Le militant écologiste Thomas Brail a lancé, samedi 10 octobre, un appel au boycott de l’autoroute A69 reliant Toulouse à Castres, dont la mise en service est prévue pour le début du mois de novembre. Invité sur franceinfo, le fondateur du Groupe national de surveillance des arbres (GNSA) a invité les automobilistes et les transporteurs à refuser d’emprunter ce nouvel axe.
« J’invite les automobilistes et les transporteurs à la boycotter », a déclaré Thomas Brail, précisant que le coût du trajet s’annonce particulièrement élevé. Selon lui, un aller-retour entre Toulouse et Castres reviendra à 60 euros pour un camion et à 20 euros pour un particulier. « Vu les prix, ce boycott se fera naturellement, de toute façon ! », a-t-il ajouté.
Un péage « en flux libre » qui fait débat
L’opposant à l’A69 souligne également le fonctionnement particulier de cette infrastructure. L’autoroute fonctionnera « en flux libre » : exit les barrières de péage traditionnelles, remplacées par des portiques équipés de caméras qui identifient les véhicules. Le montant du trajet est ensuite calculé automatiquement, et les automobilistes doivent s’acquitter du paiement sur le site de l’exploitant ou dans certains commerces partenaires.
« Et si on oublie de payer, on a une majoration », prévient Thomas Brail. Pour le militant écologiste, ce système ne vise qu’une chose : maximiser les recettes. « Il n’y a rien de mieux pour se faire encore plus d’argent », estime-t-il.
Un rassemblement sous haute surveillance dans le Tarn
Ces déclarations interviennent alors que plusieurs centaines d’opposants à l’autoroute A69 sont réunis ce week-end dans le Tarn. Le rassemblement se tient à Sémalens, près de Castres, où entre 1 000 et 1 500 personnes sont attendues. Pour encadrer cette mobilisation, près de 800 forces de l’ordre ont été déployées.
Les opposants entendent manifester une nouvelle fois leur refus de cet axe, qui doit être mis en service en novembre. Ce mouvement s’inscrit dans une contestation de longue durée : quelques jours seulement avant l’inauguration, des opposants s’étaient déjà installés dans des arbres pour tenter de bloquer le projet.
Les tarifs du péage font l’unanimité contre eux
La question des tarifs du péage cristallise les tensions. Du côté des pro comme des anti-autoroute, les prix annoncés ont suscité une vive controverse. « C’est de la folie ! », résumaient plusieurs voix, toutes sensibilités confondues, face à des tarifs jugés excessifs pour un trajet entre Toulouse et Castres.
Pour les partisans de l’A69, l’infrastructure doit désenclaver le sud du Tarn et améliorer la desserte du bassin castrais. Pour ses détracteurs, elle représente au contraire un projet coûteux, destructeur pour l’environnement et générateur de trafic supplémentaire. Le bras de fer entre les deux camps s’est intensifié à mesure que la date de mise en service approchait.
Une contestation environnementale de fond
Au-delà de la question tarifaire, l’opposition à l’A69 s’inscrit dans un mouvement plus large de contestation des grands projets routiers en France. Les militants dénoncent l’artificialisation des terres agricoles, la destruction d’habitats naturels et l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre qu’entraînerait l’ouverture d’une telle infrastructure.
Le Groupe national de surveillance des arbres, fondé par Thomas Brail, s’est fait connaître par ses actions de protection des arbres menacés par des projets d’aménagement. L’appel au boycott de l’A69 constitue une nouvelle étape dans cette stratégie de mobilisation, qui mise désormais sur la pression économique autant que sur la contestation symbolique.
Avec un rassemblement mobilisant jusqu’à 1 500 personnes et un dispositif policier de 800 agents, la mobilisation de ce week-end témoigne de la persistance d’une opposition déterminée, à quelques semaines de l’ouverture officielle de l’axe.
Ce qu’il faut retenir
Thomas Brail appelle à un boycott national de l’autoroute A69, dont la mise en service est prévue début novembre, en invoquant des tarifs de péage jugés prohibitifs : 20 euros pour un particulier et 60 euros pour un camion sur un aller-retour Toulouse-Castres. Alors que 1 000 à 1 500 opposants se rassemblent ce week-end dans le Tarn sous la surveillance de 800 forces de l’ordre, la contestation contre cet axe routier reste vive. Entre enjeux environnementaux, critiques tarifaires et promesses de désenclavement, le dossier de l’A69 continue de diviser profondément, à l’approche de son inauguration.


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