (Pas-de-Calais) et de Marseille (Bouches-du-Rhône) seront parmi les premiers à s’élancer mardi, dans la matinée, tandis que le cortège parisien devrait s’ébranler à partir de 14 heures. Voici à quoi s’attendre, secteur par secteur.

Dans les transports

Les transports sur les réseaux SNCF et RATP ne devraient être que ponctuellement perturbés par la grève de la fonction publique annoncée pour ce mardi, ont indiqué dimanche les deux entreprises. La CGT-RATP a déposé un préavis de grève qui doit commencer ce lundi 28 septembre à 19 heures.

À la RATP, le trafic sera « normal » sur les réseaux métro et RER franciliens, a dit à l’AFP un porte-parole de la RATP.

Côté SNCF, « le trafic des trains SNCF Voyageurs sera normal mardi 29 septembre sur les liaisons TGV, Intercités » et « quasi normal sur les TER », selon SNCF Voyageurs. Sur les Transiliens, la circulation s’annonce « normale à l’exception de quelques lignes où des perturbations sont à prévoir (RER C, RER D, RER E, lignes R, V) », ajoute le transporteur ferroviaire.

Dans les airs, la DGAC a demandé aux compagnies aériennes de réduire le nombre de vols de 5 % à Roissy et de 25 % à Marseille entre 16h et minuit. « Des perturbations sont par ailleurs à prévoir sur les aéroports de Nantes-Atlantique, Strasbourg-Entzheim, Limoges, Tarbes-Lourdes-Pyrénées et Pau-Pyrénées sur certains créneaux de la journée. Le trafic sera nominal sur les autres aéroports », précise un communiqué.

Dans les écoles

La situation devrait être un peu plus compliquée dans les établissements scolaires. Le Snuipp-FSU, premier syndicat des enseignants des écoles primaires, s’attend à 40 % de grévistes chez les professeurs des écoles.

Sur RMC, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a redit qu’« en principe, dans le premier degré, il y a un service d’accueil minimal qui est assuré par les collectivités locales ».

Quand en sera-t-il chez les plus grands ? Difficile d’anticiper le taux de mobilisation prévu dans le secondaire, les enseignants des collèges et lycées n’étant pas tenus légalement de se déclarer en grève en amont.

« Ça devrait être une journée avec plutôt une bonne dynamique », avait anticipé vendredi 25 septembre auprès de l’AFP Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat des enseignants au collège et au lycée. « On sent que, globalement, partout, la question des salaires est plutôt bien reçue », avait-elle ajouté.

L’USL, majoritaire dans le milieu lycéen, a également appelé à bloquer les établissements le même jour, souhaitant une « convergence des luttes » entre les élèves et les personnels de l’éducation. À noter que des organisations étudiantes ont aussi prévu de se mobiliser mardi dans les universités.

France Travail

Pour la première fois depuis 2018, dix organisations syndicales de France Travail, soit la quasi-totalité des syndicats, appellent elles aussi à faire grève et à manifester le 29 septembre, ont-elles annoncé jeudi 24 septembre.

Comme les autres manifestants, ils entendent demander une augmentation des salaires mais veulent également alerter sur l’impact de l’austérité sur le service public de l’emploi, alors que le chômage remonte (8,3 % de la population active au 2e trimestre 2026).

« Depuis la création de France Travail, les personnels subissent une succession de réorganisations (…) qui réduisent nos missions et dégradent chaque jour davantage nos conditions d’exercice », tandis que « les usagers subissent une pression croissante », notamment via le contrôle de recherche d’emploi, dénoncent les organisations dans un communiqué.

Autre crainte : la généralisation, d’ici avril, d’un système d’accompagnement des chômeurs à deux niveaux, « intensif » et « essentiel », qui fait craindre aux syndicats une explosion du nombre de dossiers « essentiels » confiés à un conseiller. Le déploiement de l’intelligence artificielle constitue une autre source d’inquiétude. Les syndicats, estimant qu’elle est utilisée comme « outil pour gérer les effectifs », demandent un moratoire sur le déploiement tant qu’un accord collectif n’est pas signé.

Dans les hôpitaux

« Tous les syndicats de la fonction publique hospitalière appellent à la grève et à la mobilisation le 29 septembre pour des salaires et des moyens à la hauteur de nos missions et de nos exigences », rappelaient les organisations syndicales sur leurs réseaux sociaux.

Chez les pompiers

Ils n’ont pas attendu pour faire part de leur mécontentement. Plusieurs pompiers ont défilé dans les rues de Paris et ont campé devant la tour Eiffel ce lundi 28 septembre. Une mobilisation anticipée qui ne va pas les empêcher de se joindre au mouvement prévu ce mardi 29 septembre.

Après les pires incendies depuis des décennies en France cet été, auxquels se sont ajoutées des vagues caniculaires successives et leur lot de secours à la personne, les neuf organisations syndicales représentatives des pompiers professionnels réclament la création de 21 000 postes. Ils demandent également de meilleures protections pour leur santé ainsi qu’un recentrage de leurs missions.

Chez les policiers

Selon Le Parisien, les syndicats Alliance, Un1té et Unsa devraient eux aussi se joindre au mouvement. Après un entretien décevant avec le ministre de l’Intérieur, jeudi 24 septembre, les policiers réclament une revalorisation de leurs salaires, l’augmentation de leur prime de risque et un renfort d’effectifs.

Cette journée de mobilisation nationale du 29 septembre s’annonce donc comme un test majeur pour le gouvernement Lecornu, à quelques jours seulement de la présentation du budget 2027. Si les transports devraient être globalement épargnés, les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’emploi s’attendent à une forte participation. La convergence des mécontentements, des fonctionnaires aux policiers en passant par les pompiers, témoigne d’une grogne sociale qui dépasse largement le seul cadre de la fonction publique.

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