Les transports seront fortement impactés lors de la journée de grève massive du jeudi 5 novembre 2026. La SNCF et la RATP ont déjà annoncé des retards et annulations, tandis que les syndicats sont également mobilisés dans l’enseignement, la santé, la banque ou encore la fonction publique. Une intersyndicale CFDT, CGT, FO, Unsa et FSU a lancé l’appel début octobre, et désormais tous les syndicats se sont joints au mouvement.
Une convergence syndicale inédite
Le jeudi 5 novembre s’annonce comme « une grosse journée de convergence », selon Sophie Binet, patronne de la CGT, qui s’exprimait lundi sur France 2. « Notre objectif est clair : l’augmentation des salaires partout et la révision du projet de budget du gouvernement qui est une catastrophe pour le pays », a-t-elle lancé, évoquant une mobilisation qui réunira « les salariés du privé, les fonctionnaires, les retraités et les jeunes ».
La coordination des Gilets jaunes appelle également à un « 5 novembre du peuple », selon Benjamin Ball, membre de la coordination, avec l’ambition de « créer petit à petit la possibilité d’une véritable convergence ». La CFE-CGC sera présente, confirme sa présidente Christelle Thieffinne, pour « la défense du pouvoir d’achat » et « l’importance d’exercer son droit à la démocratie ». L’eurodéputé Raphaël Glucksmann a lui aussi annoncé qu’il soutiendrait le mouvement et serait « dans la rue aux côtés de l’intersyndicale ».
Les revendications des organisations syndicales
Dans un communiqué commun, les organisations syndicales réclament notamment :
- « L’ouverture immédiate de négociations pour augmenter les salaires et réaliser l’égalité salariale femmes-hommes » ;
- « L’augmentation des pensions des retraités » ;
- « L’augmentation de la valeur du point d’indice des fonctionnaires » ;
- « L’augmentation du Smic et de toutes les aides sociales » ;
- « L’augmentation des moyens de nos services publics » ;
- « Des mesures de justice fiscale pour taxer les patrimoines, les héritages et les dividendes ».
« Cette manifestation du 5 est importante pour garder cette pression-là et que ces mesures sur lesquelles il y avait enfin une ouverture se concrétisent réellement », abonde Cyril Chabanier, président de la CFTC.
Éducation : une mobilisation massive attendue
Le secteur de l’éducation sera l’un des plus touchés. « Bien évidemment les lycéens et lycéennes, les étudiants et étudiantes rejoindront les travailleurs et travailleuses, parce qu’ils nous ont soutenus, on les soutient aussi », expliquait Ryad Rani de l’Union syndicale lycéenne (USL) sur BFMTV. Le Snes-FSU, premier syndicat des collèges et lycées généraux et technologiques, appelle à une « grève massive et généralisée le 5 novembre pour des moyens pour l’Éducation nationale (recrutements, salaires, moyens, bâti scolaire) et la déblanquerisation du lycée ». La FSU-SNUipp, premier syndicat des enseignants du premier degré, sera également de la partie.
Le ministère de l’Éducation nationale estime le taux de grévistes à 17,54 % dans le premier degré public. Selon la Fep-CFDT, principal syndicat de l’enseignement privé, « les indicateurs semblent montrer que la mobilisation sera plus suivie côté privé que la précédente », le contexte social et politique étant « propice à cette mobilisation ». Le fonctionnement des cantines scolaires devrait être impacté, comme à Strasbourg où elles seront fermées.
Fonction publique et santé : des services perturbés
La CFDT Fonctions publiques, qui regroupe la fonction publique d’État, territoriale et hospitalière, a déposé un préavis de grève. Elle réclame « des mesures générales sur les salaires », « des mesures de revalorisation des carrières » et « l’augmentation des moyens des services publics ». L’UFSE-CGT appelle les agents publics à « s’inscrire massivement dans cette journée de mobilisation ».
Dans la santé, la Fédération CGT de la Santé et de l’Action sociale appelle à la grève pour réclamer la hausse du point d’indice des fonctionnaires et une refonte des budgets de l’État (PLF) et de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027. Les hôpitaux et établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux, publics comme privés, sont tous appelés à se joindre au mouvement par la Fédération CFTC Santé Sociaux. Certains médecins et pharmaciens pourraient également suivre.
Transports : les prévisions ligne par ligne
La CGT-Cheminots, l’Unsa-Ferroviaire, Sud-Rail et la CFDT-Cheminots ont appelé les agents à se mettre en grève. « Comme beaucoup de salariés dans le pays, les cheminots subissent l’austérité budgétaire. Elle se traduit par un déclassement social et des salaires qui stagnent », dénoncent-ils. Île-de-France Mobilités recommande aux voyageurs de reporter leurs déplacements et de privilégier le télétravail.
Si le trafic sera normal pour les métros, tramways et bus, voici les perturbations annoncées en Île-de-France :
- RER A : trafic normal ;
- RER B : 2 trains sur 3 au sud de Gare du Nord, 1 train sur 2 au nord ;
- RER C : 1 train sur 2 ;
- RER D : 1 train sur 3 ;
- RER E : 2 trains sur 3 ;
- Ligne H : 1 train sur 2 ;
- Ligne J : 2 trains sur 3 ;
- Ligne K : trafic normal ;
- Ligne L : 2 trains sur 3 ;
- Ligne N : 1 train sur 2 ;
- Ligne P : 2 trains sur 3 entre Meaux et La Ferté-Milon ;
- Ligne R : 1 train sur 2 ;
- Ligne U : 1 train sur 2 ;
- Ligne V : trafic normal.
La SNCF prévoit un trafic « légèrement perturbé sur les liaisons TGV et perturbé sur les liaisons Intercités, TER et sur les trains et RER d’Île-de-France ». En régions, les lignes TER Bretagne, Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France et Provence-Alpes-Côte d’Azur seront fortement perturbées, tandis que les réseaux Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Normandie, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire et Grand Est connaîtront des perturbations. À Lyon, les métros B, C et D ainsi que les funiculaires F1 et F2 seront totalement à l’arrêt, seule la ligne A circulant à fréquence réduite. À Marseille, la RTM annonce de légères perturbations pour le métro, un service assuré à 70 % pour le tram et à 50 % pour les bus.
Les dockers de la CGT seront en grève dans tous les ports français, et un préavis a été déposé par plusieurs syndicats pour les contrôleurs du trafic aérien de la DGAC. Fait notable, la ligne 15 du Grand Paris Express, pas encore ouverte au public, sera elle aussi en grève : la CGT d’ORA L15 appelle ses salariés à se rassembler à 12 heures devant la gare Villejuif – Gustave Roussy pour réclamer une revalorisation salariale.
Banques, assurances, La Poste et télécoms
Dans les banques et assurances, la participation reste incertaine. « Il nous semble que les conditions de sécurité pour une manifestation le 5 novembre sont réunies. Mais c’est vrai qu’il y a une préoccupation, notamment pour mes fédérations qui sont dans le commerce, la banque ou les assurances », a déclaré Christelle Thieffinne à l’AFP. Le secteur postal et des télécoms sera également mobilisé : la FAPT-CGT, qui représente les salariés de La Poste, Orange ou encore SFR, a rejoint la mobilisation et réclame une « juste reconnaissance de leur travail », estimant que « les richesses créées par le travail doivent servir à répondre aux besoins sociaux, et non à alimenter toujours davantage les profits et les dividendes ».
Ce qu’il faut retenir
Le 5 novembre 2026 s’annonce comme l’une des journées de mobilisation les plus larges depuis plusieurs années, portée par une intersyndicale quasi




