Le président américain Donald Trump et son vice-président JD Vance ont vivement réagi aux violences qui ont secoué la France le samedi 15 octobre, en marge d’une mobilisation nationale contre la « vie chère ». Les deux responsables républicains ont attribué ces débordements à l’immigration, exhortant Paris à durcir sa politique migratoire.
Déjà le 6 octobre, Donald Trump s’était immiscé dans le mouvement de contestation lycéen en France, jugeant que « l’islam » et une « immigration de masse hors de contrôle » étaient à l’origine de celui-ci. Ce dimanche 16 octobre, au lendemain des violences, saccages et pillages qui ont émaillé la journée de la veille, le locataire de la Maison-Blanche en a remis une couche.
« La France brûle ! »
Sur sa plateforme Truth Social, le président américain a rendu l’immigration responsable des émeutes. « La France brûle ! L’immigration de personnes issues d’un monde totalement différent, des personnes qui ont la haine au cœur, a brisé ce pays autrefois grand », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter : « Fermez vos frontières et reprenez le contrôle, avant qu’il ne soit trop tard ! »
Cette sortie s’inscrit dans une série de prises de position du président américain sur la situation française, alors que le gouvernement français se trouve sous pression après des violences qualifiées d’« anarchie » par une partie de la presse internationale.
JD Vance dénonce un « échec » de l’assimilation
De son côté, le vice-président américain JD Vance avait estimé dès samedi que l’immigration était responsable des violences en France, accusant l’opposition démocrate de vouloir le même « avenir » pour les États-Unis. « Les progressistes occidentaux ont importé le tiers-monde en France et d’autres pays au nom de la diversité et de la compassion. Ils ont négligé les questions fondamentales d’assimilation et de compatibilité. On leur a dit que cela finirait comme cela et ils n’ont pas écouté », a-t-il écrit sur X.
Le républicain a également adressé une prière à la France : « Je prie pour que la France, un beau pays à la population merveilleuse, mette fin à cette folie avant que plus de monuments ne brûlent », a-t-il poursuivi, en commentaire d’une vidéo montrant l’incendie de la mairie de Limoges.
Considéré comme un potentiel candidat à la présidentielle de 2028, JD Vance a établi un lien direct avec les élections législatives américaines du 3 novembre, pour l’heure mal engagées pour le Parti républicain. « J’espère que les Américains sont attentifs. Voilà l’avenir que les parlementaires démocrates veulent pour notre pays », a-t-il commenté.
Un discours récurrent chez les républicains
Le conservateur de 42 ans, qui représente la fraction la plus nationaliste et identitaire du parti républicain, critique très souvent les politiques d’immigration en Europe, qu’il juge laxistes. Il avait même sermonné les Européens à ce sujet pendant un discours à Munich en février 2025, resté dans les mémoires pour sa virulence.
Cette intervention des deux plus hauts responsables américains intervient dans un contexte particulièrement tendu en France. Le président Emmanuel Macron devait s’exprimer dans une allocution solennelle ce dimanche à 20 heures, après les violences urbaines qui ont secoué le pays. Le gouvernement français se trouve ainsi sous double pression : celle de la rue et celle des déclarations venues de Washington.
Une ingérence qui ne passe pas
Les propos de Donald Trump et de JD Vance n’ont pas manqué de faire réagir. En attribuant les violences à l’immigration, les deux hommes politiques américains s’immiscent directement dans les affaires intérieures françaises, une pratique de plus en plus courante chez les responsables républicains, qui n’hésitent plus à commenter les politiques migratoires européennes.
Cette séquence illustre également la stratégie électorale du camp républicain à l’approche des législatives du 3 novembre. En pointant du doigt la situation française, JD Vance cherche manifestement à dresser un parallèle avec les États-Unis, présentant l’immigration comme la cause de tous les maux et l’opposition démocrate comme complice d’un prétendu chaos.
Ce qu’il faut retenir
En attribuant les violences urbaines en France à l’immigration, Donald Trump et JD Vance ont franchi un nouveau cap dans leur critique des politiques migratoires européennes. Le président américain a appelé Paris à « fermer ses frontières » et à « reprendre le contrôle », tandis que son vice-président a dénoncé un échec de l’assimilation et prié pour que la France « mette fin à cette folie ». Ces déclarations, qui interviennent à quelques semaines des législatives américaines, s’inscrivent dans une stratégie politique assumée : faire de l’immigration le thème central de la campagne républicaine, en prenant appui sur l’actualité internationale.




