L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie après la grave blessure à l’œil d’une manifestante mineure, âgée de 17 ans, survenue en marge de la mobilisation du samedi 17 octobre à Mulhouse (Haut-Rhin). La jeune fille a perdu définitivement l’usage de son œil gauche, a annoncé dimanche 18 octobre le procureur de la République de Mulhouse dans un communiqué.
Les faits survenus en marge d’une mobilisation contre la vie chère
Selon le parquet, les faits se sont produits dans le cadre du rassemblement organisé samedi contre la vie chère. La jeune fille a été prise en charge par les pompiers vers 22 heures, avant d’être transportée à l’hôpital. C’est cette prise en charge médicale qui a révélé la gravité de la blessure, conduisant à la perte définitive de l’œil gauche de la victime.
Les investigations ont été confiées à l’IGPN, la police des polices, sous la direction du parquet de Mulhouse. Elles visent à « déterminer le déroulé précis des faits ayant conduit à cette blessure grave », précise le communiqué du procureur de la République.
Un contexte de maintien de l’ordre particulièrement tendu
Le procureur de la République avertit d’emblée que ces investigations seront « complexes compte tenu de l’importance du nombre de personnes présentes et du caractère extrêmement difficile des opérations de maintien de l’ordre qui ont été menées ». Cette mise en garde souligne l’ampleur de la tâche qui attend les enquêteurs pour établir les responsabilités dans un environnement confus.
À Mulhouse, la manifestation se tenait du côté de la gare SNCF samedi. Environ 1 000 participants y ont pris part, selon les chiffres du parquet. « Un groupe d’environ 400 personnes » s’est ensuite dirigé « vers la gare pour tenter d’envahir le bâtiment », précise le procureur dans son communiqué.
Les forces de l’ordre ont dû faire usage de gaz lacrymogènes pour « protéger les voyageurs » présents dans la gare. Elles ont également été visées par « le jet d’artifices pyrotechniques » et ont dû faire face à « la tentative de pillage de plusieurs commerces », selon la même source.
Troisième saisine de l’IGPN en une seule journée
Cette affaire constitue la troisième saisine de l’IGPN pour la seule journée du samedi 17 octobre, un indicateur de la violence des affrontements qui ont émaillé cette journée de mobilisation à travers la France.
À Saint-Étienne, un manifestant de 17 ans a eu la main arrachée par une grenade, et l’enquête a été confiée à l’IGPN ainsi qu’à l’IGGN (Inspection générale de la gendarmerie nationale). À Paris, un autre manifestant a été grièvement blessé à la tête. Ces trois incidents distincts, survenus le même jour dans trois villes différentes, illustrent l’intensité des tensions entre manifestants et forces de l’ordre lors de cette mobilisation nationale.
Des zones d’ombre à lever
L’enquête devra déterminer les circonstances exactes dans lesquelles la jeune Mulhousienne a été blessée. Aucune information n’a pour l’heure été communiquée sur le type d’arme ou de projectile susceptible d’être à l’origine de la blessure, ni sur la position de la victime au moment des faits. Le parquet n’a pas non plus précisé si la jeune fille participait activement à la manifestation ou si elle se trouvait à proximité du rassemblement.
La saisine de l’IGPN est une procédure habituelle lorsqu’un civil est blessé lors d’une opération de maintien de l’ordre impliquant les forces de police. Elle ne préjuge en rien d’une éventuelle faute commise par un fonctionnaire, mais elle permet à l’administration de conduire une enquête administrative parallèlement à l’enquête judiciaire.
Ce qu’il faut retenir
Une adolescente de 17 ans a définitivement perdu l’usage de son œil gauche lors de la manifestation du 17 octobre à Mulhouse. L’IGPN a été saisie pour tenter d’établir le déroulé précis des faits, dans un contexte que le parquet lui-même qualifie de particulièrement complexe. Cette affaire s’ajoute à deux autres blessures graves survenues le même jour à Saint-Étienne et à Paris, portant à trois le nombre d’enquêtes confiées aux inspections générales en l’espace d’une seule journée de mobilisation.




