Mouvement lycéen : Edouard Geffray dénonce des dégradations « criminelles » et s’apprête à recevoir les organisations lycéennes

French Education Minister Slams School Vandalism Amid Student Protests

Le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, s’est rendu jeudi 15 octobre au matin au lycée Les Iris à Lormont, en Gironde, un établissement lourdement dégradé lors de la mobilisation des lycéens. À son arrivée sur place, le ministre a employé des mots d’une rare fermeté pour qualifier les faits. « C’est criminel », a-t-il déclaré, alors que le ministère de l’Intérieur avait dénoncé, une semaine plus tôt, « des intrusions violentes » dans cet établissement.

Selon nos confrères d’ICI Gironde, des élèves et des enseignants qui souhaitaient interpeller le ministre ont été maintenus à bonne distance par un cordon de CRS, une scène qui illustre la tension persistante autour du mouvement de contestation lycéen, entamé il y a plusieurs semaines.

Un troisième rendez-vous décisif au ministère

Après plusieurs semaines de mobilisation, les organisations lycéennes doivent être reçues par Edouard Geffray au ministère de l’Education nationale. Cette réunion, la troisième du genre depuis le début du conflit, est prévue à 17h30 à Paris.

Les représentants des lycéens attendent des engagements concrets. « On attend des choses concrètes sur Parcoursup, le bâti scolaire, les emplois du temps », a rappelé Pierre Sourzat, porte-parole du mouvement Les Lycéens !, déplorant n’avoir obtenu que des « miettes » jusqu’à présent. Interrogé sur France 2, il a détaillé les revendications qu’il portera devant le ministre : « Sur Parcoursup, nous, qu’est-ce qu’on veut ? On veut le retrait de la mention du lycée d’origine sur le dossier des candidats. On veut renégocier les quotas géographiques, parce qu’aujourd’hui, par exemple, il est très difficile pour un étudiant de province d’aller étudier à Paris alors que là-bas se trouvent les meilleures facs. »

Blocages, incidents et convergence des luttes

Quelque 160 établissements étaient encore bloqués mercredi matin, selon les chiffres ministériels. Edouard Geffray a livré sa propre lecture du mouvement à l’échelle nationale : sur les 3 700 lycées français, un tiers n’a « jamais été perturbé », un tiers « a connu une perturbation très modérée sur une durée très limitée » et un tiers a connu « une perturbation plus importante ».

Les incidents se sont multipliés ces derniers jours. À Bron, près de Lyon, des élèves ont été interpellés après des tirs de mortier près de leur établissement, rapportent nos confrères du Progrès. Dans la région lyonnaise, treize lycées et trois universités sont bloqués, et l’Ecole nationale supérieure des arts et techniques du théâtre (Ensatt) connaît pour la première fois de son histoire un blocage, une situation qualifiée d' »inédite » par le quotidien régional.

Le mouvement a également gagné des établissements prestigieux. La prestigieuse école de commerce HEC a été brièvement bloquée par une vingtaine d’étudiants, selon la préfecture et un étudiant présent sur place, qui se sont installés devant leur école avec des pancartes en soutien aux lycéens. L’action devait se poursuivre dans la matinée, sans intention de tenir toute la journée, ont précisé les intéressés à l’AFP.

Appels à rejoindre la manifestation de samedi

Après une nouvelle journée de mobilisation mardi, qui a réuni entre 161 000 et 480 000 personnes selon les sources, des organisations de jeunesse appellent désormais à rejoindre la manifestation des « gilets jaunes » contre « la vie chère » prévue samedi. Une convergence que les porte-parole du mouvement revendiquent. « Le mouvement s’intensifie, il y a une vraie convergence et on s’en réjouit », a ainsi affirmé Ryad Rani, président de l’Union syndicale des lycéens.

Dans certaines régions, la mobilisation reste toutefois très inégale. En Vendée, un seul lycée poursuivait le blocus, partiellement : le lycée Pierre Mendès-France à La Roche-sur-Yon. « On voulait marquer le coup une dernière fois avant les vacances. Notre lycée est le seul à poursuivre aujourd’hui, on est comme le dernier village gaulois », sourit un lycéen interrogé par Ouest-France, qui promet une reprise « en force » à la rentrée de la Toussaint.

Dans les Yvelines, au lycée public Louis-Bascan de Rambouillet, la contestation n’a pas pris. « Ça ne servait à rien, on a lâché. On n’allait pas faire blocus à trois », confient Amir et Lucas, tous deux élèves en première.

Le débat politique s’invite dans la campagne

Le mouvement lycéen s’est également invité dans le débat politique national. Marion Maréchal, soutenue par Marine Le Pen, affirme que « moins de 3 % » des lycéens et étudiants se mobilisent, un mode de calcul contestable mais qui, même pris au pied de la lettre, situe cette mobilisation dans la lignée d’autres mouvements sociaux récents.

De son côté, Gabriel Attal, invité de franceinfo, a défendu son bilan et sa vision du système scolaire. « On ne peut pas garder un système à l’école où les élèves glissent de classe en classe », a-t-il estimé, rappelant avoir rétabli le redoublement lorsqu’il était ministre. Il prône qu’un élève qui ne sait pas lire en CM2 ne puisse pas accéder à la 6e.

Ce qu’il faut retenir

La mobilisation lycéenne, entamée il y a plusieurs semaines, se poursuit sur fond de dégradations dénoncées par le gouvernement, de blocages toujours nombreux et d’une convergence croissante avec d’autres mouvements sociaux. La réunion de ce jeudi à 17h30 entre Edouard Geffray et les organisations lycéennes constitue un moment charnière : les représentants des élèves attendent des engagements précis sur Parcoursup, le bâti scolaire et les emplois du temps, après n’avoir obtenu, selon eux, que des avancées marginales. À quelques jours des vacances de la Toussaint, le mouvement promet déjà de reprendre de plus belle à la rentrée.

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