À la veille de la mobilisation nationale du jeudi 5 novembre, l’organisation des cortèges reste incertaine dans plusieurs grandes villes. À Paris, la justice a été saisie en référé par l’intersyndicale, tandis qu’à Lyon, un arrêté préfectoral interdit une partie du parcours souhaité par les organisateurs. Entre 500 000 et 700 000 personnes sont attendues dans les cortèges en France, sans compter les manifestations d’Île-de-France, selon une note de renseignement territorial consultée par BFMTV et RTL.
Une mobilisation nationale portée par cinq syndicats
L’appel à la grève pour la journée du jeudi 5 novembre a été lancé début octobre par l’intersyndicale composée de la CFDT, la CGT, FO, Unsa et FSU. Cet appel, toujours d’actualité, a été ravivé par les récentes mobilisations et les réponses du gouvernement. Cette journée de grève s’accompagne de plusieurs manifestations prévues partout en France, qui devraient largement mobiliser.
Face à l’ampleur anticipée des cortèges, les autorités classent la journée du 5 novembre « à risque » et maintiennent des mesures de sécurité ainsi que des restrictions pour l’organisation des défilés. Ces mesures compliquent l’établissement des itinéraires dans plusieurs villes.
À Paris, l’itinéraire des syndicats finalement interdit
Dans la capitale, les syndicats ont donné rendez-vous place de la Bastille pour le début de la manifestation, à 13 heures selon l’Unsa ou 14 heures selon la CGT. L’intersyndicale souhaitait rejoindre la place de la Concorde, mais ce trajet n’a pas reçu l’accord de la préfecture de police. En fin d’après-midi, les organisations ont appris que la préfecture interdisait leur parcours. Les autorités ont proposé un autre itinéraire : de la place de la République à la place de la Nation.
« On doit pouvoir être vus », avait défendu lundi Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, sur France 2, dénonçant les restrictions imposées aux précédentes manifestations et l’interdiction de défiler en centre-ville. Faute de réponse jugée suffisante, l’intersyndicale d’Île-de-France a saisi mardi le tribunal administratif de Paris en référé. Selon l’AFP, les organisations réclamaient la publication d’un éventuel arrêté d’interdiction avant mercredi 14 heures, afin de pouvoir le contester. Une audience a été fixée mercredi à 9h30, puis repoussée à 13h. « On n’a pas d’informations sur le parcours alternatif », a expliqué Me Marion Ogier, avocate de Solidaires.
À Lyon, un arrêté préfectoral encadre le défilé
À Lyon, les restrictions concernant les manifestations sont déjà connues. Un arrêté préfectoral signé mardi 3 novembre interdit les manifestations dans une large partie du centre-ville jeudi, de 9 heures à 20 heures. Le défilé pourra partir de la Manufacture des Tabacs, mais ne pourra pas rejoindre la place Bellecour, comme le souhaitaient les organisateurs, selon LyonMag.
Le trajet initial du cortège lyonnais devait emprunter le cours Albert-Thomas, le cours Gambetta, le pont de la Guillotière et le quai Docteur-Gailleton, avant de rejoindre Bellecour. Mais l’arrêté du préfet du Rhône interdit notamment le passage par le pont de la Guillotière et l’arrivée sur la Presqu’île. La préfecture invoque les violences et les dégradations survenues le 17 octobre. Elle évoque une dispersion possible place Jean-Macé ou au parc Sergent-Blandan, sans qu’un nouvel itinéraire ait été définitivement annoncé. L’intersyndicale dénonce de son côté « une attaque supplémentaire à la liberté de manifester ».
Marseille, Bordeaux, Toulouse : les parcours annoncés en région
À Marseille, le rassemblement est annoncé à 10h30 aux Réformés. Selon la FSU-SNUipp des Bouches-du-Rhône, le parcours envisagé doit passer par le boulevard Gambetta, le cours Lieutaud, la préfecture et la rue de Rome, avant une arrivée place Castellane. Ce tracé syndical reste toutefois soumis aux éventuelles décisions des autorités.
Dans le Sud-Ouest, à Bordeaux, les manifestants sont attendus dès 12h30 place de la République, pour un départ à 13 heures. Le parcours communiqué par la CFDT passe par Gambetta, Tourny et la place de la Bourse, avant de rejoindre la place de la Victoire. À Toulouse, le cortège doit partir à 14 heures de la place Saint-Cyprien.
Les villes de l’Ouest et du Nord se mobilisent également. À Nantes, le rendez-vous est fixé à 10 heures au Miroir d’eau, tandis qu’à Rennes, les manifestants sont attendus à 13 heures place de Bretagne. À Lille, le rassemblement est prévu à 14h30 porte de Paris et, à Strasbourg, à 14 heures place de la République, selon la carte nationale publiée par la CGT.
En Auvergne-Rhône-Alpes, la CFDT annonce aussi une manifestation à Grenoble à 11 heures, au départ du secteur de la gare, avenue Alsace-Lorraine, avec une arrivée prévue place de Verdun. Le syndicat précise qu’une modification du trajet reste possible. Des rassemblements sont également programmés à Saint-Étienne, à 10h30 devant la chambre de commerce et d’industrie du cours Fauriel, et à Clermont-Ferrand, à 10 heures place du 1er-Mai.
Des itinéraires une nouvelle fois au cœur des tensions
Comme lors des précédentes manifestations de ces dernières semaines, les parcours auront encore fait débat dans de nombreuses villes entre syndicats et préfectures. À Paris, l’interdiction du trajet Bastille-Concorde et la proposition d’un parcours République-Nation illustrent la volonté des autorités d’encadrer strictement les défilés, tandis que les organisations syndicales dénoncent une atteinte à la liberté de manifester. À la veille de la mobilisation, l’incertitude demeurait sur plusieurs tracés, notamment dans la capitale, où la décision du tribunal administratif était encore attendue. Cette journée du 5 novembre s’annonce donc comme un nouveau test pour l’intersyndicale, qui espère une mobilisation massive malgré les contraintes imposées aux cortèges.




