Pour son premier grand remaniement après sa défaite aux élections de mi-mandat, Donald Trump a nommé, vendredi 6 novembre, son conseiller Stephen Miller au poste de directeur de cabinet de la Maison Blanche, l’un des plus stratégiques de l’exécutif américain. Cette décision marque, une nouvelle fois, une volonté de confrontation plus que de modération de la part du président républicain.
« Stephen est avec moi depuis le début. Il comprend les choses. C’est un fin politique », a expliqué le président américain à des journalistes à la Maison Blanche. Sur Truth Social, Donald Trump a ensuite précisé que le conseiller prendrait lundi la place de l’actuelle directrice de cabinet, Susie Wiles, 69 ans, appelée à occuper d’autres fonctions dans l’orbite du milliardaire, mais hors du gouvernement.
Susie Wiles quitte ses fonctions
« Je veux la remercier, elle a fait un excellent travail », a écrit Donald Trump. « Mon rôle change peut-être mais mon engagement pour le président et sa mission ne changeront jamais », a écrit sur X Susie Wiles, première femme à occuper ce poste. Selon une source à la Maison Blanche, elle a remis sa démission jeudi soir.
Stephen Miller, 41 ans, est surtout connu pour être l’architecte de la politique anti-immigration agressive de Donald Trump. Ce représentant de la droite dure est le porte-voix à la Maison Blanche des identitaires qui décrivent l’immigration comme une menace existentielle pour l’Amérique. Ce remaniement « représente un virage encore plus à droite », a d’ailleurs souligné le Washington Post.
L’indignation des démocrates
Face à cette nomination, les démocrates n’ont pas tardé à exprimer leur indignation vendredi, en assurant que les élections de mi-mandat avaient également été une condamnation des méthodes de la police anti-immigration ICE. « Donald Trump n’a rien appris de sa défaite historique », a déclaré le chef des démocrates au Sénat américain Chuck Schumer sur les réseaux sociaux, qualifiant Stephen Miller de « l’architecte des politiques les plus barbares et inhumaines de cette administration ».
« Stephen Miller est un xénophobe dangereux et un extrémiste fou qui a du sang américain sur les mains », a également protesté Hakeem Jeffries, meneur des démocrates à la Chambre des représentants.
Une approche batailleuse face à l’opposition
La nomination de Stephen Miller augure ainsi plutôt une approche batailleuse, face à des démocrates qui pourraient lancer plusieurs enquêtes sur le président républicain et ses proches. Dans la même idée, Donald Trump a dénoncé jeudi des élections de mi-mandat « truquées ». Le républicain s’était pourtant dit prêt à travailler avec ses opposants dans sa première réaction après la victoire des démocrates.
Les félicitations de la droite identitaire
À l’inverse, plusieurs représentants de la droite identitaire au sein du gouvernement, ainsi que plusieurs influenceurs du mouvement Maga, se sont félicités de la nomination de Stephen Miller. « Stephen Miller est un formidable patriote qui va faire de grandes choses », a par exemple écrit le vice-président JD Vance sur X. « Énormes félicitations », a également réagi le chef du Pentagone Pete Hegseth, en jugeant que Stephen Miller ne « reculait jamais ».
D’après le Wall Street Journal, c’est Stephen Miller qui en mai 2025 avait donné l’ordre à l’ICE, la police de l’immigration, de redoubler d’efforts lorsque le nombre d’expulsions quotidiennes s’était révélé inférieur à celui recensé l’année précédente sous Joe Biden.
En janvier, Stephen Miller avait également rapidement qualifié de « terroriste » Alex Pretti, un Américain tué par des agents fédéraux à Minneapolis sur fond de manifestations contre la présence de l’ICE, avant de revenir sur ses déclarations, non sans avoir créé la polémique.
Un tournant politique majeur
La nomination de Stephen Miller au poste de directeur de cabinet constitue un signal fort envoyé par Donald Trump à son électorat le plus radical. Alors que le président républicain sort affaibli des élections de mi-mandat, ce choix témoigne de sa volonté de maintenir une ligne dure sur l’immigration et de ne rien céder face à l’opposition démocrate. Pour les observateurs, ce remaniement pourrait annoncer une période de tensions accrues entre la Maison Blanche et le Congrès, à l’approche de nouvelles échéances politiques.




