Fédérer les territoires pour densifier les liens bilatéraux entre la France et le Maroc : c’est l’ambition affichée de l’Union du 31 Octobre, une association fraîchement lancée par des élus et cadres territoriaux d’Île-de-France. Portée par une démarche transpartisane, cette structure entend transformer les bonnes intentions diplomatiques en coopération concrète à l’échelle locale.
Un binôme d’élus de terrain à la barre
À la tête de l’organisation, deux figures de la vie politique locale francilienne. La présidence revient à Abdelfattah Messoussi, adjoint au maire de Stains, commune populaire de Seine-Saint-Denis. Il est épaulé par Khadija Gamraoui, conseillère municipale à Carrières-sous-Poissy, dans les Yvelines, qui occupe le poste de secrétaire générale. Ce tandem revendique une approche pragmatique, ancrée dans l’expérience quotidienne des collectivités.
Le choix du nom de l’association n’est pas anodin. Le 31 octobre renvoie à la date d’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée au Sahara, journée proclamée « Fête de l’Unité » par le roi Mohammed VI. Un ancrage symbolique fort, qui situe d’emblée le collectif dans une proximité assumée avec les positions marocaines sur ce dossier.
Dans le sillage du tournant diplomatique de 2024
L’Union du 31 Octobre revendique également son inscription dans le contexte de l’évolution de la position diplomatique française, actée à l’été 2024. Paris avait alors franchi un cap en soutenant le plan d’autonomie marocain pour le Sahara, un geste qui a redessiné les équilibres entre les deux capitales. Pour les fondateurs du collectif, ce rapprochement officiel doit désormais se traduire sur le terrain, au plus près des habitants.
« Loin d’un positionnement purement symbolique », insiste l’association, l’objectif consiste à structurer une coopération décentralisée opérationnelle entre collectivités françaises et marocaines. Une manière de faire descendre la diplomatie du sommet des États vers l’échelon des communes, des départements et des régions.
Quatre chantiers prioritaires
Le programme de l’association s’articule autour de plusieurs domaines jugés prioritaires :
- La transition écologique, avec l’échange de bonnes pratiques entre territoires des deux pays ;
- La gestion de proximité, pour améliorer les services rendus aux habitants ;
- L’entrepreneuriat, afin de stimuler les initiatives économiques locales ;
- L’insertion des jeunes, un enjeu partagé de part et d’autre de la Méditerranée.
Sur chacun de ces sujets, le collectif ambitionne de mobiliser les compétences de terrain — élus, techniciens, acteurs associatifs — pour faire de l’échelon local un véritable levier stratégique du partenariat entre Paris et Rabat. Une approche qui mise sur le concret plutôt que sur les grandes déclarations.
Le local comme relais de la relation franco-marocaine
La démarche s’inscrit dans un mouvement plus large de diplomatie des territoires, où les collectivités locales jouent un rôle croissant dans les relations internationales. Jumelages, coopérations décentralisées et échanges de savoir-faire constituent autant de canaux qui complètent, voire contournent, les seules relations interétatiques. Pour les élus à l’origine du projet, la densité des liens humains entre la France et le Maroc — forte diaspora, histoire partagée, flux économiques — appelle un cadre structuré à l’échelle des territoires.
Reste à savoir comment cette association parviendra à fédérer au-delà des frontières partisanes et à transformer l’essai en réalisations tangibles. La composition transpartisane du collectif et son ancrage dans des communes franciliennes constituent un premier atout. Les prochains mois diront si l’Union du 31 Octobre réussit à nouer des partenariats effectifs avec les collectivités marocaines et à faire vivre cette coopération dans la durée.
Ce qu’il faut retenir
En créant l’Union du 31 Octobre, des élus franciliens entendent faire de la coopération décentralisée un pilier du rapprochement franco-marocain. Portée par Abdelfattah Messoussi et Khadija Gamraoui, l’association transpartisane mise sur quatre chantiers — transition écologique, gestion de proximité, entrepreneuriat et insertion des jeunes — pour donner corps, au niveau local, à l’évolution diplomatique engagée à l’été 2024. L’enjeu désormais : passer du symbole à l’action concrète entre collectivités des deux pays.




