Ukraine : à Olechky, des habitants évacués après des mois de souffrance sous occupation russe

Ukraine: Olechky Residents Evacuated Under Rare Ceasefire

Certains ne s’étaient pas vus depuis le début de l’invasion russe en février 2022. Ce samedi 31 octobre, à la faveur d’un cessez-le-feu, les habitants d’Olechky, ville du sud de l’Ukraine située sur la ligne de front dans la région de Kherson, sous occupation russe et en proie à une crise humanitaire, ont été évacués.

Les épaules couvertes d’un drapeau ukrainien, ils sont descendus des bus qui les ont conduits sur une route forestière en Ukraine et ont été accueillis par leurs proches. Ils ont pu rejoindre le territoire sous contrôle ukrainien en passant par la Russie et la Biélorussie.

Un cessez-le-feu localisé pour déminer et acheminer l’aide

Cette opération a été rendue possible grâce à un rare cessez-le-feu localisé, annoncé par la Première dame américaine Melania Trump. Cette trêve a permis de déminer l’accès à la ville, de sécuriser l’évacuation et de livrer de l’aide humanitaire aux habitants, privés depuis des mois de nourriture et de médicaments.

« Nous avons tellement souffert ici ces cinq dernières années, tellement », confie une habitante d’Olechky évacuée. « J’ai perdu 20 kg en un an, voire plus. 20 kg ! J’étais complètement épuisée, comment dire… J’étais devenue très faible. La maladie a commencé à m’atteindre, à m’accabler. C’est pourquoi j’ai dû être hospitalisée », raconte une autre.

« Nous mangions tout ce qu’il y avait de disponible »

La situation à Olechky s’est particulièrement détériorée à partir de 2026, estime pour sa part Valera, 29 ans. « Ils ont commencé à bombarder cette zone intensément. Ils ont miné les routes. La nourriture explosait. Les gens explosaient. Et après ça, tous les magasins ont fermé, et c’était fini », témoigne-t-il auprès de l’AFP. « Nous mangions tout ce qu’il y avait de disponible », certains allant jusqu’à manger des chiens ou de l’herbe, affirme-t-il.

De son côté, Ielyzaveta Paliï, 19 ans, a enfin pu être réunie avec son père qu’elle n’avait pas vu depuis « fin janvier 2024 », lorsqu’elle a quitté Olechky avec sa mère et sa sœur. « Cela fait presque un an que nous n’avons plus de nourriture », témoigne son père auprès de l’AFP.

Quelque 2 000 habitants encore sur place avant la trêve

Selon des estimations de Kiev, quelque 2 000 habitants sur 24 000 avant-guerre se trouvaient encore dans cette localité avant l’annonce de la trêve, commencée mardi 27 octobre dans la matinée et qui prendra fin dimanche 1er novembre. Ni Moscou ni Kiev n’ont précisé le nombre de personnes évacuées.

Ce cessez-le-feu localisé est le plus long depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, le conflit armé le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Une réunion Russes-Ukrainiens-Américains prévue en novembre

Une réunion entre Russes, Ukrainiens et Américains est prévue en novembre aux Émirats arabes unis pour relancer les efforts de paix autour de l’Ukraine, à l’arrêt depuis le début de l’année. Washington a par ailleurs autorisé la vente de missiles Patriot à Kiev, un geste salué à moitié par Volodymyr Zelensky, tandis que le président ukrainien accuse les États-Unis de retarder à dessein la livraison d’armes.

L’évacuation d’Olechky restera comme l’un des rares moments de répit humanitaire dans un conflit qui dure depuis près de quatre ans. Elle illustre à la fois l’ampleur des souffrances endurées par les civils restés sur la ligne de front et la fragilité des trêves locales, dont l’issue dépend désormais des négociations à venir aux Émirats arabes unis.

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