Tir d’essai d’un missile M51.3 au large du Finistère : « C’était impressionnant ! »

France Tests M51.3 Nuclear Missile Off Brittany Coast

Un missile balistique stratégique M51.3, dépourvu de sa charge nucléaire, a été tiré mardi 6 octobre au matin depuis un sous-marin nucléaire lanceur d’engins au large du Finistère. Le président Emmanuel Macron assistait à l’opération, a appris franceinfo auprès du ministère des Armées.

Peu après 9h10, une grande traînée s’est dessinée dans le ciel breton, accompagnée d’un grondement régulier. Le tir a été effectué depuis le sous-marin Le Vigilant, dans le cadre de l’opération Smertrios. Il s’agit du premier tir d’un missile M51 dans sa troisième version, le M51.3, selon le ministère des Armées et des Anciens combattants.

Une détonation de « 20 ou 30 secondes »

Depuis un café de Penmarc’h, Éric a assisté à la scène. « On a vu le missile sortir de l’eau. C’était impressionnant ! », témoigne-t-il auprès d’ICI Breizh Izel. « On a couru dehors pour voir la traînée. Il y avait une couverture nuageuse assez haute, donc on a vu tout le bas du missile. 20 ou 30 secondes plus tard, il y a eu la détonation. Elle a duré 20 ou 30 secondes. C’était énorme ! »

À deux pas du phare d’Eckmühl, Gwenaël Le Cleach, gérant d’une boulangerie, décrit un bruit comparable à « le tonnerre en beaucoup plus fort ». « Tout le monde est sorti pour voir, on était tous surpris », raconte-t-il.

Un tir « dans le strict respect des engagements internationaux »

Le ministère précise que le missile était « dépourvu de sa charge nucléaire » et qu’il a été tiré « dans le strict respect des engagements internationaux de la France ». L’engin a été « suivi tout au long de sa phase de vol par les moyens de la Direction générale de l’armement – Essais de missiles (DGA/EM) ». Il est retombé « en Atlantique Nord à plusieurs centaines de kilomètres de toute côte ».

Cet essai « valide » le système d’arme du sous-marin lanceur d’engins. Le M51.3, troisième version du missile mer-sol balistique stratégique M51, est entré en service opérationnel le 24 octobre de l’année précédente. Il a marqué « une étape majeure dans la modernisation de la composante océanique de la dissuasion française », souligne le ministère, car il est équipé de « nouvelles têtes nucléaires océaniques (TNO-2) » et se révèle « plus performant en termes de portée, de précision et de capacité de pénétration ».

Une opération militaire scrutée

La présence du chef de l’État lors de ce tir souligne l’importance accordée à la modernisation de la dissuasion nucléaire française, pilier central de la stratégie de défense nationale. Ce type d’essai, réalisé à intervalles réguliers, permet de vérifier la fiabilité des systèmes d’armes embarqués à bord des quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de la Marine nationale.

Pour les habitants du littoral finistérien, l’événement a brièvement rompu la routine matinale, entre curiosité et stupéfaction. La traînée blanche aperçue dans le ciel et le grondement sourd qui a suivi resteront, pour beaucoup, un souvenir marquant d’une démonstration de force menée au large de leurs côtes.

Ce qu’il faut retenir

La France a procédé mardi 6 octobre au premier tir d’essai du missile M51.3, dernière version de son missile balistique stratégique mer-sol, depuis le sous-marin Le Vigilant au large du Finistère. L’engin, sans charge nucléaire, a été tiré en présence d’Emmanuel Macron. Cet essai valide le système d’arme du sous-marin et confirme une nouvelle étape dans la modernisation de la dissuasion océanique française, désormais dotée de têtes nucléaires plus performantes en portée, précision et capacité de pénétration.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *