Le Mondial de l’Auto ouvre ses portes ce lundi 12 octobre au parc des expositions de la porte de Versailles à Paris, pour une semaine de salon qui s’annonce dominée par l’électrique et les innovations liées à la transition énergétique. Dans un contexte de flambée du prix des carburants, les chiffres des derniers mois confirment un basculement profond du marché automobile français vers les véhicules à batterie.
Un parc automobile encore dominé par le thermique
Au 1er janvier 2026, la photographie du parc roulant en France reste largement favorable aux motorisations traditionnelles. Sur les 40 millions de voitures particulières en circulation, 93 % fonctionnent encore au thermique : 46 % de diesels, 40 % d’essences et 7 % d’hybrides non rechargeables. Les véhicules électriques ne représentent que 3,5 % du total, les hybrides rechargeables 2 % et les modèles roulant au gaz 1,5 %.
Ces statistiques doivent toutefois être lues avec prudence : l’âge moyen d’un véhicule circulant en France avoisine les 12 ans. Le parc reflète donc une réalité ancienne, bien éloignée des tendances observées sur les immatriculations de véhicules neufs, où la bascule vers l’électrique s’accélère nettement.
Près d’une voiture neuve sur trois est électrique
Sur les 1,3 million de voitures sorties d’usine depuis le 1er janvier 2026, près de 360 000 sont électriques, soit environ 30 % du marché neuf et une progression de 74 % sur un an, selon les chiffres du Service des données et études statistiques (SDES). Le seul mois d’août illustre cette dynamique : 36 000 véhicules électriques ont été immatriculés, représentant 38,2 % du marché, portés par les Tesla Model Y et Renault 5 en tête des ventes.
Ce mois estival, l’électrique a devancé toutes les autres motorisations : les hybrides non rechargeables (36,8 %), les essences (12,3 %), les hybrides rechargeables (6,3 %), les véhicules au gaz (4 %) et les diesels (2,4 %). La progression est d’autant plus marquante que, sur les neuf premiers mois de l’année, la production a déjà dépassé celle de l’ensemble de 2025, qui s’établissait à 331 000 véhicules, soit 20 % des immatriculations neuves. En 2024, on recensait 295 000 véhicules électriques pour une part de 17 %.
Le marché de l’occasion électrique bondit de 52 %
Le changement de tendance ne se limite pas au neuf. Depuis janvier et jusqu’à fin août 2026, 162 032 voitures électriques d’occasion ont changé de propriétaire, soit une progression de 52 % sur un an. Un signe que l’électrique s’installe durablement dans les habitudes d’achat, y compris sur le marché du véhicule de seconde main, longtemps considéré comme le maillon faible de la transition.
« Sur les ventes de véhicules neufs, on a gagné entre deux et trois ans en termes de trajectoire vers la transition au 100 % électrique », explique à l’AFP Flavien Neuvy, directeur de l’observatoire Cetelem. L’objectif affiché par le gouvernement reste ambitieux : deux voitures neuves sur trois vendues en 2030 devront être 100 % électriques, une part ensuite souhaitée à 90 % en 2035.
L’Allemagne suit la même trajectoire
Chez le voisin allemand, la tendance de fond est identique. La part des voitures électriques dans les immatriculations neuves a atteint un record de 34,5 % en septembre 2026, avec 88 600 véhicules, portée il est vrai par une prime gouvernementale. C’est deux fois plus qu’en septembre 2025. Le constat est similaire sur les motorisations thermiques : les immatriculations de voitures à essence ont chuté de 29,2 % sur un an et celles de diesel de 20,1 %.
Un marché neuf en croissance malgré les contraintes
En France, toutes motorisations confondues, 156 629 immatriculations de véhicules neufs ont été enregistrées sur le mois de septembre 2026, soit une augmentation de 11,6 % par rapport à septembre 2025, alors qu’il ne s’agit « pas un gros mois en général », selon la Plateforme automobile (PFA), le lobby des constructeurs et équipementiers en France. Près d’un tiers des automobilistes français prévoient d’acheter un véhicule l’année prochaine, selon l’observatoire Cetelem de l’automobile 2027 publié le 6 octobre.
Les Français continuent donc d’acheter des véhicules neufs malgré des contraintes économiques de plus en plus fortes, en se tournant toujours davantage vers l’électrique. Plusieurs facteurs expliquent cet engouement : le développement de l’offre, l’arrivée de nouveaux modèles plus accessibles, les aides gouvernementales à l’achat et le leasing social, qui permettent d’estomper les écarts de prix avec les véhicules thermiques.
L’hybride non rechargeable, alternative plébiscitée
Lorsqu’ils ne franchissent pas encore le pas du tout électrique, les automobilistes optent pour un intermédiaire : les hybrides non rechargeables, catégorie leader à l’heure actuelle, au coude-à-coude avec l’électrique. Pour l’usager, ce type de véhicule reste particulièrement adapté à un usage urbain et mixte, où les phases de récupération d’énergie et de roulage électrique permettent de réduire la consommation.
Selon l’observatoire Cetelem de l’automobile 2027, la moitié des Français interrogés citent le prix comme premier critère d’achat d’une voiture neuve. Mais dans le même temps, face à la hausse des coûts d’usage et à l’explosion des prix des carburants, 60 % des Français envisagent d’acquérir un véhicule électrique ou hybride.
Ce qu’il faut retenir
Le Mondial de l’Auto s’ouvre dans un contexte de mutation accélérée du marché français. Si le parc roulant reste massivement thermique, les immatriculations neuves racontent une tout autre histoire : l’électrique approche des 30 % de part de marché, l’occasion électrique progresse de 52 % et les constructeurs allemands suivent la même trajectoire. Portée par des modèles plus accessibles et des aides publiques, la transition vers la mobilité électrique semble avoir gagné plusieurs années d’avance sur le calendrier initialement prévu.


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