Sécheresse : la Garonne à des niveaux historiquement bas, une situation inédite pour un mois de novembre

Garonne River Hits Historic Lows in November

La Garonne est en sévère manque d’eau. Chaque matin entre 7 heures et 11 heures, l’organisme public qui gère le fleuve et ses affluents fait le point sur les niveaux d’eau nécessaires pour la journée, en fonction de la météo et des besoins pour l’eau potable, l’industrie et l’agriculture. Un exercice quotidien qui devient inquiétant.

« La situation est très tendue, ce qui n’a jamais été vu pour un mois de novembre, assure Franck Solacroup, directeur des services de l’Établissement public Garonne. On a des niveaux dans la Garonne historiquement bas par rapport aux 30 dernières années. » Cette baisse des niveaux s’explique par les effets combinés des sécheresses et des canicules de cet été. Faute de pluies suffisantes, l’automne n’a pas amené, à ce jour, le soulagement espéré.

Des lâchers d’eau jusqu’à fin novembre

Seule solution donc, demander des lâchers d’eau aux barrages EDF des Pyrénées. Ce qui pose un autre problème. « On dédommage EDF pour nous garder cette eau et nous la mettre à disposition, souligne le directeur de l’Établissement public Garonne. C’est entre 50 000 et 100 000 euros par jour lorsqu’on déstocke de façon importante de l’eau pour la Garonne. »

« Le problème est tel que normalement, nous assurons ces lâchers d’eau entre le 1er juillet et le 31 octobre. Là, nous sommes en train de travailler pour maintenir la possibilité de faire ces lâchers d’eau jusqu’à fin novembre », précise Franck Solacroup.

Des réserves pyrénéennes sous pression

Les barrages ont heureusement été bien remplis par les précipitations du printemps dernier. Mais sans nouvelles pluies, ils risquent tout de même d’atteindre leurs limites d’utilisation d’ici la fin du mois. La gestion de l’eau devient dès lors un exercice d’équilibre permanent entre les différents usages : alimentation en eau potable des communes riveraines, besoins industriels et irrigation agricole.

Cette situation exceptionnelle pour la saison illustre la pression croissante qui pèse sur les ressources en eau du bassin de la Garonne. Les épisodes de sécheresse, autrefois concentrés sur les mois d’été, tendent désormais à se prolonger bien au-delà, bouleversant les calendriers établis de longue date par les gestionnaires du fleuve.

Une gestion sous tension croissante

Le déstockage massif depuis les réserves des Pyrénées représente un coût financier considérable pour maintenir un débit suffisant dans le fleuve. Chaque journée de lâchers intensifs se traduit par des dépenses qui pèsent sur les finances publiques, alors même que la prolongation de ces opérations au-delà du mois d’octobre constitue une première.

Les autorités locales et les associations environnementales suivent de près l’évolution de la situation. La question de la pérennité de ce modèle de gestion, dépendant largement des réserves montagnardes et des aléas pluviométriques, se pose avec une acuité nouvelle à mesure que les effets du changement climatique se font sentir sur le territoire.

En définitive, la Garonne connaît cet automne une situation sans précédent pour un mois de novembre, avec des niveaux historiquement bas qui contraignent les gestionnaires à prolonger coûteusement les lâchers d’eau depuis les barrages pyrénéens. Sans précipitations significatives dans les prochaines semaines, les réserves pourraient atteindre leurs limites d’ici la fin du mois, faisant peser une incertitude grandissante sur l’approvisionnement en eau du fleuve et de ses riverains.

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