Huit mois après les tirs de mortiers d’artifice qui avaient visé un café-quartier organisé par Karl Olive à Poissy, l’enquête connaît un nouveau rebondissement. Selon nos informations, la Brigade de répression du banditisme (BRB) de la police judiciaire de Versailles cherche à interpeller un jeune majeur soupçonné d’avoir donné des instructions aux adolescents mis en cause, et qui aurait quitté précipitamment la ville juste après les faits.
Le 14 février 2026, vers 16 heures, place Racine, dans le quartier de Beauregard, quatre tirs de mortiers d’artifice avaient frappé une réunion publique rassemblant une soixantaine de personnes sous un barnum. Le député Karl Olive, alors candidat aux élections municipales, figurait parmi les sept blessés. Un projectile avait frôlé une mère de famille et son enfant de douze mois. Les tirs seraient partis de l’arrière d’un centre social voisin.
Une information judiciaire ouverte en mars 2026
Une information judiciaire a été ouverte en mars 2026 pour instruire les circonstances de cette attaque. Les investigations sont menées par la BRB de Versailles, spécialisée dans la criminalité organisée. Les enquêteurs s’attachent désormais à établir le rôle exact du jeune majeur recherché, suspecté d’avoir coordonné l’opération depuis l’ombre.
Les policiers cherchent également à déterminer s’il existe d’éventuels liens entre ce suspect et des proches de la mairie de Poissy. Il s’agit toutefois, à ce stade, d’une piste d’enquête parmi d’autres, non confirmée publiquement. Aucun élu ni aucun collaborateur n’est nommément mis en cause, et la présomption d’innocence s’applique à toute personne évoquée dans ce dossier.
Quatre adolescents mis en examen
Deux mois après les faits, en avril 2026, quatre adolescents âgés de 14 à 16 ans avaient été interpellés puis placés en garde à vue. Ils avaient ensuite été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire, avec des obligations de ne pas se rencontrer ni de contacter les victimes, sans qu’une source officielle n’ait précisé publiquement le détail de ces mesures. Conformément au principe de présomption d’innocence, ces quatre mineurs demeurent à ce stade des mis en examen, sans qu’aucune culpabilité ne soit établie.
Joint par InfosYvelines, Karl Olive se dit confiant quant à l’issue de la procédure : « Je me félicite du sérieux avec lequel la justice conduit les investigations. Nous connaîtrons le moment venu, j’en suis certain, les vrais responsables de ces agressions. »
Un climat politique déjà tendu
Ce dossier judiciaire s’inscrit dans un contexte local électrique, sans qu’aucun lien de causalité ne soit établi avec un second dossier, strictement distinct : celui de l’annulation de l’élection municipale de mars, prononcée le 8 octobre 2026 par le tribunal administratif de Versailles.
Cette annulation fait suite au recours de la liste divers gauche de Mathieu Paranthoën, pour des manœuvres et irrégularités imputées à la liste conduite par Maxime Legrand : utilisation sans accord de logos de partis et de soutiens associatifs, confusion entretenue sur des soutiens socialistes et écologistes, photomontages et citation antidatée attribuée à Bernard Cazeneuve.
La maire sortante, Sandrine Berno Dos Santos, dont l’équipe n’a fait l’objet d’aucun grief retenu par le tribunal, a fait appel devant le Conseil d’État. Cet appel étant suspensif, elle reste en fonction le temps de la procédure, qui dispose de six mois pour statuer ; en cas de confirmation, une nouvelle élection devrait se tenir dans les trois mois, au plus tard début juin 2027.
Une attaque qui avait marqué les esprits
L’attaque du 14 février avait profondément choqué les habitants de Beauregard et au-delà. En pleine campagne municipale, elle avait été perçue comme une atteinte grave au débat démocratique local. Les tirs de mortiers, utilisés comme armes par destination, avaient blessé sept personnes, dont le député lui-même, et provoqué un vif émoi dans le département.
Les autorités avaient immédiatement condamné l’incident, tandis que les forces de l’ordre étaient mobilisées pour identifier les auteurs. L’interpellation de quatre mineurs en avril avait constitué une première avancée, mais les enquêteurs n’ont jamais exclu la piste d’une commandite impliquant des personnes plus âgées.
Ce qu’il faut retenir
Huit mois après les tirs de mortiers contre Karl Olive à Poissy, la BRB de Versailles traque un jeune majeur soupçonné d’avoir orchestré l’attaque avant de quitter précipitamment la ville. Quatre adolescents restent mis en examen, et les enquêteurs explorent d’éventuels liens avec des proches de la mairie, sans qu’aucune responsabilité n’ait été établie. Ce dossier s’ajoute à un climat politique local déjà marqué par l’annulation contestée de l’élection municipale, dont l’issue dépend désormais du Conseil d’État.




