Un drone russe a frappé dimanche 13 septembre la locomotive d’un train de voyageurs reliant Kiev à Varsovie, à seulement deux kilomètres de la frontière polonaise, sans faire de victime selon les autorités ukrainiennes et polonaises. L’attaque, qui intervient une semaine après une visite d’émissaires américains à Moscou et à Kiev, a provoqué une condamnation immédiate des partenaires occidentaux de l’Ukraine, qui y voient une manœuvre délibérée pour intimider et diviser les alliés de Kiev.
Une frappe aux portes de l’Otan
Selon la compagnie ferroviaire ukrainienne Ukrzaliznytsia, la locomotive touchée se trouvait à la gare frontalière de Iagodyne et appartenait à un convoi qui avait pu être évacué quinze minutes avant l’impact. Mais l’opérateur public estime qu’« il est très probable » que la frappe russe ait visé un autre train, qui transportait « des conseillers à la sécurité et des anciens dirigeants européens dont l’ex-Premier ministre britannique Boris Johnson » et qui venait de traverser la même gare.
Ce convoi avait « quitté la gare plus tôt que prévu en raison des ajustements en temps réel des horaires face à la menace constante de frappes russes », a précisé la compagnie. Ukrzaliznytsia a également indiqué que l’ancien directeur de la CIA David Petraeus se trouvait à Iagodyne, dans un autre train, au moment de l’attaque.
Varsovie a de son côté rapporté qu’un second drone avait frappé une station-service située à proximité d’un poste-frontière, toujours du côté ukrainien. La Pologne, membre de l’Otan, et l’Ukraine ont toutes deux dénoncé ces frappes, qui surviennent dans un contexte de tensions accrues aux abords de la frontière orientale de l’Alliance atlantique.
Paris et Bruxelles dénoncent une stratégie de division
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a accusé lundi la Russie de chercher à « désunir » et à « intimider » les alliés de Kiev. « Ces frappes ont un but très clair : intimider les Européens, les décourager et surtout les désunir », a-t-il déclaré en marge d’un sommet sur l’Arctique organisé en Finlande.
Le chef de la diplomatie française a souligné le timing de l’attaque, survenue « au moment où l’Ukraine accueillait un grand forum de soutien économique, auquel participait un grand nombre de représentants d’entreprises, de représentants diplomatiques venus du monde entier et singulièrement d’Europe ».
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a tenu des propos convergents à son arrivée à Rovaniemi, en Finlande, pour ce même sommet. « C’est clairement destiné à faire peur aux pays occidentaux afin qu’ils cessent de soutenir l’Ukraine, qu’ils renoncent à s’y rendre pour manifester leur soutien », a-t-elle estimé.
Une « attaque systémique » contre le rail ukrainien
La compagnie ferroviaire ukrainienne avait évoqué dès dimanche une « attaque systémique » visant ses infrastructures. Cette expression traduit une stratégie russe de frappes répétées contre le réseau ferré, essentiel pour le transport de passagers, de marchandises et d’aide militaire dans un pays où le rail demeure l’un des principaux moyens de circulation.
Les autorités ukrainiennes n’ont pas signalé de victimes à la suite de ces frappes, mais l’attaque a mis en lumière la vulnérabilité des liaisons ferroviaires reliant l’Ukraine à ses voisins européens, en particulier la Pologne, principal point d’entrée de l’aide occidentale et principal itinéraire d’exfiltration des réfugiés depuis le début du conflit.
Un contexte diplomatique tendu
Ces nouvelles attaques interviennent une semaine seulement après la visite d’émissaires américains à Moscou et à Kiev, destinée à relancer les négociations menées sous l’égide de Washington pour mettre fin au conflit. Elles illustrent la difficulté persistante à faire avancer une diplomatie de sortie de crise, alors que les frappes russes contre les infrastructures ukrainiennes se poursuivent.
L’attaque rappelle également la proximité croissante du conflit avec le territoire de l’Otan. La frappe s’est produite à deux kilomètres de la frontière polonaise, et le survol de la station-service visée, côté ukrainien, souligne la porosité d’une ligne de démarcation que les Alliés surveillent avec une attention particulière depuis le début de la guerre.
Ce qu’il faut retenir
Un drone russe a endommagé dimanche un train de voyageurs reliant Kiev à Varsovie, à deux kilomètres de la frontière polonaise, sans faire de victime. Selon la compagnie ferroviaire ukrainienne, la frappe visait probablement un autre convoi transportant des personnalités européennes, dont l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson, qui venait de traverser la gare frontalière de Iagodyne. Paris et Bruxelles y voient une tentative délibérée d’intimider et de diviser les alliés de l’Ukraine, à un moment où Kiev cherchait à mobiliser ses partenaires économiques et diplomatiques. Cette attaque, survenue une semaine après une mission diplomatique américaine, confirme que la guerre continue de se rapprocher des frontières de l’Otan et que les négociations pour y mettre fin restent, à ce stade, sans résultat concret.


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