Un homme d’une soixantaine d’années a été retrouvé mort mercredi 21 octobre à Ghisonaccia, en Haute-Corse, après avoir été emporté par le fleuve Fium’orbu au volant de son 4×4 lors des pluies diluviennes qui ont frappé l’île la veille. Le bilan humain s’alourdit alors que des records absolus de précipitations ont été enregistrés, notamment à Solenzara, où près de 600 mm de pluie sont tombés en une seule journée.
Un véhicule emporté par le fleuve, un passager rescapé
Le drame s’est noué mardi dans la commune de Ghisonaccia. Selon les informations de Corse-Matin, l’homme se trouvait à bord de son 4×4 lorsque le véhicule a été submergé par les eaux du Fium’orbu en crue. Il a été retrouvé sans vie sous la voiture mardi soir. Un deuxième passager se trouvait également dans l’habitacle : il a pu s’extraire par la fenêtre et est sain et sauf.
Ce décès porte à au moins deux le nombre de victimes de cet épisode météorologique exceptionnel. Dans les Bouches-du-Rhône, un homme de 75 ans a été « emporté par les eaux » puis retrouvé mort à Istres, selon la préfecture. Les fortes pluies ont provoqué des crues importantes de plusieurs cours d’eau de l’Hérault aux Bouches-du-Rhône dans la nuit de lundi à mardi, nécessitant la mise en sécurité de dizaines de personnes.
Des records de précipitations jamais observés en France
La Haute-Corse a été placée mardi entre 12 heures et 20 heures en vigilance rouge « pluie-inondation », le plus haut niveau d’alerte. Les relevés de Météo-France témoignent de l’intensité hors norme du phénomène. À Solenzara, il est tombé près de 600 mm de pluie sur la journée, dont 538,5 mm en seulement six heures — une « valeur inédite en Hexagone et Corse » — et 196,2 mm en une heure, soit « l’équivalent d’un mois et demi de précipitations », là aussi un record absolu.
« Cet événement est en train de réécrire la climatologie des pluies extrêmes en France, notamment les records de cumul en 1 h et 2 heures », a réagi sur Bluesky le météorologue François Jobard. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des torrents d’eau dévalant les escaliers des rues de Sartène, dans le sud de l’île, transformés en cascades boueuses.
Un Ehpad évacué, la sirène d’alarme déclenchée
Les dégâts matériels sont considérables dans le nord de l’île. À Prunelli di Fium’orbu, un Ehpad et ses « 21 pensionnaires ont été évacués », a annoncé le maire André Rocchi, qui évoque « la plus importante inondation que la commune ait connue ». « Un lotissement est totalement inondé : il y a deux mètres d’eau dans les maisons », a-t-il ajouté.
Les habitants du nord de la Corse ont reçu une alerte envoyée par la préfecture sur leur téléphone portable. Robert, 53 ans, s’est confiné à son domicile : « C’est la première fois que je reçois un tel message d’alerte et que j’entends la sirène autrement que pour l’exercice mensuel. » La sirène a également retenti dans les communes de Bastia, Biguglia et Furiani, selon une correspondante de l’AFP.
Des épisodes méditerranéens de plus en plus fréquents
Cet épisode s’inscrit dans une série noire pour le sud de la France. L’Hérault comme le Gard avaient déjà été placés en vigilance rouge le 30 septembre, noyés sous des heures de pluies diluviennes. Dans le Gard, l’équivalent de deux mois de pluie était tombé en 24 heures sur une seule commune. Ces épisodes méditerranéens se multiplient sous l’effet du réchauffement climatique, qui accroît la capacité de l’atmosphère à retenir l’humidité et donc l’intensité des précipitations extrêmes.
En définitive, cet épisode orageux d’une rare violence laisse la Corse meurtrie : un mort, des records de pluie pulvérisés, des habitations submergées et un Ehpad évacué en urgence. Il illustre aussi la nouvelle donne climatique à l’œuvre dans le pourtour méditerranéen, où des cumuls autrefois inimaginables deviennent des réalités mesurées par les stations météorologiques.




