La France a condamné dimanche « avec la plus grande fermeté l’attaque odieuse » menée la veille par les rebelles houthistes contre l’aéroport international King Khalid de Riyad, qui a fait au moins 12 morts et 309 blessés, selon un bilan provisoire fourni par les autorités saoudiennes. Le ministère des Affaires étrangères a également annoncé qu’une ressortissante française figure parmi les blessés.
Une attaque d’une ampleur inédite depuis plus de dix ans
L’attaque survenue samedi contre l’aéroport de la capitale saoudienne constitue l’épisode le plus meurtrier en plus de dix ans dans le royaume. La coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, engagée en soutien au gouvernement yéménite internationalement reconnu, a imputé cette frappe aux combattants pro-iraniens houthistes, dénonçant « un crime de guerre » auquel elle promet de répondre « avec fermeté ». Une source diplomatique a par ailleurs attribué l’attaque à un missile houthiste.
Les autorités saoudiennes ont recensé douze personnes tuées et 309 blessées à l’aéroport international King Khalid. Selon les autorités, les victimes sont « quatre ressortissants saoudiens, deux Bangladais, un Américain, un Égyptien, un Argentin, un Syrien, un Palestinien et un Soudanais ». Un diplomate occidental basé à Riyad a toutefois indiqué à l’AFP que le bilan pourrait encore s’alourdir.
Une ressortissante française parmi les blessés
Dans une déclaration de son porte-parole, le Quai d’Orsay a fait savoir qu’une ressortissante française se trouvait parmi les blessés. Le ministère adresse « ses condoléances aux familles et aux proches des victimes » et « souhaite un prompt rétablissement aux blessés ». À ce stade, l’état des blessures de la victime française ainsi que les circonstances dans lesquelles elle a été touchée demeurent inconnus.
Le ministère des Affaires étrangères réaffirme la « totale solidarité » de la France « avec le Royaume d’Arabie saoudite ». « Elle continuera de se tenir à ses côtés dans la défense de son territoire et de ses infrastructures », ajoute-t-il, appelant les Houthistes « à cesser immédiatement leurs attaques ».
Les Houthistes réitèrent leurs menaces
Sans revendiquer explicitement la frappe de samedi, les Houthis ont renouvelé dimanche leur avertissement aux voyageurs, employés et compagnies aériennes, leur demandant de ne plus utiliser l’espace aérien saoudien ni les aéroports du royaume, « à l’exception » de ceux des villes saintes de La Mecque et Médine. « Ils sont exposés aux frappes », a averti sur X Yahya Saree, leur porte-parole militaire.
L’ampleur des attaques visant Riyad ces derniers jours est inédite depuis le début, en 2014, de la guerre au Yémen opposant les Houthis aux forces gouvernementales, lesquelles ont reçu le soutien militaire d’une coalition conduite par l’Arabie saoudite à partir de 2015. Les combattants pro-iraniens avaient déjà revendiqué mercredi et jeudi des frappes contre l’aéroport de Riyad, ayant causé au total six décès.
Des condamnations internationales en série
Les réactions internationales ont afflué après cette frappe visant une infrastructure civile. « Ce qui s’est passé n’est pas acceptable », a déclaré Donald Trump samedi, précisant qu’il examinerait une possible participation américaine aux opérations militaires contre les Houthis et qu’il s’entretiendrait avec le prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto du royaume. Jusque-là, les États-Unis n’avaient pas donné suite à plusieurs demandes saoudiennes de soutien.
L’aéroport de Riyad à l’arrêt
L’aéroport de la capitale saoudienne restera à l’arrêt dimanche, ont confirmé deux sources du secteur aérien à l’AFP. « Les opérations sont suspendues jusqu’à nouvel ordre », a déclaré l’une d’elles, précisant que le radar et les équipements de communication ont été endommagés et que l’état des pistes doit être évalué.
Plusieurs ambassades étrangères ont recommandé à leurs employés d’éviter l’aéroport de Riyad pendant une semaine, selon un diplomate occidental. L’ambassade des États-Unis a pour sa part étendu aux aéroports de Dammam et de Djeddah les restrictions d’accès déjà imposées à son personnel pour celui de Riyad.
Ce qu’il faut retenir
L’attaque contre l’aéroport international King Khalid de Riyad, imputée aux rebelles houthistes soutenus par l’Iran, a tué au moins 12 personnes et en a blessé 309, dont une ressortissante française. La France a condamné avec fermeté cette frappe d’une ampleur inédite depuis plus de dix ans et réaffirmé sa solidarité avec l’Arabie saoudite, tandis que les Houthistes menacent de poursuivre leurs attaques contre les infrastructures aériennes du royaume.


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