Le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, a exigé mercredi 14 octobre que la future 2CV électrique soit assemblée en France, sur le site Stellantis de Poissy, alors que le groupe automobile a confirmé que ce modèle emblématique sortira d’une usine italienne. Une prise de position qui intervient dans un contexte tendu pour l’industrie automobile française, à quelques mois de l’arrêt annoncé de l’assemblage sur le site des Yvelines.
Une demande formulée devant les salariés de Poissy
Fabien Roussel s’est rendu mercredi matin devant les usines Stellantis de Poissy, dans les Yvelines, « à la rencontre des salariés qui font vivre notre industrie automobile ». À l’issue de cette visite, le dirigeant communiste a livré un message sans ambiguïté sur ses réseaux sociaux : « Notre demande est simple : la nouvelle 2CV doit être construite en France, ici, à Poissy ! »
Le projet de 2CV électrique a été confirmé par Stellantis, qui entend ressusciter l’un des modèles les plus populaires de l’histoire de l’automobile française. Mais selon les informations disponibles, la production de cette nouvelle génération devrait être confiée à une usine italienne du groupe, ce que dénonce l’élu communiste.
Relocaliser pour rendre l’électrique accessible
Au-delà du symbole que représente la 2CV, Fabien Roussel inscrit sa demande dans une réflexion plus large sur le pouvoir d’achat et la souveraineté industrielle. « Nous voulons rendre la voiture électrique française accessible à tous et pour ça on doit commencer par relocaliser sa production », a-t-il déclaré.
Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, le secrétaire national du PCF détaille ses propositions. Il plaide notamment pour que les aides publiques de l’État soient intégralement conditionnées à une production sur le sol français. « Les aides publiques de l’État, à 100 %, doivent être attribuées à la production de ces véhicules électriques en France », estime-t-il, en visant particulièrement « des petits véhicules, des véhicules populaires, électriques, pas cher ».
Cette position rejoint les débats récents sur le bonus écologique et les conditions de production exigées pour en bénéficier. Elle s’inscrit aussi dans une critique plus ancienne des délocalisations industrielles, portée de longue date par les élus communistes.
Poissy, un site sous pression
La question de la production de la 2CV électrique prend un relief particulier à Poissy. En avril dernier, Stellantis a annoncé l’arrêt de l’assemblage automobile sur ce site après 2028. L’usine, qui emploie environ 2 000 salariés, produit actuellement les DS 3 et Opel Mokka.
L’annonce de cet arrêt a suscité une vive inquiétude parmi les salariés et les élus locaux, qui redoutent une fermeture progressive du site et des suppressions d’emplois. Dans ce contexte, l’attribution de la production d’un véhicule populaire et électrique à Poissy représenterait un signal fort pour l’avenir industriel du territoire.
« Un véhicule populaire pas cher, c’est possible et c’est ce que nous proposons », insiste Fabien Roussel, qui entend faire de cette revendication un cheval de bataille dans les mois à venir.
Un enjeu national pour la filière automobile
Au-delà du cas de Poissy, c’est toute la stratégie industrielle française dans l’automobile électrique qui est en jeu. Alors que les constructeurs multiplient les annonces de modèles électriques abordables, la question de leur lieu de production devient un sujet politique majeur, mêlant emploi, souveraineté et transition écologique.
La France a fait de la réindustrialisation l’une de ses priorités affichées, et les pouvoirs publics conditionnent de plus en plus leurs soutiens à des engagements de production locale. La demande de Fabien Roussel s’inscrit dans cette logique, avec une exigence de cohérence entre argent public et emplois français.
Reste à savoir si Stellantis entendra cet appel. Le groupe n’a pas réagi publiquement à la demande du dirigeant communiste. La décision finale sur le lieu de production de la 2CV électrique sera scrutée de près, tant par les salariés de Poissy que par les défenseurs d’une industrie automobile française relocalisée.
Ce qu’il faut retenir
Fabien Roussel demande que la future 2CV électrique, confirmée par Stellantis, soit produite à Poissy plutôt qu’en Italie. Il conditionne les aides publiques à une production française et défend un véhicule populaire accessible. Cette revendication intervient alors que le site de Poissy doit voir son assemblage automobile s’arrêter après 2028, ce qui en fait un enjeu industriel et social majeur pour les Yvelines et pour la filière automobile nationale.




