« Moi aussi, je suis insatisfaite » : inspirée par la France, la jeunesse allemande descend dans la rue

German Gen Z Rallies, Inspired by French Protests

En Allemagne, des manifestations sont prévues samedi 31 octobre dans une trentaine de villes, à l’appel d’un mystérieux collectif baptisé « La Gen Z fait la loi ». Même si ce n’est pas dans les traditions du pays, la classe politique redoute des débordements inspirés par le 17 octobre en France.

L’université libre de Berlin, un campus à l’américaine vert et aéré, était un des hauts lieux des manifestations des années 1960. Aujourd’hui, les étudiants réclament surtout davantage de moyens, comme Chari, Victor, Tim et Nicki.

Un vent de contestation venu de France

« Avec ce qui s’est passé en France, on se dit tout à coup « mais en fait, moi aussi, je suis insatisfaite » », déclare Chari. La contagion est manifeste : le mouvement social français du 17 octobre a fait des émules outre-Rhin, auprès d’une génération qui se sent habituellement peu encline à descendre dans la rue.

« Un gros motif d’insatisfaction est l’introduction du service militaire, une décision qui a été prise sans qu’on puisse l’influencer », dénonce Victor. Le jeune homme rejoint ainsi une fronde plus large : selon un récent sondage, 55 % des Allemands de moins de 30 ans se déclarent opposés au retour du service militaire, une mesure qu’ils jugent imposée d’en haut.

« Les décisions sont prises au détriment des jeunes »

Tim confirme : « Sur toutes les questions qui concernent l’avenir de la société, les décisions sont prises au détriment des jeunes… » Un sentiment d’exclusion qui transcende les seuls enjeux de défense : climat, logement, pouvoir d’achat, formation, les motifs de mécontentement s’accumulent pour une génération qui estime ne pas être entendue.

Quant à la crainte des débordements par les autorités, le jeune homme ne pense pas qu’un scénario comme en France va se produire. Nicki, étudiante de 21 ans, veut devenir professeure. Elle n’a pas peur des débordements. « J’espère que ce sera une grosse manifestation. Non, les débordements ne me font pas peur. D’une certaine façon, ça fait partie des manifestations. Et si ce sont les grosses multinationales qui en sont victimes, je trouve ça plutôt bien », affirme-t-elle.

La police se prépare à d’éventuels débordements

Les forces de l’ordre anticipent pourtant des tensions, surtout à Hambourg, Berlin ou Leipzig, trois bastions de la gauche radicale. En Allemagne, plusieurs chaînes de magasins y ont couvert leurs vitrines de planches en centre-ville pour la journée. Une chaîne de parfumeries a, elle, déjà annoncé que douze de ses magasins resteront fermés.

Le dispositif rappelle celui déployé de l’autre côté du Rhin lors des mobilisations d’octobre, où commerces et autorités s’étaient préparés à des heurts. Les autorités allemandes entendent éviter que la journée ne dégénère, dans un pays où les rassemblements spontanés de cette ampleur restent rares.

Une génération qui veut peser sur le débat

Au-delà des slogans et des pancartes, c’est bien une revendication de fond qui s’exprime : celle d’une jeunesse qui refuse de voir son avenir décidé sans elle. À l’image des étudiants berlinois réunis sur le campus de l’université libre, la « Gen Z » allemande entend faire entendre sa voix sur les sujets qui la concernent directement, du service militaire à la transition écologique.

Reste à savoir si ce mouvement, inspiré par l’exemple français, parviendra à s’inscrire dans la durée ou restera un épisode isolé. Une chose est sûre : la contestation, longtemps discrète outre-Rhin, a trouvé un nouveau souffle.

En résumé, la jeunesse allemande descend dans la rue ce samedi 31 octobre, portée par un collectif baptisé « La Gen Z fait la loi » et inspirée par les mobilisations françaises. Entre opposition au service militaire et sentiment d’être écartée des décisions qui engagent l’avenir, cette génération exprime une insatisfaction profonde. La classe politique, elle, surveille de près ces rassemblements, tandis que commerces et forces de l’ordre se préparent à d’éventuels débordements dans les grandes villes du pays.

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