Féminicides en France : 111 femmes tuées par leur conjoint en 2025, un bilan en hausse de 4 %

France Reports 111 Femicides in 2025, a 4% Rise

Les chiffres restent alarmants, année après année. Selon les dernières données du ministère de l’Intérieur publiées mardi 13 octobre, 111 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2025 en France. Ce bilan marque une hausse de 4 % par rapport à l’année précédente, confirmant une tendance préoccupante que les pouvoirs publics peinent à enrayer.

L’étude nationale annuelle du ministère avait déjà recensé 107 féminicides conjugaux pour l’année 2024, un chiffre qui était lui aussi en augmentation. La progression se poursuit donc, malgré les dispositifs de protection mis en place et la sensibilisation croissante du grand public à ce fléau.

Les femmes, premières victimes des morts violentes au sein du couple

« Comme les années précédentes, les femmes sont les principales victimes des morts violentes au sein du couple. Elles représentent 82 % du total des victimes », souligne le rapport du ministère. Sur les 136 morts violentes conjugales recensées en 2025, 25 concernaient des hommes.

« En moyenne, un décès est enregistré tous les trois jours », ajoute le bilan annuel. Outre les 111 féminicides, les autorités ont dénombré 435 tentatives d’homicides au sein du couple sur la même période. Le document dresse également un constat sans surprise sur les profils des auteurs et des victimes : « Le profil type de l’auteur reste majoritairement masculin, le plus souvent en couple », tandis que « le profil type de la victime est très majoritairement féminin ».

Dispute et séparation, principaux mobiles du passage à l’acte

Les données du ministère confirment la mécanique observée depuis plusieurs années par le monde associatif et judiciaire. « La dispute au sein du couple et la séparation non acceptée demeurent les principaux mobiles du passage à l’acte », note l’étude.

Les faits sont « en majorité commis au domicile du couple, de la victime ou dans un lieu public, sans préméditation, principalement avec une arme blanche ou une arme à feu », précise le document.

Autre enseignement préoccupant : 37 % des femmes victimes avaient déjà subi des violences antérieures. Parmi elles, 61 % avaient signalé ces violences à la police ou à la gendarmerie, et 88 % de ces signalements s’étaient traduits par un dépôt de plainte. Ces chiffres illustrent les limites des mécanismes d’alerte et de protection existants, alors que des drames surviennent malgré des signalements préalables.

Le rapport indique par ailleurs qu’une victime bénéficiait d’un dispositif de protection judiciaire de type « téléphone grave danger » (TGD), et une autre d’un bouton d’alerte « Monshérif », permettant de prévenir discrètement des contacts prédéfinis en cas de danger et de leur transmettre sa localisation.

Neuf infanticides dans un contexte de violences conjugales

Le bilan du ministère révèle également que neuf infanticides ont été commis dans un contexte d’homicide conjugal ou de violences conjugales en 2025. Ces drames, qui touchent des enfants pris dans la violence de leurs parents, constituent une dimension souvent sous-estimée du phénomène.

De leur côté, les collectifs féministes publient des décomptes qui diffèrent de ceux de l’État, en raison de méthodologies et de périmètres distincts. Le collectif Féminicides par compagnons ou ex a ainsi recensé 98 féminicides pour l’année 2025, tandis que Nous Toutes, qui réalise un décompte au-delà du couple, en a dénombré 171.

Un phénomène qui résiste aux politiques publiques

La hausse continue des féminicides en France, année après année, interroge l’efficacité des dispositifs de prévention et de protection. Entre les grenades à main, les téléphones grave danger, les ordonnances de protection et les campagnes de sensibilisation, les outils se sont multipliés. Pourtant, les chiffres ne baissent pas.

Le constat est d’autant plus troublant que la grande majorité des victimes avaient, dans les mois précédant leur mort, signalé les violences subies. La question du traitement de ces signalements par les forces de l’ordre et la justice, ainsi que celle du suivi des auteurs, reste au cœur des critiques adressées aux institutions.

Les associations féministes réclament depuis longtemps des moyens supplémentaires, notamment pour l’hébergement d’urgence, l’accompagnement juridique et psychologique des victimes, ainsi qu’une meilleure formation des professionnels. Le sujet, régulièrement placé au cœur du débat public, n’en finit pas de révéler ses angles morts.

Alors que le gouvernement doit prochainement présenter de nouvelles mesures en matière de lutte contre les violences faites aux femmes, le bilan publié ce mardi rappelle l’urgence d’une réponse à la hauteur d’un phénomène qui tue, en moyenne, une femme tous les trois jours en France.

Ce qu’il faut retenir

En 2025, 111 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France, soit une hausse de 4 % par rapport à 2024. Les femmes représentent 82 % des victimes de morts violentes au sein du couple, et un décès est enregistré tous les trois jours en moyenne. La dispute et la séparation non acceptée demeurent les principaux mobiles, et plus d’un tiers des victimes avaient déjà subi des violences auparavant. Malgré les dispositifs de protection et les signalements, le phénomène continue de progresser, appelant des réponses plus efficaces de la part des autorités.

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