Donald Trump a déclaré samedi 31 octobre que les États-Unis avaient anéanti une grande partie des capacités nucléaires iraniennes, mais qu’ils devaient encore « s’occuper » d’un ou deux sites, alors que Téhéran menace de contre-attaquer en cas de nouvelles frappes. Une escalade qui fait planer le spectre d’une reprise du conflit au Proche-Orient.
« Il nous reste encore à nous occuper, je dirais, d’un ou deux sites, mais nous pouvons faire ça en dix minutes (…). Vous pourriez probablement regarder du côté de Pickaxe Mountain, et il faut s’en occuper. Nous pouvons faire tout cela très rapidement », a déclaré le président américain à des journalistes dans sa résidence en Floride.
Le mont Kolang dans le viseur
Le mont Kolang, appelé « Pickaxe Mountain » en anglais, est situé à environ 200 kilomètres au sud de Téhéran, près du complexe nucléaire de Natanz. Ce site, longtemps resté discret, est considéré par les experts comme l’une des installations les plus protégées du programme nucléaire iranien, enfouie profondément sous la montagne.
Les déclarations de Donald Trump interviennent dans un contexte particulièrement tendu. Le conflit qui oppose les États-Unis et Israël à l’Iran a débuté le 28 février. Au mois d’avril, un cessez-le-feu a mis fin aux bombardements, et un protocole d’accord visant à mettre définitivement fin au conflit a été conclu en juin. Mais la fragile entente a volé en éclats cet été, avec au cœur du conflit le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour le transport mondial de pétrole.
Un calendrier politique chargé
La presse américaine avait déjà révélé depuis plusieurs semaines que Donald Trump envisage de reprendre les frappes contre l’Iran après les élections de mi-mandat prévues ce mardi 3 novembre. Cette guerre est en effet impopulaire auprès de l’électorat américain, notamment parce qu’elle a conduit à une hausse importante des prix du carburant.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a lui évoqué cette semaine « une opportunité historique unique » pour Israël avec le président américain d’« éliminer définitivement la menace existentielle » de l’Iran, ennemi juré de l’État hébreu.
Téhéran promet une riposte sans « limite géographique »
Face à ces menaces, l’ayatollah Mojtaba Khamenei a averti d’une « riposte immédiate, puissante et sans limite géographique » en cas de nouvelles frappes. « Si les ennemis lancent à nouveau des attaques militaires ou terroristes, ce sont les forces armées de la République islamique et le peuple iranien qui détermineront le moment et les conditions de leur fin », a souligné dans un communiqué écrit le guide suprême, resté invisible depuis sa nomination début mars.
Il a aussi ordonné aux responsables militaires de mettre à jour la liste des cibles pour y inclure « tous les types d’actifs matériels et immatériels appartenant à l’ennemi américano-sioniste ». L’Iran a déjà menacé de s’en prendre aux centres de données et systèmes d’intelligence artificielle, tout comme aux câbles sous-marins dans le stratégique détroit d’Ormuz.
Cette menace contre les infrastructures numériques et maritimes illustre l’élargissement des champs de confrontation possibles. Les câbles sous-marins qui traversent le détroit d’Ormuz assurent une part considérable des communications et des échanges de données entre l’Asie, l’Europe et le Moyen-Orient. Une attaque contre ces installations aurait des répercussions bien au-delà de la région.
Une situation régionale sous haute tension
La communauté internationale observe avec inquiétude cette nouvelle montée des tensions. Les alliés européens de Washington, déjà divisés sur la question iranienne, pourraient se retrouver dans une position délicate si les frappes reprenaient. Les marchés pétroliers, particulièrement sensibles à toute perturbation dans le détroit d’Ormuz, surveillent de près l’évolution de la situation.
Sur le terrain, les populations civiles iraniennes vivent depuis des mois au rythme des alertes et des incertitudes. Les infrastructures du pays ont déjà été durement touchées par les bombardements du printemps, et une reprise des hostilités ne ferait qu’aggraver une situation humanitaire déjà préoccupante.
La question du calendrier reste centrale. Donald Trump semble conditionner toute nouvelle action militaire à l’issue des élections de mi-mandat du 3 novembre. Une victoire confortable de son camp pourrait lui donner les coudées franches pour relancer les opérations, tandis qu’un revers électoral compliquerait considérablement la donne politique.
Ce qu’il faut retenir
Donald Trump a explicitement menacé de frapper les derniers sites nucléaires iraniens, citant nommément le mont Kolang, dit « Pickaxe Mountain », près de Natanz. En réponse, le guide suprême iranien a promis une riposte « immédiate, puissante et sans limite géographique », ordonnant à ses militaires de cibler les « actifs matériels et immatériels » américains et israéliens. Entre un cessez-le-feu déjà rompu, des élections américaines imminentes et des menaces iraniennes visant les infrastructures stratégiques du détroit d’Ormuz, la région se trouve à un nouveau point de bascule dont l’issue dépendra largement des choix politiques des prochains jours.




