Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a annoncé, lundi 19 octobre sur France 2, que 2 331 gardes à vue avaient été enregistrées pendant le week-end de violences qui a secoué le pays, et que des dizaines de personnes avaient déjà été placées en détention provisoire. Le ministre de la Justice a reconnu un « défaut dans les renseignements » et estimé que les autorités avaient « failli incontestablement ».
Une réponse pénale placée sous le signe de la « fermeté »
Face aux pillages de commerces et aux dégradations commises durant le week-end, le garde des Sceaux a affirmé avoir donné des instructions claires aux parquets. « J’ai donné des instructions pour que la réponse pénale soit d’une immense fermeté », a-t-il déclaré, précisant que des « dizaines de personnes » avaient été incarcérées à titre provisoire.
Le ministre a détaillé les chiffres des interpellations : « Il y a eu 2 331 gardes à vue pendant le week-end, 70 % sont des majeurs, très souvent connus des services de police. » Selon lui, plus de 80 % de ces personnes font déjà l’objet de poursuites. « Il y a déjà des dizaines de détentions provisoires, dont 13 à Marseille », a-t-il ajouté.
Gérald Darmanin a par ailleurs indiqué avoir demandé aux procureurs de la République de requérir systématiquement la détention provisoire à l’encontre de ceux qui pillent les commerces ou attaquent les forces de l’ordre.
Un « défaut dans les renseignements » reconnu
Interrogé sur la gestion des événements, le ministre de la Justice n’a pas éludé les critiques adressées aux services de l’État. « Nous avons failli incontestablement, ce week-end », a-t-il concédé, évoquant « un défaut dans les renseignements ».
Il a toutefois tenu à nuancer son propos en distinguant les domaines d’expertise des services français. « Le renseignement français est au top dans la lutte contre le terrorisme islamiste, il est fort contre la criminalité organisée, important contre les ingérences étrangères, mais manifestement il ne sait pas lutter correctement contre l’ultra-gauche », a-t-il estimé.
Le garde des Sceaux a inscrit cette question dans une perspective de plus long terme, affirmant que « l’une des menaces qui touchent notre pays, ce sont les factieux d’ultra-gauche qui vont vouloir déstabiliser nos institutions » dans les années à venir. Il a également apporté son soutien au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.
Des mairies saccagées, LFI mis en cause
Les violences ont causé des dégâts matériels considérables, notamment dans des bâtiments publics. Des mairies ont été saccagées ou détruites, comme à Marseille et à Limoges, durant le week-end.
Gérald Darmanin a de nouveau pointé « la responsabilité politique » de La France insoumise dans ces débordements. Selon lui, le mouvement de la gauche radicale « veut déstabiliser nos institutions » et « a mis une allumette sur un baril d’essence ».
Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte de vives tensions politiques, alors que le gouvernement est confronté à une multiplication des mobilisations et à une contestation croissante. Le bilan humain est également lourd : selon le ministère de l’Intérieur, 997 policiers et gendarmes ont été blessés samedi lors de la mobilisation du 17 octobre, qui a donné lieu à 2 397 interpellations.
Ce qu’il faut retenir
Au lendemain d’un week-end marqué par des violences urbaines d’une ampleur notable, l’exécutif affiche une ligne répressive assumée : 2 331 gardes à vue, plus de 80 % de poursuites engagées et des dizaines de détentions provisoires déjà prononcées, dont treize à Marseille. Dans le même temps, le garde des Sceaux reconnaît un échec du renseignement face à ce qu’il qualifie de menace « ultra-gauche », tout en mettant en cause la responsabilité politique de LFI. Entre fermeté pénale et reconnaissance de failles sécuritaires, le gouvernement tente de reprendre la main après un week-end qui a révélé des fragilités dans l’anticipation des troubles.




