Chimiothérapie : à Poissy, des casques réfrigérants pour préserver les cheveux des patientes

Cooling Caps Reduce Hair Loss in Chemotherapy

Le centre hospitalier intercommunal de Poissy-Saint-Germain (CHIPS) vient d’acquérir quatre casques réfrigérants destinés aux patientes traitées par chimiothérapie alopéciante. Une avancée significative pour limiter la chute des cheveux, financée notamment grâce aux fonds récoltés lors de l’édition annuelle d’Octobre rose.

Un équipement rare en France

L’établissement des Yvelines rejoint ainsi le cercle restreint des hôpitaux français équipés de ce dispositif. « Trois ans que je me bats pour les obtenir », confie Gabriella Tossen, oncologue au CHIPS, qui se réjouit d’autant plus que seuls une cinquantaine de ces appareils sont disponibles dans l’Hexagone.

Le financement de ces équipements repose en partie sur la mobilisation locale. Chaque année, le CHIPS organise des stands d’information et des ventes de pâtisseries dans le cadre d’Octobre rose, mois de sensibilisation au dépistage du cancer du sein. Les sommes récoltées permettent ensuite de financer des projets concrets pour améliorer la prise en charge des patients. La Ligue contre le cancer des Yvelines a pour sa part contribué à hauteur de 50 % de l’investissement. « On ne pouvait pas plus, sinon ils devenaient notre propriété », regrette le docteur Jean-Christophe Seguier, membre de l’association.

Une technologie plus douce que l’ancien système

L’hôpital pisciacais disposait déjà d’un dispositif comparable, mais dont l’usage s’avérait contraignant. « C’étaient des casques qu’on laissait dans un réfrigérateur jusqu’à -18 °C, indique l’infirmière Charlène Leboucher. Sauf que pour l’utiliser, il fallait mouiller les cheveux des patients toutes les vingt minutes. » Autre inconvénient : l’extrême froideur pouvait provoquer des brûlures sur le pourtour du cuir chevelu.

La nouvelle génération de casques fonctionne différemment. Une machine refroidit progressivement l’équipement jusqu’à -4 °C. Le casque est ensuite déposé trente minutes avant le début du traitement, puis retiré trente minutes après la fin de la séance. « Cela surprend un peu », concède Monique, une septuagénaire traitée pour un cancer du sein, qui se réjouit de constater l’absence de cheveux sur sa brosse lorsqu’elle se peigne.

Jusqu’à 50 % de chute en moins

L’efficacité du dispositif n’est pas totale, mais elle reste notable. « Cela n’empêche pas 100 % de chute des cheveux mais cela réduit d’au moins 50 % », affirme Gabriella Tossen. Le mécanisme repose sur la vasoconstriction : le froid contracte les vaisseaux sanguins du cuir chevelu, limitant ainsi l’afflux des molécules de chimiothérapie vers les follicules pileux.

« Les molécules de la chimiothérapie s’introduisent partout et attaquent les follicules, explique Chloé, infirmière dans l’établissement. Mais la vasoconstriction provoquée par le froid réduit ces effets. » Les bénéfices se prolongent après la fin du traitement. « La repousse est meilleure, précise Camille, collègue de Charlène et Chloé. Après la chimiothérapie, les cheveux peuvent passer d’épais à fins, voire changer de couleur. »

Un enjeu identitaire majeur

Au-delà de la dimension médicale, la préservation capillaire revêt une importance psychologique considérable pour les patientes. « Les cheveux représentent la féminité », souligne Gabriella Tossen, une analyse que partagent les trois infirmières de l’établissement.

Ces professionnelles proposent systématiquement le dispositif aux patients subissant une chimiothérapie alopéciante. Pour l’heure, les utilisateurs sont exclusivement des utilisatrices, même si l’équipement n’est pas réservé aux femmes.

Une prise en charge qui s’améliore

L’acquisition de ces quatre casques réfrigérants illustre la manière dont les dons récoltés lors d’Octobre rose se traduisent en améliorations concrètes pour les patients. Au CHIPS, la mobilisation annuelle ne se limite pas à la sensibilisation : elle finance directement des équipements qui changent le quotidien des personnes traitées. Pour les patientes sous chimiothérapie alopéciante, ces casques représentent un progrès tangible, à la fois sur le plan physique et psychologique, dans une épreuve où la préservation de l’apparence participe pleinement du bien-être.

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